Qui ?

Née à Washington en 1945, Betty Tompkins vit et travaille à New York. Dès 1969, cette plasticienne américaine a fait parler d'elle en raison de larges toiles hyperréalistes représentant des scènes de pénétration et de masturbation. Ce contenu explicitement sexuel, l'artiste le revendique depuis le début - ce qui n'a pas manqué de lui atti...

Née à Washington en 1945, Betty Tompkins vit et travaille à New York. Dès 1969, cette plasticienne américaine a fait parler d'elle en raison de larges toiles hyperréalistes représentant des scènes de pénétration et de masturbation. Ce contenu explicitement sexuel, l'artiste le revendique depuis le début - ce qui n'a pas manqué de lui attirer des problèmes avec la censure. Il reste que de nombreux musées - Fuck Painting #1 se trouve au Centre Pompidou, à Paris - et collectionneurs dans le monde ne s'y sont pas trompés en acquérant son travail. Au-delà du contenu féministe engagé de ses oeuvres, l'intéressée réussit à faire coexister abstraction et représentation d'une façon inédite. Sa pratique a toujours été infusée à l'expérimentation plastique qu'elle aborde à travers différentes techniques, allant de l'aérographe aux tampons, de la poudre de graphite aux empreintes de doigts. Pour sa nouvelle exposition, Betty Tompkins continue de creuser le même sillon d'une oeuvre centrée sur la sexualité. A 72 ans, elle n'a rien perdu de la fougue qui l'anime. On retrouve le même contraste entre l'intimité des sujets abordés et la monumentalité des représentations. Un traitement " bigger than life " qui redore le blason féminin. Un retour en grâce plus nécessaire que jamais à une époque où le sexe des femmes fait l'objet des appropriations les plus brutales. Pour en finir avec les hypocrisies autour de la représentation des corps. Mais surtout pour admirer l'oeuvre cohérente et puissante d'une artiste qui n'a pas changé de cap depuis ses débuts.