" Pour moi, c'est NON ! " s'étouffe un élu sur sa page Facebook. " Non au port de signes religieux pendant les compétitions sportives ! " Ah tenez. Un joueur de foot aurait-il été aperçu, se signant sur le bord du terrain et embrassant son pendentif en forme de croix ? Non. Enfin, ça arrive fréquemment, mais ce n'est pas à ça que fait référence cet impétueux homme du peuple, plus connu pour ses voyages à l'ét...

" Pour moi, c'est NON ! " s'étouffe un élu sur sa page Facebook. " Non au port de signes religieux pendant les compétitions sportives ! " Ah tenez. Un joueur de foot aurait-il été aperçu, se signant sur le bord du terrain et embrassant son pendentif en forme de croix ? Non. Enfin, ça arrive fréquemment, mais ce n'est pas à ça que fait référence cet impétueux homme du peuple, plus connu pour ses voyages à l'étranger que son assiduité dans les hémicycles. Mais pourquoi ce coup de sang ? " Derrière chaque revendication de ce type se cache une autre (...) plus radicale (...) : les filles musulmanes qui ne veulent pas porter le voile y seront progressivement contraintes. " Cet avis, qui est bien entendu le résultat d'une démarche et d'un questionnement très scientifiques, n'a pas manqué de faire réagir les amis de ce monsieur : " Ils me font chier cette communauté ", " Le vivre-ensemble, belle connerie ça " et " Tu veux mettre le voile, tu rentres dans ton pays ". A ce stade, il me semble utile d'éclaircir quelques points. D'abord, le pays des Belges, même ceux qui ne ressemblent ni à Albert, ni à Paola, c'est la Belgique. Ensuite, le racisme est un délit. Si on commençait à mettre des amendes administratives à chaque personne qui s'en rend coupable sur les réseaux sociaux, le trou de la sécu serait un vieux souvenir et l'Etat nous offrirait à tous un abonnement Netflix. D'autre part, j'avoue que j'ai toujours un peu de mal avec les grandes discussions sur ce que les femmes ont ou pas le droit de porter. D'abord, parce que depuis la nuit des temps, les hommes en débattent et que, ho, hé, hein, bon. Mais surtout, parce que ces discussions se font quasi systématiquement sans le concours des intéressées. Le cas des femmes qui arborent le foulard est particulièrement flagrant : jugées soit trop soumises que pour être audibles, soit trop prosélytes que pour être écoutées, elle n'ont pas droit à la parole. Elle ont tout juste celui de nous écouter parler d'elles. Ne sont-elles pas des femmes ? Ne sont-elles vraiment que des foulards ?