Les enfants maîtrisent le mot à merveille, c'est probablement l'un de leurs préférés. Ils peuvent même le crier haut et fort, au beau milieu d'un supermarché. Mais une fois l'adolescence entamée, le " non " disparaît progressivement du vocabulaire. Avec pour conséquence immédiate, un agenda qui déborde de choses que l'on ne veut pas vraiment faire. D'une réunion tardive à une après-midi entre copains, en passant par le financement de la marche parrainée des mômes du quartier, un rendez-vous galant plus si tentant, un cours de gym ou encore une visite familiale... On se retrouve vite submergé, bien souvent contre son gré, parce qu'on n'a tout simplement pas osé refuser. Et le surmenage n'est qu'une conséquence car ce simple petit terme de trois lettres peut également servir dans bien d'autres situations. Lorsque le boucher lance un commercial " il y en a un peu plus, je vous le mets ? " par exemple. Ou quand la chambre d'hôtel qu'on vient de se voir attribuer laisse à désirer...
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Les enfants maîtrisent le mot à merveille, c'est probablement l'un de leurs préférés. Ils peuvent même le crier haut et fort, au beau milieu d'un supermarché. Mais une fois l'adolescence entamée, le " non " disparaît progressivement du vocabulaire. Avec pour conséquence immédiate, un agenda qui déborde de choses que l'on ne veut pas vraiment faire. D'une réunion tardive à une après-midi entre copains, en passant par le financement de la marche parrainée des mômes du quartier, un rendez-vous galant plus si tentant, un cours de gym ou encore une visite familiale... On se retrouve vite submergé, bien souvent contre son gré, parce qu'on n'a tout simplement pas osé refuser. Et le surmenage n'est qu'une conséquence car ce simple petit terme de trois lettres peut également servir dans bien d'autres situations. Lorsque le boucher lance un commercial " il y en a un peu plus, je vous le mets ? " par exemple. Ou quand la chambre d'hôtel qu'on vient de se voir attribuer laisse à désirer... Pourtant, dire " non " peut s'avérer un véritable défi, et selon la coach et psychothérapeute Karine Van Oosterbos de K-onsult, ce n'est pas totalement illogique. " Nous n'aimons pas décevoir. Ni notre interlocuteur ni nous-même, explique-t-elle. Nous ne voulons pas être la personne qui refuse. C'est lié à l'image de soi, et nous avons l'impression de nous mettre en danger. " Personne ne veut paraître arrogant, ingrat ou avare en ne répondant pas à une requête. Mais le phénomène va plus loin que l'envie d'être apprécié. La culpabilité entre également en jeu. Essayez de refuser de donner 5 euros à un bénévole de la Croix-Rouge pour financer l'achat de moustiquaires qui pourraient sauver la vie d'une famille entière menacée par la malaria, tout en sachant que vous venez encore de dépenser quasi la même somme pour vous offrir un café ce matin. Ou parlez avec n'importe quel parent qui travaille : quand son patron lui demande de faire une petite heure supplémentaire, il se sent coupable envers son employeur s'il refuse, et envers sa famille s'il accepte. Selon les experts, ce paradoxe serait dû à la confrontation de certaines valeurs et des attentes qui y sont associées. " S'occuper de notre famille, assurer au travail, avoir une vie sociale et bouger pour garder la forme... Notre quotidien est extrêmement chargé, observe la psychothérapeute. Nous ne voulons rien manquer. Nous sommes stressés au moindre choix à faire et nous avons peur qu'après avoir dit non une fois, puis deux, on ne revienne plus vers nous. Nous nous posons sans cesse cette question : puis-je refuser ? Alors que nous devrions plutôt nous demander : en ai-je envie ? " Si ne pas soutenir une cause qui, à nos yeux, n'est pas importante ou ne pas accepter d'aider un voisin acariâtre, ne pèsera pas longtemps sur notre conscience, les situations s'avèrent souvent plus complexes. Il devient alors nécessaire d'établir des priorités. Et tout le monde n'est pas doué pour ça, ajoute la consultante : " Nous sommes tous plus ou moins assertifs, en fonction de notre nature ou de notre éducation. Je remarque chez mes clients que les hommes éprouvent moins de difficultés à établir leurs limites et à les exprimer que les femmes. Ils ont reçu une autre éducation, et encore