Aux Etats-Unis, où les réjouissances de fin d'année et le marketing qui s'ensuit prennent des proportions plus importantes encore que chez nous, on les compte par dizaines. Heureusement, très peu passent la rampe de la traduction pour arriver sur grand écran en Belgique. C'est que le Christmas movie est au cinéma ce que la dinde aux marrons est au réveillon : un poncif à la fois lourd et éculé qu'on évite volontiers. Reste que, même si on ne perdra pas de temps à aller le voir, le pitch de Joyeux Borde...

Aux Etats-Unis, où les réjouissances de fin d'année et le marketing qui s'ensuit prennent des proportions plus importantes encore que chez nous, on les compte par dizaines. Heureusement, très peu passent la rampe de la traduction pour arriver sur grand écran en Belgique. C'est que le Christmas movie est au cinéma ce que la dinde aux marrons est au réveillon : un poncif à la fois lourd et éculé qu'on évite volontiers. Reste que, même si on ne perdra pas de temps à aller le voir, le pitch de Joyeux Bordel ! , un des rares rescapés à traverser l'Atlantique pour débarquer dans nos salles ce 21 décembre, a de quoi faire sourire. Pas au premier degré, non, mais par ricochet, si on le transpose à son propre univers professionnel. Faites le test, et imaginez que votre boss donne carte blanche au plus branquignole de ses subordonnés pour organiser la réception en l'honneur du personnel. Et que, comme dans le film, cela tourne rapidement à l'orgie, à grand renfort de substances illicites à haut pouvoir hilarant. La soirée pourrait par exemple commencer à côté de la machine à café, là où des affiches placardées par le Comité de sécurité et d'hygiène vous enjoignent à dénoncer les collègues " faisant usage de drogues, de médicaments ou d'alcool sur leur lieu de travail ". Quant à la scène du renne s'abreuvant dans les toilettes, visible dans le trailer, on est convaincu qu'elle ne manquerait pas de faire son petit effet dans les sanitaires pas toujours blinquants du service compta. Un étage au-dessus, aux ressources humaines, démarrerait une course folle sur les chariots à courrier, en bonnet rouge et fausse barbe... ou carrément à poil - dans la comédie de Josh Gordon et Will Speck, le DJ invite bien les employés chauffés par les décibels et les cocktails à une gigantesque partie de jambes en l'air. Ça y est, vous visualisez le carnage ? Vous projetez sur vos collaborateurs et supérieurs des images barbares, à dégoûter des fêtes le plus zélé des elfes ? C'est que vous avez vraiment besoin de repos avant d'entamer un nouveau round. D'ici là, la rédaction du Vif Weekend vous souhaite de terminer 2016 dans la joie, et vous fixe rendez-vous la semaine prochaine pour la rétrospective des douze mois écoulés, réalisée en commun avec Le Vif/L'Express et Focus Vif. Des camarades de boulot fort sympathiques et tout ce qu'il y a de plus sérieux, on vous rassure. DELPHINE KINDERMANS, RÉDACTRICE EN CHEFLE CHRISTMAS MOVIE EST AU CINÉMA CE QUE LA DINDE AUX MARRONS EST AU RÉVEILLON : UN PONCIF À LA FOIS LOURD ET ÉCULÉ.