Grâce au génie des nouvelles matières, la lumière n'a jamais été mieux apprivoisée. On peut même jouer avec le(s) feu(x), comme en témoigne la boule Bubble, de Mathmos, objet nomade et coloré en silicone qu'il suffit de presser dans la main pour qu'il s'allume... Un tour de passe-passe inimaginable il y a peu. Malléable, translucide et résistant à la chaleur, le silicone n'a pas son pareil pour diffuser la lumière. Les designers en vue de Cooked in Marseille ne jurent que par lui. " Il se prête à toutes les transformations. Lisse, il fait office de miroir ; grainé ou sablé, il s'adoucit ;...

Grâce au génie des nouvelles matières, la lumière n'a jamais été mieux apprivoisée. On peut même jouer avec le(s) feu(x), comme en témoigne la boule Bubble, de Mathmos, objet nomade et coloré en silicone qu'il suffit de presser dans la main pour qu'il s'allume... Un tour de passe-passe inimaginable il y a peu. Malléable, translucide et résistant à la chaleur, le silicone n'a pas son pareil pour diffuser la lumière. Les designers en vue de Cooked in Marseille ne jurent que par lui. " Il se prête à toutes les transformations. Lisse, il fait office de miroir ; grainé ou sablé, il s'adoucit ; opaque, il offre encore d'autres possibilités ", précise Marine Peyre, directrice artistique du studio phocéen. Seul hic : son coût, encore élevé comparé à celui d'autres matériaux synthétiques. Mais l'exception est à ce prix. Idem pour le Corian, qui attise toutes les convoitises. Ce luxueux matériau industriel, inventé par DuPont dans les années 1960, utilisé à l'origine pour des revêtements de surface dans les cuisines, révèle depuis peu sa véritable personnalité au contact de la lumière, et ce grâce aux designers. Témoin l'exposition " De-Lighted by Corian ", organisée au Salon du meuble de Milan, en avril dernier, par le fabricant lui-même, autour de trois créations spéciales : un bar à vitamines par James Irvine, un sol par Ross Lovegrove et une multitude de lampes " sucettes " multicolores par Marc Newson. Trois microarchitectures lumineuses propres à démontrer les potentialités de ce matériau ultrarésistant et si lisse qu'il appelle la caresse. Pari réussi. Séduit, Didier Krzentowski, directeur de la galerie Kreo, à Paris, vient d'éditer la série de lampes de Marc Newson. Grâce au silicone, au Corian, mais aussi au Plexiglas, à l'acrylique (dont les qualités translucides sont superbement illustrées par la nouvelle lampe To Be or Not To Be, de Claudio Colucci), aux polypropylènes moulés et aux PVC teintés, la déco entre avec brio dans l'ère des surfaces lumineuses. Bureaux, étagères, tables, fauteuils... la lumière surgit comme par magie de l'intérieur et anime ces meubles colorés. Certains en ont fait leur spécialité, Douglas Mont notamment. A en croire Benoît Bohu, directeur des sociétés Atelier Sedap et Nouvelle Dix heures dix, " la matérialisation de la lumière s'affiche comme l'une des tendances lourdes de la création contemporaine, mais l'intégration de l'éclairage dans notre quotidien peut aller encore plus loin. Dans l'avenir, nos maisons posséderont peut-être des rideaux qui s'allumeront à la tombée de la nuit, et nous enfilerons une veste lumineuse pour sortir ". La styliste Elisabeth de Senneville, reine de l'innovation, y a déjà pensé. Elle vient de mettre au point une écharpe en fibre optique (disponible d'ici à la fin de l'année). Tandis que Magis, éditeur de meubles italien, a présenté le chapeau de lumière (Wearever on Head) de Ken Yokomizo au dernier Salon du meuble de Paris. Et ce n'est qu'un début. Marion Vignal