Ce n'est un secret pour personne, la mode, dans ce qu'elle a de plus excessif, produit une quantité gigantesque de vêtements, en détestant demain ce qu'elle aime aujourd'hui. D'après la start-up textile Evrnu, environ 13,1 millions de tonnes de déchets textiles sont générées chaque année rien qu'aux Etats-Unis, dont 11 millions terminent à la décharge. Et que dire des matières premières ? Il faut par exemple 1 500 litres d'eau pour faire pousser le coton nécessaire à la confection... d'un seul jeans.
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Ce n'est un secret pour personne, la mode, dans ce qu'elle a de plus excessif, produit une quantité gigantesque de vêtements, en détestant demain ce qu'elle aime aujourd'hui. D'après la start-up textile Evrnu, environ 13,1 millions de tonnes de déchets textiles sont générées chaque année rien qu'aux Etats-Unis, dont 11 millions terminent à la décharge. Et que dire des matières premières ? Il faut par exemple 1 500 litres d'eau pour faire pousser le coton nécessaire à la confection... d'un seul jeans. Dans la mouvance du film Demain, qui préfère mettre l'accent sur les initiatives positives plutôt que de jouer la carte de la culpabilisation, focus sur les marques et projets qui oeuvrent à faire évoluer la situation. Car la sphère fashion ne peut plus se contenter de vendre et consommer à tout va, parfois avec un léger fond de green washing, juste pour se donner bonne conscience. L'ère est à la prise de conscience, comme en témoignent plusieurs faits récents. Au dernier festival international de mode et de photographie à Hyères, une table ronde traitait des avancées en matière de développement durable. Le groupe de luxe Kering (propriétaire de Gucci, Saint Laurent, Balenciaga...) a par ailleurs placé le sujet au centre de sa stratégie. Depuis 2012, il se fixe des objectifs précis, comme une meilleure sélection des matières premières, une réduction des émissions de CO2, de la consommation d'eau et des déchets, l'élimination des substances chimiques dangereuses, etc. Plus près de nous, le créateur de mode belge Bruno Pieters est le curateur d'une exposition baptisée (Behind) the Clothes, à voir à Anvers jusqu'au 31 juillet. Une façon de montrer que l'avenir de la mode ne tourne pas seulement autour des tendances, mais exige désormais un nouvel état d'esprit, avec des normes éthiques strictes et transparentes. A un échelon plus local encore, le magasin de déstockage bruxellois Caméléon a récemment organisé ses Do Something Days, en réservant une partie de ses espaces à des marques équitables et responsables. Les grandes enseignes internationales ne sont pas en reste. La chaîne de fast fashion H&M développe notamment une ligne Conscious, réalisée à partir de matériaux écologiques, parfois assez novateurs. Dans ses boutiques, elle collecte également toutes les fripes (même abîmées ou d'autres marques), en vue de les recycler - une initiative également organisée depuis peu par Marks & Spencer, à Bruxelles. Chez JBC, on trouve la deuxième collection Revive, composée de vêtements, recyclables jusqu'à la dernière fibre. Du côté de C&A, l'entreprise vient de publier son premier rapport mondial sur le développement durable, une compil' des progrès accomplis l'an dernier, en vue d'objectifs à atteindre en 2020. Et elle est partenaire du récent film For The Love of Fashion, un documentaire d'Alexandra Cousteau, petite-fille du commandant, dans lequel elle s'interroge : peut-on produire nos vêtements de manière plus écoresponsable grâce au coton bio ? Mais d'autres labels, moins connus, s'investissent aussi, à plus petite échelle certes, mais avec tout autant d'énergie et conviction. Tour d'horizon. PAR CATHERINE PLEECK