Tout habitant de la capitale en a déjà fait l'expérience : c'est en se réveillant le Dimanche sans voiture que l'on " découvre " que la ville est particulièrement bruyante en temps normal. Comme si ce calme cotonneux nous faisait prendre conscience d'un mal que l'on finit par ne plus entendre. Un mal pourtant " très insidieux, confirme Marie Poupé, chef du service Plan Bruit de Bruxelles-Environnement, et les gens ne réalisent pas toujours à quel point ça peut leur causer du stress, même à des niveaux peu élevés. Ils deviennent irritables, s'...

Tout habitant de la capitale en a déjà fait l'expérience : c'est en se réveillant le Dimanche sans voiture que l'on " découvre " que la ville est particulièrement bruyante en temps normal. Comme si ce calme cotonneux nous faisait prendre conscience d'un mal que l'on finit par ne plus entendre. Un mal pourtant " très insidieux, confirme Marie Poupé, chef du service Plan Bruit de Bruxelles-Environnement, et les gens ne réalisent pas toujours à quel point ça peut leur causer du stress, même à des niveaux peu élevés. Ils deviennent irritables, s'agacent et se mettent en colère pour un rien, ou du moins pour une raison qui leur échappe, et c'est parfois dû à l'usure et au brouhaha qui les assiège en permanence. " Pire, il a été prouvé qu'une pollution sonore constante peut provoquer une augmentation de la tension artérielle et du taux de cortisol, avec pour conséquence un risque accru de crise cardiaque. Le bruit ne se cantonnant pas à notre métropole, et se faisant sans cesse plus prégnant - chez nous, il est repris dans le top 3 des nuisances urbaines, juste après la qualité de l'air, mais avant le manque de propreté des rues -, les citoyens sont aujourd'hui nombreux à se mobiliser contre lui. L'an dernier, l'association britannique Pipedown a obtenu la suppression de la musique d'ambiance dans les grands magasins Marks & Spencer, au motif qu'elle insupporte 86 % des personnes présentant des problèmes d'audition et 16 % de la population en général. A New York, des restos branchés se spécialisent dans les dîners " parole exclue " tandis que l'on voit fleurir les " silent parties " où l'on se trémousse sur la piste de danse un casque vissé sur les oreilles, histoire de ne pas déranger ses voisins de palier. Et à Paris, le dernier salon Maison & Objet avait pour thématique... le silence, " comme un prolongement déco du nouveau droit à la déconnexion qui vient d'entrer en vigueur ", analysait Véronique Lorelle dans Le Monde. Un parallèle qui fait sens, tant, dans un monde saturé d'images et de sons, débrancher est devenu le luxe ultime. Les designers belges l'ont bien compris. Ainsi de Pierre-Emmanuel Vandeputte et de son alcôve Nascondino ou de son isoloir Cork Helmet, destiné à nous faire vivre " une sensation auditive inédite ". Ou encore des cocons acoustiques d'Alain Gilles. Des créateurs résolument à l'écoute de leur époque, qui n'ont pas attendu le dimanche 17 septembre prochain et la Semaine de la mobilité pour nous offrir un peu de cette précieuse quiétude. Retrouvez chaque vendredi Delphine Kindermans dans l'émission Pop & Snob de Fanny Guéret sur www.rtbf.be/auvio et sur Pure FM à 15 h 30.DELPHINE KINDERMANSDANS UN MONDE SATURÉ D'IMAGES ET DE SONS, DÉBRANCHER EST DEVENU LE LUXE ULTIME.