L'amaretto ? Cet alcool très latin, " une folie italienne ", a séduit Olivier Cresp, compositeur de parfums chez Firmenich et auteur de Gloria, le nouvel oriental signé Cacharel. Pour cette même marque, Olivier Cresp avait déjà conçu Noa, un jus féminin, très fleuri, où la pivoine tient la vedette, enrobée de notes musquées. " Gloria a demandé deux ans de travail, explique le parfumeur. Après Noa, j'avais envie, intuitivement, d'un oriental. Mon intuition a été corroborée par la vogue des petits verres à thé marocains, avec leurs couleurs miroitantes, moirées, irisées, très chatoyantes. " Pour se différencier des orientaux existants, toujours très complexes, Olivier Cresp choisit une architecture très simple, minimaliste, composée de 15 matières premières. " L'accord de base réunit de l'ambre gris, de la vanille, du benjoin et de la fève tonka, poursuit-il. Le cèdre de l'Atlas amplifie la chaleur, l'hibiscus et la rose font l'éloge de la féminité, le poivre blanc de Madagascar exalte la puissance. Enfin, l'amaretto apporte cette touche de folie, complètement inédite. Il évoque une note de cerise rouge, poudrée, amandée, sans tomber toutefois dans le gustatif. C'est un parfum qu'il faut essayer sur la peau, car il est addictif. Il peut avoir une ...

L'amaretto ? Cet alcool très latin, " une folie italienne ", a séduit Olivier Cresp, compositeur de parfums chez Firmenich et auteur de Gloria, le nouvel oriental signé Cacharel. Pour cette même marque, Olivier Cresp avait déjà conçu Noa, un jus féminin, très fleuri, où la pivoine tient la vedette, enrobée de notes musquées. " Gloria a demandé deux ans de travail, explique le parfumeur. Après Noa, j'avais envie, intuitivement, d'un oriental. Mon intuition a été corroborée par la vogue des petits verres à thé marocains, avec leurs couleurs miroitantes, moirées, irisées, très chatoyantes. " Pour se différencier des orientaux existants, toujours très complexes, Olivier Cresp choisit une architecture très simple, minimaliste, composée de 15 matières premières. " L'accord de base réunit de l'ambre gris, de la vanille, du benjoin et de la fève tonka, poursuit-il. Le cèdre de l'Atlas amplifie la chaleur, l'hibiscus et la rose font l'éloge de la féminité, le poivre blanc de Madagascar exalte la puissance. Enfin, l'amaretto apporte cette touche de folie, complètement inédite. Il évoque une note de cerise rouge, poudrée, amandée, sans tomber toutefois dans le gustatif. C'est un parfum qu'il faut essayer sur la peau, car il est addictif. Il peut avoir une double lecture. Il est chaud et sensuel, voire un peu plus, disons qu'il est coquin. Ce n'est pas un parfum innocent. "Sans marquer une rupture avec les parfums du passé de Cacharel, Gloria signe plutôt un changement. Le nom n'est pas un prénom féminin. Gloria évoque tout simplement la gloire des femmes, leur liberté, leur rayonnement, leur volonté d'être " actrices de leur propre vie ". L'Eau de toilette s'accompagne d'une série de produits dérivés, dont l'élaboration a demandé un an de travail. L'esprit du parfum est, certes, omniprésent avec le poivre comme passerelle commune. Chaque déclinaison a toutefois sa propre personnalité. L'Eau de toilette est cédrée, le Lait corporel est boisé, dans la Brume fraîcheur pour le corps, la feuille de cassis et la mandarine se donnent la réplique. Dans l'Huile pour le bain, un couple de céréales, le riz et le maïs, est mis en vedette. A souligner : cette huile est également conçue comme huile de massage. La dernière nouveauté est une bougie parfumée pour la maison. Elle interprète la composition de Gloria d'une manière très épicée avec une forte présence de cardamome et de safran. " La consommatrice pourra mélanger ces produits dérivés selon ses envies, pour créer son propre sillage, très personnel ", conclut Olivier Cresp.Comme des notes de