Caribaï (1984) est une artiste en laquelle la diversité du monde s'est donné rendez-vous. Tout au long de sa jeune carrière, les méridiens se sont entrelacés pour elle. La preuve ? Bien qu'elle soit de nationalité franco-vénézuélienne, c'est Tokyo qui est son lieu de naissance. Mieux, après avoir vécu dix années à Bruxelles, elle s'est désormais installée en Ital...

Caribaï (1984) est une artiste en laquelle la diversité du monde s'est donné rendez-vous. Tout au long de sa jeune carrière, les méridiens se sont entrelacés pour elle. La preuve ? Bien qu'elle soit de nationalité franco-vénézuélienne, c'est Tokyo qui est son lieu de naissance. Mieux, après avoir vécu dix années à Bruxelles, elle s'est désormais installée en Italie. Avec un tel parcours dans ses semelles de vent, il n'est pas illogique que le paysage, cette toile de fond du globe, soit au centre de sa praxis. Mais c'est une approche particulière qu'elle entend déployer. Pour l'évoquer, la plasticienne a forgé un joli néologisme, celui de " dépaysages ". L'influence majeure ? L'Asie, notamment le pays du Soleil-Levant, via un usage intensif du papier japonais. Il est également question de Chine, pays si cher à François Cheng, dont la langue conçoit le panorama naturel selon des couples de mots : " montagne-eau " ou " vent-lumière ". Dès ce 30 mai, la Galerie La Forest Divonne, à Bruxelles, lève le voile sur une trentaine d'oeuvres récentes, depuis les grands polyptyques en bois, pan massif de sa pratique, jusqu'aux suspensions de papier, beaucoup plus légères et aériennes. A travers différentes structures et densités, l'accrochage se découvre comme une alternance pleine de justesse entre le vide et le plein. Ce caractère disruptif est un axe fort du travail de Caribaï. Comme le formule l'écrivain Akira Mizubayashi, ces ruptures rythmiques " introduisent une pluralité de points de vue qui pulvérise l'idée d'un seul regard contemplatif ". Le tout pour une expérience immersive dont les contours s'avèrent à la fois méditatifs et charnels.