aujourd'hui, la société a toujours des attentes différentes envers eux. " Convaincu(e)s ? Reste à savoir comment prononcer ce mot magique... avec bienveillance, cela va de soi. Pas d'explications, pas de pitié, juste un refus. Cette méthode n'est certainement pas la meilleure, mais elle porte ses fruits dans des situations simples. " Une technique qui fonctionne surtout avec des inconnus ou des connaissances éloignées. C'est un non aussitôt oublié ", précise notre spécialiste. Dans la rue, on vous demande si vous avez le temps pour quelques questions. Vous répondez : " Non, merci. " L'affaire est réglée. Ici, vous montrez que vous avez compris pourquoi votre interlocuteur vous fait une requête, avant de le remercier gentiment. L'empathie rend nettement plus convaincant. Imaginez que l'enseignante de votre fille vous demande de venir faire la lecture à la classe le temps d'un après-midi. Vous répondez alors : " Je sais que vous ne trouvez pas facilement de parents volontaires, mais pour l'instant j'ai beaucoup trop de boulot pour pouvoir me libérer. " Le risque qu'elle insiste est minime, et elle ne vous trouvera certainement pas désagréable, puisque vous la comprenez ! " Parfois, c'est aussi simple que ça, souligne l'experte. Les gens aiment avoir l'impression qu'ils ont été entendus, et s'ils comprennent pourquoi vous refusez, ils ne seront pas mal à l'aise en pensant qu'ils vous ont dérangé en vous posant une question. " Si par contre, vous laissez croire à votre interlocuteur que vous hésitez, alors il insistera et vous décrira son idée jusqu'à ce que vous l'acceptiez. Selon une étude d'Harvard, 94 % des personnes se trouvant dans la file de la photocopieuse laissent passer un collègue si celui-ci ajoute un " je suis pressé " poli. Avoir une raison rend donc plus convaincant. On vous suggère de faire un don ? Vous en avez déjà fait un cette semaine. Une amie aimerait que son insipide soeur participe au souper que vous organisez ? Il n'y a que huit places à table. Parfois une réponse sans chichis fonctionnera aussi parfaitement. Un " Désolé, je ne peux pas venir, je ne suis pas intéressé " fera alors l'affaire. " Nous avons le droit de dire non, ajoute la psychothérapeute. Trouver une raison valable n'est pas toujours nécessaire. Mais nous le faisons assez spontanément, et ça fonctionne bien. " Attention toutefois : nous sommes sensibles aux requêtes contenant un " parce que ". Quelqu'un vous demande s'il peut passer avant vous à la caisse " parce qu'il n'a que trois articles "? Vous risquez d'accepter sans réfléchir, même si vous n'avez que quatre choses dans votre panier ! Il y a certaines choses que vous ne faites jamais ? Prêter de l'argent, aller à l'opéra, sortir avec un collègue, danser, boire de l'alcool, etc. Si vous donnez cette excuse pour décliner une proposition, votre interlocuteur ne se sentira pas lésé, puisqu'il saura que vous répondez cela à tout le monde sur le sujet. " Les principes fonctionnent, insiste notre spécialiste. Nous ne sommes pas toujours d'accord avec, mais nous en comprenons le fonctionnement. Toutefois, ils ne sont convaincants que si nous sommes fermes et assertifs. Prenons le cas de l'alcool. Si vous n'acceptez pas un verre de vin, on vous posera certainement des questions. Mais si vous le refusez en ajoutant avec conviction que vous n'en prenez jamais, les questions se feront plus rares et les propositions indésirables également. Avant de répondre, demandez si vous avez le temps de réfléchir. Cette méthode est vraiment efficace, selon Karine Van Oosterbos. Dites par exemple : " Je dois d'abord vérifier mon agenda. " Vous vous donnez le temps de trouver le courage de dire non et un argument qui tiendra assez la route. Certains problèmes peuvent aussi se résoudre d'eux-mêmes entre temps. Cette méthode est principalement utile au travail. Si votre employeur ou un collègue vous demande de l'aide et que vous le faite patienter, il aura sûrement demandé à quelqu'un d'autre au lieu d'attendre votre décision. L'excuse est toutefois à utiliser avec parcimonie, pour ne pas nuire à sa réputation. " Et si vous promettez de la tenir au courant, vous devez le faire, même si c'est pour lui dire non ", précise notre interlocutrice.Parfois, vous dites non, à moins que certaines conditions ne soient