Pour Renaud, ces quatre mois passés avec sa petite Sasha sont " un souvenir magique ", un tête-à-tête qui lui a permis de créer " une relation privilégiée " avec elle et de se rassurer sur ses " capacités à gérer seul sa paternité ". Et même si, comme d'autres pères qui ont appuyé sur " pause " pour s'occuper de leurs rejetons, il a eu quelques appréhensions au moment d'annoncer sa décision à son employeur, il se félicite aujourd'hui d'avoir sauté le pas. Un bonheur partagé par tous ceux qui ont osé ...

Pour Renaud, ces quatre mois passés avec sa petite Sasha sont " un souvenir magique ", un tête-à-tête qui lui a permis de créer " une relation privilégiée " avec elle et de se rassurer sur ses " capacités à gérer seul sa paternité ". Et même si, comme d'autres pères qui ont appuyé sur " pause " pour s'occuper de leurs rejetons, il a eu quelques appréhensions au moment d'annoncer sa décision à son employeur, il se félicite aujourd'hui d'avoir sauté le pas. Un bonheur partagé par tous ceux qui ont osé faire le même choix et qui témoignent dans nos pages. Tout positifs qu'ils soient, ces exemples au masculin tiennent malheureusement de l'exception : aujourd'hui, en Belgique, 70 % des demandes de congé parental émanent encore des mamans. C'est pourtant mieux qu'en France, où les hommes ne sont que... 3 % à profiter de ce droit. Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, a d'ailleurs introduit en juillet dernier un projet de loi global visant à plus d'égalité, avec en ligne de mire l'objectif de 20 % de pères cocoonant, pour une période déterminée, avec leur enfant. Même alors, nos voisins français seraient encore très à la traîne par rapport aux pays scandinaves, champions de la parité. Sur les quinze mois de congé légal, les papas suédois s'en voient ainsi réserver deux, deux autres revenant à la mère et le solde se partageant entre les parents, à leur meilleure convenance. En Norvège, expliquait dans Marie-Claire Belgique Agnes Uhereczky, directrice de la Confédération des organisations familiales de l'Union européenne (COFACE), neuf hommes sur dix prennent les mois off auxquels ils ont droit. Et ce sans se demander un instant si ce ne sera pas mal vu par leur boss... Bien plus que les dispositions légales, qui ne nous classent pas parmi les mauvais élèves européens, ce sont sans doute les mentalités qu'il faut faire évoluer dans notre pays, où l'on a parfois trop tendance, encore, à penser que ce qui se rapporte à la petite enfance revient " génétiquement " aux mères. Mais nous sommes apparemment sur la bonne voie : entre 2002 et 2007, le nombre de pères momentanément et volontairement au foyer a triplé ! Un jour, peut-être, l'homme sera une femme comme les autres...Pour la rentrée, votre Vif Weekend adopte une nouvelle mise en page. Sobre et élégante, elle mettra encore mieux en valeur nos reportages photographiques et nos articles. Réagissez sur weekend.levif@levif.be !Delphine Kindermans, Rédactrice en chef70 % des demandes de congé parental émanent encore des mamans.