Les provocatrices de Marc Jacobs

Très critiqué pour ses retards légendaires, l'enfant terrible de la fashion week new-yorkaise s'est offert une nouvelle conduite : il a fait débuter son show avec 2 minutes d'avance, au grand dam de nombre de célébrités et de journalistes, qui en ont ainsi raté le coup d'envoi. Marc Jacobs fait la nique à la morosité ambiante dans un défilé un peu fou, avant tout destiné à nous mettre de bonne humeur. Il puise dans un thème qui lui est cher : le New York des années 80. Toujours provocateur, il propose des looks puissants, voire électriques. Il commence sagement par du gris, avec pulls et cardigans en laine, petits foulards façon Bardot, pour vite virer sur des silhouettes de punkettes et à la pierrot déjanté avec des manteaux aux épaules très marquées. Loin de broyer du noir, il parsème son show de couleurs flashy. Ponchos en astrakan et jeans taille haute rose portés avec des bustiers en satin complètent la garde-robe. La deuxième griffe, Marc By Marc Jacobs, elle, est plus sage : salopettes confortables et jupes à carreaux façon écolière.
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Très critiqué pour ses retards légendaires, l'enfant terrible de la fashion week new-yorkaise s'est offert une nouvelle conduite : il a fait débuter son show avec 2 minutes d'avance, au grand dam de nombre de célébrités et de journalistes, qui en ont ainsi raté le coup d'envoi. Marc Jacobs fait la nique à la morosité ambiante dans un défilé un peu fou, avant tout destiné à nous mettre de bonne humeur. Il puise dans un thème qui lui est cher : le New York des années 80. Toujours provocateur, il propose des looks puissants, voire électriques. Il commence sagement par du gris, avec pulls et cardigans en laine, petits foulards façon Bardot, pour vite virer sur des silhouettes de punkettes et à la pierrot déjanté avec des manteaux aux épaules très marquées. Loin de broyer du noir, il parsème son show de couleurs flashy. Ponchos en astrakan et jeans taille haute rose portés avec des bustiers en satin complètent la garde-robe. La deuxième griffe, Marc By Marc Jacobs, elle, est plus sage : salopettes confortables et jupes à carreaux façon écolière. A la recherche du temps perdu est le titre de la collection " proustienne " d'Anna Sui. Un opus fait de jolies robes à fleurs évoquant l'enfance, de shorts bouffants à porter sur de grandes bottes, à pompons ou ornées de découpes cow-boy, plus originales les unes que les autres. Il nous brosse le portrait romantique d'une châtelaine qui aurait essuyé un revers de fortune, mais qui garde toute sa superbe dans un classique " vintage ". Le secret de Ralph Lauren ? Délicatement patinées, les matières se marient dans un savant mélange qui procure pourtant à celles qui les portent un air de jeunesse. Pantalons larges et jodhpur en velours ou satin s'associent à des vestes en tweed ou en agneau de Mongolie, robes longues et fourreau en lamé s'imposent parmi les robes à franges style Charleston. Les tons sont naturels : un peu de noir, du taupe, des pastels et du blanc ivoire. Comme sorties d'un vaisseau spatial, les silhouettes des s£urs Kate et Laura Mulleavy sont corsetées dans un entrelacs de matières : cuir, laine, tulle, mousseline de soie et même du cristal. L'argenté prédomine. La garde-robe - chaque vêtement est réalisé main - se compose essentiellement de minirobes, près du corps, et de vestes cintrées et ajustées, qui collent à la peauà Tout comme ces grandes bottes lacées jusqu'en haut des cuisses, qui ont fait sensation mais dont on doute qu'elles soient portables. En cet hiver 09-10, la femme DvF est " une nomade " : " Partout où elle va, elle se fond dans le décor. " Diane von Furstenberg a conçu des pièces à superposer - le résultat est riche et chatoyant - ou à porter séparément, offrant ainsi de