remplies. Par exemple, vous voulez bien aider pour un déménagement, mais seulement si on vous assure que vous serez à la maison avant 18 heures, que vous ne porterez pas de charges trop lourdes et que vous ne devrez pas conduire la camionnette. Un non-avec-conditions n'est envisageable que si vous êtes prêt à accepter la demande si elle répond à vos exigences. Si, après votre refus, vous expliquez que c'est mieux pour tout le monde, vous serez encore mieux compris. Votre patron vous demande d'accepter des tâches supplémentaires ? Expliquez que vous préférez refuser, car vous vous en sortez très bien avec votre programme actuel, et que vous ne voulez pas que la qualité de votre travail souffre si vous n'avez plus assez de temps pour vous concentrer sur chaque mission. Ou rétorquez simplement que vous ne pensez pas être la bonne personne pour ce poste. Les employeurs sont souvent très sensibles aux arguments concernant la qualité. Après tout, les deux parties en pâtiraient. Votre amie vous propose d'aller boire un verre, mais vous sortez d'une semaine super chargée ? " Vous pouvez simplement lui dire : je ne serai pas de bonne compagnie. Elle comprendra ainsi que personne ne passera un agréable moment. " Proposer une solution après un refus sera le plus souvent très apprécié. Votre voisine vous demande de garder ses deux bambins, mais vous n'avez ni le temps ni l'envie ? Offrez-lui de téléphoner à votre baby-sitter attitrée. Votre soeur vous demande de lire un texte à son mariage ? Proposez plutôt votre cousine, si douée pour parler en public, qui sera aux anges d'être le centre de l'attention un instant. Votre patron vous soumet une idée complètement farfelue ? Faites d'abord semblant de vous y intéresser, puis ajoutez que l'une des idées de la dernière réunion vous paraît encore plus efficace. " Montrer de la bonne volonté rend encore plus convaincant, estime Karine Van Oosterbos. En fait, vous faites preuve de respect et vous le communiquez. " Voici un non pour les personnalités fortes. Certaines personnes pensent pouvoir faire changer d'avis en insistant. C'est raté, puisque vous connaissez la technique de la cassette rayée ! Un exemple s'impose : " Dis, tu es libre demain soir ? J'ai besoin d'aide pour faire un gâteau pour l'école de ma fille. - Non, désolé, j'ai déjà un rendez-vous. - Tu es sûre ? - Oui, j'ai un rendez-vous. - Vraiment ? - J'ai un rendez-vous. Tu ne peux pas le reporter ? - Non. Certaine ? - Oui. " Si vous répétez votre argument sans trop de détails, mais avec assez de confiance en vous, votre refus finira par être entendu. On vous demande ce qui pourrait vous faire changer d'avis ? " Dans ce cas, il faut également rester ferme ", préconise l'experte. Et ne pas entrer dans la négociation. Selon notre consultante, ce type de non vous demandera une bonne dose d'assertivité, mais si vous savez ce qui vous attend, vous pouvez anticiper. Vous n'aimez pas diviser l'addition au restaurant, car vous ne buvez pas de vin ou vous ne mangez pas de dessert ? Alors, avant que quelqu'un ne suggère de séparer le total en quatre, proposez que tout le monde paie sa part. Vous savez qu'un collègue que vous n'appréciez pas plus que ça va vous inviter à son barbecue annuel pour son anniversaire ? Veillez à mentionner à plusieurs reprises, avant même de recevoir l'invitation, que le deuxième week-end de juillet, vous partez en escapade romantique avec votre moitié. Vous avez utilisé une des techniques précédentes et votre interlocuteur continuer à insister ? Il vous reste une ultime option, le non définitif. " Demandez-lui de respecter votre refus, précise Karine Van Oosterbos. Certaines personnes ont besoin de fermeté pour accepter une réponse négative. Demandez-lui de ne plus vous poser la question, car vous avez déjà répondu et votre avis ne changera pas. " Imaginez que vous avez répondu oui, mais que, maintenant que vous avez eu le temps de réfléchir ou que les circonstances ont changé, vous le regrettez. " Dans une telle situation, les plus jeunes ont tendance à opter pour un petit mensonge, note l'experte. Mais en fin de compte, ce n'est pas nécessaire. Vous pouvez simplement expliquer pourquoi vous aviez envie d'aller au cinéma le week-end prochain, mais qu'après une longue semaine, vous préférez profiter de votre canapé. "