Le féminisme, une valeur qui vous touche ?

En soi, on est tous d'accord avec cette notion. Ce qui est délicat aujourd'hui, c'est que les pionnières, certainement indispensables, ont aussi été très radicales. Le discours actuel se doit d'être plus rassurant pour les hommes : on ne veut pas leur ôter une partie de leur pouvoir, on veut aborder les choses différemment.
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En soi, on est tous d'accord avec cette notion. Ce qui est délicat aujourd'hui, c'est que les pionnières, certainement indispensables, ont aussi été très radicales. Le discours actuel se doit d'être plus rassurant pour les hommes : on ne veut pas leur ôter une partie de leur pouvoir, on veut aborder les choses différemment. Non, mais il faut d'abord accepter que les instincts, les besoins et donc les fonctionnements ne sont pas les mêmes. C'est inscrit en nous et cela n'a rien de sexiste. Après, l'effort pour arriver à plus d'égalité doit passer par l'éducation : les uns doivent apprendre à respecter, les autres à se faire respecter davantage. Auriez-vous eu envie d'être un homme ? Oui, parce qu'en tant que mère, à un moment, je me suis sentie coincée : je voulais travailler, avoir des enfants et je trouvais que c'était très dur et fatigant. Je rêvais d'être un homme parce qu'il n'y a pas le même degré d'engagement : ils peuvent avoir des gosses sans que cela ait la même implication. Mais cette envie est passée... Au niveau professionnel, je crois que c'est de ne plus plaire. De ne plus être en phase. Comme les raisons du succès ou de l'insuccès m'échappent, cela m'effraye. C'est aussi l'inquiétude de ne pas pouvoir continuer un métier que j'aime, ou que le plaisir se tarisse. Ma famille c'est le centre, le coeur. Et puis après, dans les moments plus durs, ce sont les amis : leur soutien, leur intelligence, leur disponibilité m'ont renforcée. Dans le travail, j'aime être autonome mais faire partie d'une fratrie dans laquelle j'évolue en confiance. Je suis très sensible aux critiques. Aujourd'hui, ce que je ne voudrais pas entendre, c'est que je suis ringarde. Que je devienne vieille, c'est une réalité, mais ringarde... C'est excitant d'essayer une nouvelle discipline : il y a moins de travail sur les personnages, la mise en scène... Le rythme est plus rapide et la forme plus légère. Et ce qui change tout, c'est que je m'y exprime en tant que Laurence, il n'y a pas vraiment un personnage, ce qui modifie l'écriture du texte, mais aussi le rapport au public. Féminité, égalité, virilité, au théâtre de la Toison d'or, à 1050 Bruxelles. www.ttotheatre.be Du 29 janvier au 1er février prochain. Bibot debout !, au Kings of Comedy Club, à 1050 Bruxelles. www.kocc.be A partir du 12 mars prochain. PAR STÉPHANIE GROSJEAN" Je suis très sensible aux critiques. "