La rencontre était inévitable. Depuis longtemps, il nous suivait attentivement. Nous, nous avions un £il sur lui. Parce qu'il a du talent et que nous pressentions qu'il avait l'étoffe d'un grand. Nous n'étions pas les seuls à l'avoir repéré. En 2006, il n'échappait pas, en effet, au regard laser d'un géant, Karl Lagerferld en personne qui, vite fait, bien fait, l'emportait dans ses bagages, direction l'Italie où il l'imposait comme son assistant chez Fendi, LA griffe spécialiste de la maroquinerie et de la fourrure très haut de gamme. Nous sommes fiers de la carte blanche qu'Anthony Vaccare...

La rencontre était inévitable. Depuis longtemps, il nous suivait attentivement. Nous, nous avions un £il sur lui. Parce qu'il a du talent et que nous pressentions qu'il avait l'étoffe d'un grand. Nous n'étions pas les seuls à l'avoir repéré. En 2006, il n'échappait pas, en effet, au regard laser d'un géant, Karl Lagerferld en personne qui, vite fait, bien fait, l'emportait dans ses bagages, direction l'Italie où il l'imposait comme son assistant chez Fendi, LA griffe spécialiste de la maroquinerie et de la fourrure très haut de gamme. Nous sommes fiers de la carte blanche qu'Anthony Vaccarello a réalisée pour nous. Un magnifique hommage à Mia, une superbe jeune femme venue du Tchad, lâchée dans la jungle urbaine et au bois de Tervuren. Des photos qu'il voulait inédites, du " jamais vu dans un magazine belge ". Il nous a bluffés. Merci, merci. Kris Van Assche, lui, flirte déjà avec le firmament. Le créateur anversois de 31 ans est une star qui a déployé ses ailes dans l'ombre de l'icône Hedi Slimane, celui-là même qui a révolutionné les vestiaires de la mode au masculin avec ses costumes étriqués et ses silhouettes dandy rock. L'affaire, il y a quelques mois à peine, avait fait grand bruit. La décision de Dior était implacable. L'élève succéderait au maître dans un climat tendu. Serait-il capable d'assumer une telle succession ? Kris présentait une collection, le 1er juillet dernier, tout en subtilités et finesse, glissant ainsi tout le landerneau modeux dans sa poche. Jusqu'ici, il était resté étonnamment silencieux. Pour la première fois depuis cette mini-révolution, il sort du bois, en exclusivité aussi pour Weekend dans un entretien tout de simplicité et de franchise désarmante. L'un des points forts de ce numéro. Le plat pays, terre fertile en talents. Qui en doute encore ? Les Belges trustent les compétitions fashion internationales. Pour preuve, l'incontournable festival ITS de Trieste, en Italie, qui a récompensé pour sa 6e édition deux étudiants de l'Académie d'Anvers. Weekend y était. Tout comme aux défilés de fin d'année de nos écoles, les meilleures du monde. Nous y avons épinglé les élèves les plus prometteurs, dont plusieurs participeront en octobre prochain à notre Fashion Weekend, le concours international de jeunes stylistes que nous avons créé il y a cinq ans déjà. Nous avons été aussi sensibles à l'imaginaire inspiré des mangas d'une jeune femme fraîchement diplômée de La Cambre, Amandine Labidoire. C'est elle que nous avons choisie pour défiler ce 8 septembre au Mirano à Bruxelles (lire pages 102 et 103). On le sait bien, les créateurs belges secouent les placards dorés des grandes maisons internationales. Leurs atouts ? En plus d'une immense créativité, une modestie touchante, une discrétion studieuse, un vrai professionnalisme. Ce numéro spécial n'a pas d'autre objectif que de leur rendre hommage. Tout en affichant notre fierté. Pas trop quand même. Juste ce qu'il faut pour rester dans le ton. Christine Laurent