multiples possibilités. Elle use du léopard, du mohair et de leggings aux imprimés tribaux. Le clou de son défilé ? Une robe de soirée en jersey d'une fluidité quasi aquatique. Sa collection hiver 09-10 confirme son talent, avec des lignes racées, où rien n'est superflu. Inspiré par Tina Turner version Mad Max ou la Catwoman de Batman Returns, Alexander Wang joue sur la déconstruction, façon Helmut Lang. Chemise en popeline asymétrique, avec une seule manche, portée sur un short cycliste, robes tubes aux encolures découpées au laser, perfecto et veste cintrée sur des leggins noirs composent ses looks. Ses sacs-cabas et ses bottines de cuir sont déjà épuisés dans les grands magasins new-yorkais. On se rabattra sur un tee-shirt " T by Alexander Wang ", " qui fait partie intégrale de la collection ", dixit le couturier (disponible sur www.alexanderwang.com). La plus romantique des stylistes new-yorkaises joue avec ses matières fétiches : l'organza, la panne de velours, la mousseline, le satin et la soie. Les robes et les chemisiers fluides sont corsetés. Broderies, plissés Fortuny, sequins aux couleurs pierres précieuses insufflent, eux, un accent arty très années 40 à cette collection. Allure camouflage ! Les guerrières urbaines de Narciso Rodriguez sont prêtes à la bataille, couvertes de la tête aux pieds. Des cols " foulards " ou " bandages " dessinent le cou, en chassé croisé, ne laissant apparaître que de petits interstices de peau. Les collants sont assortis à la robe et aux bottes, pour un total look hautementà défensif. Le couturier du gotha américain habille la femme avec des robes fourreau aux mini cols en fourrure amovibles, des tailleurs en laine, des cardigans en cachemire. Deux robes à crinoline ferment le défilé, signe que de la Renta ne s'est pas laissé perturber par les sirènes de la récession. Le jeune créateur, qui a désormais toute sa place parmi les grands de la fashion week de New York, a imaginé une collection spectacle, mixant les époques et les influences. Costumes de pages, juxtaposition de volants, blouses à jabotsà Zac Posen : un style aussi flamboyant que voyant ! La plus new-yorkaise des stylistes troque cette saison son style oriental pour une touche plus habillée. Ses traditionnels drapés en jersey s'échangent contre des coupes plus droites, en fourreau, comme cette robe ceinturée aux épaules nues, de grandes vestes empruntées aux hommes, des pardessus féminins-masculins, des cols châle, et des petites robes en jersey fluide et joliment drapées. Une collection à la sobriété monacale, avec des lignes pures et beaucoup de noir. Francisco Costa s'inscrit toujours dans la simplicité chère à la griffe Calvin Klein. A noter : le beau travail de découpes, sinueuses ou décalées, au laser, les mélanges de soie, lainages et jacquard dans des nuances mates ou brillantes, et les robes aux manches raglan très féminines. Une collection empreinte de précision, inspirée par le dessinateur Arthur Rackham, connu pour ses illustrations d' Alice au pays des Merveilles. Beaucoup de mousseline de soie et de crêpe de chine pour un défilé ultraglamour. Mais la soudaine célébrité de Jason Wu - créateur chouchou de la Première Dame, son site internet a reçu 4 millions de visites le jour qui a suivi l'investiture de Barack Obamaà - ne lui est pas montée à la tête. " Je veux grandir un petit peu chaque saison et créer un nouveau style pour les vêtements américains. " Un successeur au grand Ralph ? Très inspirée du constructivisme, cette garde-robe est travaillée à partir de lignes géométriques rondes et abstraites. Robes, manteaux et blousons offrent des tombés fluides et précis. Le velours et la soie sont interprétés de façon très contemporaine. Max Azria conçoit un look plus engagé, très sombre, où il mêle effet moiré, transparence et cuir. Par Élodie Perrodil