A rmani Code de Giorgio Armani

L'essentiel du style du couturier italien peut se résumer à ceci : faire toujours plus simple. Armani a fait entrer la mode dans une nouvelle ère, celle de l'élégance décontractée. Il a, aussi, réinventé le look Hollywood en rendant le glamour plus subtil. La forme du flacon Armani Code est épurée et fluide, à l'image de ses robes du soir aux lignes nettes et parfaites, rehaussées d'un décolleté audacieux et soulignées de quelques broderies en arabesques. La silhouette élancée de l'écrin bleu nuit se pare d'une dentelle noire au motif oriental, brodée en transparence comme une ombre chinoise. Orient et sensualité, glamour et mystère sont des thèmes que l'on retrouve dans les tissus et les formes de la couture de Giorgio Armani. Du côté de la fragrance, la formule est courte au " tombé " impeccable. Le maestro n'aime pas l'idée du parfum qui épate, fort, perceptible, d'un seul tenant et préfère celle du sillage qui entretient un certain mystère. Armani Code est conçu dans cet esprit. En vedette, la fleur d'oranger, quintessence de la féminité, est magnifiée par quelques accents d'orange bigarade et un soupçon de gingembre. Le fond déploie une sophistication mystérieuse de bois précieux, réchauffés davantage par des notes miellées et par un halo voluptueux de jasmin Sambac.
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L'essentiel du style du couturier italien peut se résumer à ceci : faire toujours plus simple. Armani a fait entrer la mode dans une nouvelle ère, celle de l'élégance décontractée. Il a, aussi, réinventé le look Hollywood en rendant le glamour plus subtil. La forme du flacon Armani Code est épurée et fluide, à l'image de ses robes du soir aux lignes nettes et parfaites, rehaussées d'un décolleté audacieux et soulignées de quelques broderies en arabesques. La silhouette élancée de l'écrin bleu nuit se pare d'une dentelle noire au motif oriental, brodée en transparence comme une ombre chinoise. Orient et sensualité, glamour et mystère sont des thèmes que l'on retrouve dans les tissus et les formes de la couture de Giorgio Armani. Du côté de la fragrance, la formule est courte au " tombé " impeccable. Le maestro n'aime pas l'idée du parfum qui épate, fort, perceptible, d'un seul tenant et préfère celle du sillage qui entretient un certain mystère. Armani Code est conçu dans cet esprit. En vedette, la fleur d'oranger, quintessence de la féminité, est magnifiée par quelques accents d'orange bigarade et un soupçon de gingembre. Le fond déploie une sophistication mystérieuse de bois précieux, réchauffés davantage par des notes miellées et par un halo voluptueux de jasmin Sambac. A la base du " style Chanel ", on découvre une idée de pureté et d'harmonie. De la simplicité, mais aussi et surtout le luxe et le raffinement qu'on retrouve dans les détails et dans les accessoires. De l'insolite, peut-être, mais dans la discrétion. Et avant tout, le goût de la perfection, du ton juste. Aujourd'hui, Karl Lagerfeld interprète avec maestria ce style unique et inimitable, en le dynamisant et en l'électrisant, saison après saison, par un formidable souffle de jeunesse. Moderne et contemporaine, la robe du soir de l'hiver 2006 affiche de nouveaux volumes. En version courte, elle est gonflée, soufflée et bouillonnée, elle se pare d'arabesques et de paillettes, se pique de n£uds de satin, s'orne de broderies de feuilles et de fleurs bijoux. Longue, elle s'étire en fourreau ou suit une ligne plus évasée et se couvre de broderies précieuses, de camélias géants ou de plumage de tulle. Même recherche de modernité et de raffinement pour Allure Sensuelle, nouvelle composition olfactive de la maison qui réinvestit les valeurs du luxe et de la couture avec une formule riche, classique et admirablement architecturée. A la fois orientale, fraîche, fleurie, fruitée et boisée, elle laisse un sillage moelleux et légèrement poudré, très agréable. Lorsque la maison de couture ouvre ses portes en 1932, le style " garçonne " est en plein boom. Or, l'esprit Ricci va d'emblée à contre-courant de ces silhouettes épurées et androgynes et propose un style résolument féminin, parisien, vaporeux, plein de poésie et de romantisme. Au fil des années, il ne se démentira jamais et encore aujourd'hui, il privilégie matières souples et aériennes, aux tombés fluides et aux imprimés subtils et délicats. Tout est dans le détail. La féminité exacerbée transparaît dans ces volants de mousseline ou de dentelle qui ornent les robes et les jupes, dans cette bretelle de lingerie qui joue le jeu du dehors-dedans ou encore dans ce travail de broderies aux couleurs