musiquePour Christine Nagel, parfumeur chez Quest, les matières premières sont comme des notes de musique. " On n'invente rien, souligne la jeune femme. Cela dit, dans la façon de traiter les ingrédients, on peut faire évoluer les accords. En mettant en évidence, par exemple, les facettes différentes des composants. Aujourd'hui, nous avons une vision macroscopique sur des choses microscopiques. Nous changeons notre regard, en le déplaçant latéralement. La consommatrice, plus éduquée, est prête pour ce changement. Dans Mémoire d'Homme, le nouveau masculin de Nina Ricci, par exemple, j'ai mis en évidence la facette glaciale de la muscade qui n'est pas sa facette la plus connue. En travaillant le vétiver, j'ai accentué sa facette " sève ", plus souple. Cela dit, même si ce nouveau parfum annonce un virage moderne, il a fallu préserver une certaine tradition, caractéristique de la maison Ricci. Pour revenir aux sources, nous nous sommes plongés dans des textes anciens. On y parle beaucoup de baumes et de résines. A l'époque, on en faisait des mélanges et c'étaient des parfums en soi, très séducteurs. Dans un texte, je suis tombée sur le baume appelé l'opoline. Je me suis posé la question de savoir comment j'imaginerai ce baume aujourd'hui. Dans ma version, l'opoline est un mélange d'ambre, de ciste, de myrrhe et d'opopanax. " Christine Nagel vient également de composer Histoire d'Eau, le tout nouveau et le second parfum du joaillier Mauboussin. Très innovante, se démarquant des Eaux existantes sur le marché, en général florales, cette nouvelle fragrance est une " claque d'épices ", une " vision glaciale des épices, travaillées dans l'insolence ". Le ton est donné par l'elémi, une gomme poivrée qui s'épanouit dès le départ dans un jaillissement pétillant. Le poivre rose prolonge cette sensation olfactive poivrée. Le ciste labdanum offre sa facette transparente, la mandarine verte, fraîche et veloutée, joue une séductrice avertie et le bois de gaïac est troublant de féminité. Précieuse et moelleuse, Histoire d'Eau est comme un " bijou liquide ", amoureux de la peau. Chez Rochas, on explore l'univers des mers lointaines, fascinant, intrigant et générateur de rêves. L'évocation des îles exotiques et paradisiaques ne suffit-elle pas pour purifier l'âme et apaiser la peau ? Michel Almeirac, parfumeur chez Robertet, a imaginé Aquawoman, senteur fluide et sensuelle qui nous plonge instantanément dans une bulle de bien-être. Le créateur a laissé vagabonder son imagination pour nous donner son interprétation, très personnelle, des émotions olfactives procurées par la criste-marine, la nacre et le corail, ingrédients inédits en parfumerie. La criste-marine ? C'est une plante grasse comestible à fleurs, de couleur vert bleu. Elle pousse sur les rochers au bord de l'eau, notamment à la Côte d'Azur et appartient à la famille des ombellifères. On l'appelle également la " perce-pierre " ou la " griffe de belle-mère ". Sa couleur hésitant entre le vert et le bleu et son odeur subtile s'associent admirablement à l'évocation apaisante et turquoise des lagons lointains, à l'esprit de sensualité et de communion avec la nature. La nacre et le corail sont des senteurs purement imaginaires, conceptualisées par Michel Almeirac. On sent des notes pleines de douceur et de pureté qui évoquent admirablement le côté poudreux et immaculé de la nacre et du corail. La composition nous transporte vers des espaces grandioses où des plages sans fin déroulent leurs tapis de sable blanc. " Aquawoman capte l'esprit du paradis, de l'évasion vers la sérénité et l'harmonie, souligne Cathy Buyens, responsable des relations publiques chez Cosmopolitan Cosmetics à Bruxelles. Quand on s'enveloppe dans ce parfum, on ferme les yeux, on se concentre. On oublie tout et on se laisse bercer par ce que l'on ressent. "Barbara Witkowska