On a coutume de dire que New York est la ville qui ne dort jamais. C'est certainement vrai, si on en juge la luminescence permanente des tours de Downtown, l'activité nocturne autour des restaurants, des clubs et des théâtres, le bal incessant des camions de livraison, la course ininterrompue des taxis. Pas question toutefois d'en perdre le sommeil, surtout que Big Apple offre aussi une gamme très développée d'hôtels, où l'on pourra venir chercher le repos tant attendu, après un long voyage, une réunion au sommet ou une épuisante journée de shopping. Si la capitale du Nouveau Monde compte quelques établissements historiques, comme le Waldorf Astoria, l'hôtel le plus beau et le plus grand du monde à son ouverture en 1931, on trouve évidemment à New York des adresses dernier cri, audacieuses et anticonventionnelles. Depuis quelques années, on assiste, en effet, au réveil d'une nouvelle génération d'hôtels contemporains et stylisés. Chacune de ces destinations " design " est battie sur un concept, qu'il s'agisse d'un " boutique hotel " où tout est à vendre, d'un hôtel " haute couture " à l'architecture parfaitement réfléchie, ou encore d'un hôtel basé sur les principes holistiques, prenant soin de votre esprit aussi bien que de votre corps.
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On a coutume de dire que New York est la ville qui ne dort jamais. C'est certainement vrai, si on en juge la luminescence permanente des tours de Downtown, l'activité nocturne autour des restaurants, des clubs et des théâtres, le bal incessant des camions de livraison, la course ininterrompue des taxis. Pas question toutefois d'en perdre le sommeil, surtout que Big Apple offre aussi une gamme très développée d'hôtels, où l'on pourra venir chercher le repos tant attendu, après un long voyage, une réunion au sommet ou une épuisante journée de shopping. Si la capitale du Nouveau Monde compte quelques établissements historiques, comme le Waldorf Astoria, l'hôtel le plus beau et le plus grand du monde à son ouverture en 1931, on trouve évidemment à New York des adresses dernier cri, audacieuses et anticonventionnelles. Depuis quelques années, on assiste, en effet, au réveil d'une nouvelle génération d'hôtels contemporains et stylisés. Chacune de ces destinations " design " est battie sur un concept, qu'il s'agisse d'un " boutique hotel " où tout est à vendre, d'un hôtel " haute couture " à l'architecture parfaitement réfléchie, ou encore d'un hôtel basé sur les principes holistiques, prenant soin de votre esprit aussi bien que de votre corps. Quatre ans après le 11 septembre, la grande citée meurtrie sort donc de convalescence. Le renouveau du tourisme et des voyages d'affaires est bien visible, avec des chiffres qui dépassent pour la première fois ceux de l'an 2000. Pas moins de 12 millions de visiteurs américains et étrangers seront passés par Manhattan cet été, selon les prévisions de l'office du tourisme. Ils auront fait leur choix parmi les 70 000 chambres d'hôtel, pour un prix moyen de 216 dollars (180 euros). Signe que l'industrie reprend des couleurs, 3 344 nouvelles chambres devraient être disponibles dans les prochains 18 mois. Les quartiers qui connaissent le plus important boum hôtelier sont TriBeca et le Lower East Side, deux nouvelles destinations évolutives et très " tendance " du sud de Manhattan. Les hôtels contemporains sont appréciés pour leur design unique et innovant, à l'opposé du confort standard des chaînes. Le plus souvent, le développement d'un hôtel design repose sur la collaboration réussie entres des professionnels de la construction, de la décoration et du bien-être. Ainsi, par exemple, un designer comme Philippe Starck signera l'esthétique de l'établissement. Il travaillera avec un architecte chargé de la structure et de la faisabilité du projet. En plus du designer et de l'architecte, le concepteur d'un hôtel design pourra faire appel à un expert de l'éclairage ou du bien-être, adepte du Feng Shui par exemple. Le résultat est souvent singulier et inattendu. Ces hôtels " cousus main " s'adressent aussi bien à une clientèle d'affaires qu'aux amateurs d'ambiance contemporaine. Les célébrités de la mode ou du cinéma apprécient particulièrement leur caractère personnalisé. De Central Park, à Soho, en passant par le quartier des théâtres, Weekend Le Vif/L'Express s'est laissé surprendre par leur facture moderne et raffinée, leur esprit ludique ou sensuel, et leur attrait toujours unique. Nés de l'imagination du développeur immobilier new-yorkais Ian Shrager et de son comparse le designer français Philippe Starck, les hôtels Hudson et Royalton repoussent les limites du luxe en l'inscrivant dans le XXIe siècle. Situé près de Central Park, l'Hudson frappe par sa façade lisse et contemporaine, alors que le lobby est accessible en empruntant des escalators, baignés d'une lumière verte fluo très futuriste. Le réaménagement de cette ancienne résidence pour jeunes filles - 1 000 chambres - s'est fait sur le mode du " chaos organisé ". Le mobilier contemporain de Starck donne un coup de jeune à la brique rustique. La bibliothèque d'origine a été transformée en bar, un club ultrabranché côtoie une terrasse extérieure au confort oriental. Les chambres ne sont pas spacieuses, mais à l'image d'un campus étudiant, l'hôtel recèle de lieux de détente et de rencontres, comme son restaurant baptisé " la cafétéria " ou son toit-terrasse pourvu de chaises longues, d'où l'on aperçoit jusqu'à la statue de la liberté. Le hall de l'hôtel Royalton, dans le quartier des théâtres, est tout à fait approprié à la tenue d'un défilé de mode. Totalement ouvert, le lobby, comprenant