chatoyantes. Ces cascades de matières vaporeuses ont inspiré Nina, le dernier parfum de la maison. Joliment rond, le flacon rose traversé par un flash rouge comme un coup de blush, est précieux et délicat. On a envie de le saisir dans le creux de la main comme pour le protéger. Nina s'exprime à travers une écriture florale qui interprète admirablement les codes de la fluidité, de la soie et des dentelles. La fragrance s'emballe dans un accord léger et spontané de citron de Calabre et de citron vert Caipirinha. Son c£ur bat au rythme de la pomme d'amour, caressante et caramélisée. En fond, le bois de pommier et le cèdre blanc tissent un sillage soyeux et rassurant. En 2006, la griffe britannique fête son 150e anniversaire. Depuis l'origine, son style révèle le classicisme teinté d'originalité et une élégance décontractée d'une femme urbaine, active et dynamique. La marque de fabrique ? Le légendaire tartan Nova Check. Décliné en version XS ou XXL, il se pose sur des sacs, des parapluies et des écharpes, s'invite en petites touches sur des chemisiers, jupes et vestes et... se matérialise sur le flacon du nouveau parfum par un véritable morceau d'étoffe. Le jus ? Il capture l'esprit de Londres, avec ses excentricités et ses contradictions, de l'élégance du quartier de Mayfair à l'éclectisme de celui de Portobello. Ce floral gourmand nous transporte dans un jardin anglais, un matin de printemps lorsque la lumière naissante fait briller les pétales et que l'air un peu vif exalte les senteurs enivrantes. Le départ fait chanter les notes féminines de rose et de chèvrefeuille. Puis les notes délicates de tiaré, de jasmin et de pivoine se prolongent dans le fond où elles sont soulignées par un sillage de bois de santal, de voile de musc et de patchouli. Indissociable du prêt-à-porter, ce parfum est un véritable accessoire de mode. Le 12 février 1947, dans un salon de l'avenue Montaigne, Christian Dior présente sa première collection. Le thème " Corolles " et, surtout le tailleur Bar, avec les épaules arrondies, la taille marquée, le buste saillant et les hanches épanouies, suscite une véritable " standing ovation ". Le célèbre New-Look est né. Ce succès n'aurait pas pu être complet sans la création, la même année, de la première fragrance du couturier, simplement nommée " Miss Dior ". Christian Dior l'a conçue pour " habiller chaque femme d'un sillage de désirs ", en parfaite osmose avec le New-Look. La composition très contrastée joue sur l'opposition entre les notes vertes et fraîches et un fond chaud, chypré. On retrouve la même dualité dans le flacon très haute couture, au motif pied-de-poule, assorti d'un n£ud en satin ultraféminin. Plusieurs décennies ont passé. John Galliano a superbement modernisé et actualisé le célèbre tailleur Bar de Christian Dior. Il lui fallait " son " parfum, un jus en phase avec l'esprit des jeunes femmes d'aujourd'hui. Tradition oblige, " Miss Dior Chérie " est toujours aussi chypré et distingué, mais il s'offre une nouvelle note gourmande et impertinente de pop-corn caramélisé et de sorbet fraise des bois. Le design du flacon est plus élancé, affiche le décor pied-de-poule sur les côtés et une signature en pleins et déliés argent sur le devant. Retour à l'année 1952. Hubert de Givenchy fait fureur avec un nouveau style : les " séparables ", jupes légères et blouses à manches bouffantes et flottantes en coton brut. L'année suivante, le couturier rencontre Cristobal Balenciaga, " l'architecte de la mode " dont il deviendra le " fils adoptif " et Audrey Hepburn. Ces deux rencontres décisives détermineront l'esprit définitif de la maison. La femme Givenchy a des hanches fines, un cou de cygne et un port altier. Son corps de liane se pare de lignes structurées et épurées à l'extrême. Son allure élégante et un brin aristocratique est contrasté par un " twist ", un détail hautement fantaisiste ou une touche d'humour. Le noir et le blanc sont souvent à l'honneur. Ange ou Démon, la nouvelle composition olfactive de la maison, fait admirablement revivre ces valeurs. Elaborée dans la pure tradition de la grande parfumerie française, elle n'hésite pas à faire appel à une signature novatrice et originale. La fragrance est taillée dans des matières sensuelles, utilisées pour la première fois en parfumerie : le lys noble et l'absolu de chêne. Dans les doublures et les ourlets on hume quelques notes de thym, d'orchidée, de vanille et de fève tonka. Inspiré d'une pampille de lustre, le flacon symbolise une fête dans une belle demeure. Dans ses facettes se reflètent tantôt des nuances blanches et transparentes, tantôt noires et opaques. Barbara Witkowska