un espace de détente, la réception et le restaurant, s'organise le long d'un long tapis bleu électrique frappé de petits génies dessinés par Starck. Obsédant, le bleu nuit profond des couloirs mène à des chambres inspirées de l'architecture paquebots, avec des baignoires rondes et des lampes de chevets incrustées en tête de lit, tels des hublots. Le brun chaud du bois Mahagoni accompagne harmonieusement la moquette pistache. Certaines vues s'ouvrent sur l'effervescence de Times Square, tandis que le Champagne Bar est une minuscule pièce intime toute ronde, tendue de cuir du sol au plafond. Les deux " Grand " sont installés à quelques blocs d'intervalle, au c£ur des quartiers bohèmes branchés de SoHo et de TriBeCa. Construits respectivement en 1996 et 2000, ils signent la revitalisation immobilière des quartiers de Downtown. Le SoHo Grand est un exemple très réussi d'architecture inspirée du design industriel. L'impressionnant escalier en acier laisse apparaître ses boulons, les poutrelles métalliques sont apparentes et les portes sont griffées pour un effet " usé ". Deux chiens en fer forgé vous accueillent à l'entrée en vous laissant admirer des lampes Art déco suspendues au plafond. Les chambres ne sont pas très spacieuses, mais l'hôtel possède un jardin et une terrasse aérés, très appréciés pendant la canicule estivale new-yorkaise. Le bar propose une trentaine de cocktails maison inspirés de recettes anciennes. Le TriBeCa Grand a ouvert ses portes dans le quartier hétéroclite de Tribeca, où se mêlent les pavés ronds du XIXe siècle, les entrepôts désaffectés, et les maisons de ville aux célèbres escaliers de secours. La touche fantaisiste signée " downtown " s'incarne dans la façade de fer, de verre et de brique, et cette lumière naturelle qui tombe directement depuis la verrière du huitième étage. L'ambiance relaxante se décline dans les tons bleu et crème. Le mobilier des chambres est contemporain. Le Church Lounge, à l'entrée de l'hôtel, est l'un des bars les plus cotés de la ville, farouchement à la mode, comme seuls le sont les endroits les plus pointus de New York. Les deux " Grands " accueillent une clientèle du monde de la mode et des spectacles, qui se sentent bien dans leurs ambiances savamment mise en scène. Niché dans une ruelle calme au c£ur de SoHo, 60 Thompson ravira les architectes, les designers et tous les amoureux de belles proportions. Dès l'arrivée, sa façade anthracite et sa terrasse ornée d'arbustes donnent le ton. Dans le lobby, le sol de marbre noir évoque le fond d'une piscine pompéienne, les meubles deviennent sculptures : fauteuil " Swan " d'Arne Jacobsen, tabourets en bois de Charles Eames et sofa capitonné sur pieds chromés de Florence Knol. Situé au premier étage, l'accueil bénéficie d'immenses baies vitrées s'ouvrant sur les buildings de SoHo. L'ambiance, signée Thomas O'Brien, y est chaleureuse, comme dans un salon privé : larges sofas capitonnés, mobilier de cuir et bois sombres, luminaires en bronze, coussins de velours colorés... Les chambres et les salles de bains sont cohérentes avec le reste de l'établissement : le sens du détail et la rigueur y sont rois. Surprise sur le gâteau : le toit terrasse possède une des plus belles vues de New York. Le design résolument contemporain de l'Hotel on Rivington est une première pour le Lower East Side, un quartier de Manhattan jusqu'ici un peu en marge. On peut dire que cette tour de verre vert de 21 étages contraste clairement avec les maisons basses du quartier. Les fenêtres sur toute la hauteur des chambres offrent une vue impressionnante sur la ville, même depuis la douche. Cet hôtel-boutique avant-gardiste se distingue par ses immenses canapés de velours et son linge griffé Frette... mais encore plus par ses salles de bains avec mosaïques italiennes, plancher chauffant et bain japonais pour deux. Les chambres disposent d'ingénieux mécanismes comme le réveil téléphonique synchronisé avec l'ouverture électronique des rideaux. Lieu de rencontre du gratin de la mode et de la mouvance Nouvel Age, le hall de cet hôtel rappelle l'univers de Freud, avec des fauteuils en cuir et une vitrine où sont exposés un corbeau empaillé et ce qui ressemble à d'anciens instruments médicaux. Le bar s'appelle d'ailleurs " Subconscious ". Si la déco des espaces publics est hyperbranchée au point d'avoir un petit côté provocant, l'ambiance sereine des 228 chambres est tout à fait propice au sommeil : blanches couettes légères et peignoirs en chenille, éclairage bleu apaisant, télés à écran plasma géant, et même iPod (avec musique judicieusement choisie) qu'on peut emprunter à la réception. Les commodités ont été choisies selon les principes ayurvédiques du gourou Deepak Chopra, dont le centre de mieux-être holistique de 372 m2 ouvrira à l'hôtel en janvier prochain. Logé dans le magnifique American Radiator Building construit en 1930, cet hôtel au luxe minimaliste est situé en plein c£ur de la ville. Il offre d'ailleurs des vues surprenantes sur son fier voisin l'Empire State Building, et surplombe Bryant Park et la très classique Public Library (bibliothèque publique). Rendez-vous de la mode, surtout à l'époque des défilés qui se tiennent à sa porte sous les tentes de Bryant Park, l'hôtel a été fraîchement rénové. Le cuir rouge flamboyant domine les espaces publics. Le mobilier est signé B&B Italia. Les chambres sont spacieuses et les lits sont recouverts de couvertures tibétaines. L'hôtel dispose d'un salon, offrant une superbe vue sur Bryant Park. Au sous-sol, le " Cellar Bar " est un lieu exquis pour les gens " branchés " où un DJ mixe en direct pour les célébrités. Elodie Perrodil