Carnet d'adresses en page 58.
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Carnet d'adresses en page 58." J e n'ai pas beaucoup de moments à moi alors quand je fais du shopping, j'y vais à fond ." Cathy Guetta, reine de la nuit et businesswoman, n'est pas du genre, on s'en doutait, à faire les choses à moitié. Quand elle est en retard, elle ne fait pas semblant. Mais quand elle arrive enfin au rendez-vous, chaussée d'Adidas cosmiques dénichées à Londres, elle se montre disponible comme personne. Celle qui s'est imposée comme la grande ordonnatrice de la jet-set parisienne û avec extension à Ibiza et à Saint-Tropez û a ses endroits de prédilection dans la Ville lumière. Des adresses ludiques, pétillantes, taillées à son image de fashionista hypertonique. Ne vient-elle pas de lancer Ibiza, un parfum glamourissime niché dans une boule argentée à facettes ? A la voir s'amuser avec Anna, la boss de Carlota (4), son institut de beauté fétiche de l'avenue Hoche, essayer les derniers accessoires de mode exposés dans le lobby, on se dit que Cathy est de toute évidence en territoire ami. " A 12 ans, j'implorais ma mère pour aller à l'école en talons compensés, s'esclaffe-t-elle. La directrice de l'école était scandalisée ! Mais c'est comme ça, je rêvais de fringues et de musique en regardant les Clodettes à la télé. " Elevée sur la côte varoise, Cathy écumera tous les petits boulots avant de rejoindre la capitale, à 22 ans, sur les recommandations d'un responsable du Palace, le club mythique des années 1980. Une période de fins de mois incertaines où Cathy, barmaid de nuit, partage avec son copain et futur mari David Guetta, étudiant en droit à Nanterre le jour et DJ la nuit, un studio de 25 m2 rue d'Aligre près du quartier de la Bastille. Elle n'était pas encore la directrice artistique (et la future associée) de la fameuse boîte Les Bains qui lui vaudra un premier retour sur investissement médiatique. Le couple Guetta habitera douze ans ce quartier bohème de la rive droite parisienne, où il conserve encore aujourd'hui ses habitudes. Chez Swann et Vincent (6), par exemple, restaurant italien et cantine favorite des comédiens Jean-Pierre Darroussin et Karin Viard. Dans un cadre de bistrot tout en vitres biseautées et carrelage lustré, Cathy vient régulièrement y déguster des pâtes aux fruits de mer dont elle raffole. Une adresse antipaillettes, sans voiturier ni lunettes noires, qu'elle partage de préférence sous la forme d'un duo amoureux. Plus confidentiel encore, à deux pas de là, dans la rue de Charonne (qui concentre, dans un esprit de village, des galeries de design de référence), il y a la boutique Shine (9), tenue par Vinci d'Elia. Depuis un an, la jet-seteuse écume les moindres recoins de ce magasin de vêtements et d'accessoires réparti sur un double étage, dans un mélange décoratif de brutalisme et de notes baroques. Acheteuse impulsive revendiquée, elle vient y dénicher de préférence les exclusivités Free Lance ou les dernières chaussures de Marc Jacobs. En ouvrant coup sur coup, La Suite (1), le restaurant designé par Imaad Rahmouni et le Pink Paradise (10), la boîte de strip-tease la plus tendance de Paris, Cathy Guetta a participé amplement au come-back glamoureux des Champs-Elysées. Canapé en cuirs blancs, franges fuchsia, galerie de néons colorés et miroirs vénitiens confèrent à La Suite une ambiance qui doit autant au clubbing qu'aux nouveaux hôtels confortables et ludiques des grandes capitales. Le Pink Paradise, connu aussi sous le nom de Pink Platinium û appellation évoquant tout à la fois la brillance du satin et la rutilance de la carte de crédit master goldisée û, est aussi un pur produit des " ateliers " Rahmouni. L'architecte d'origine algérienne a également aménagé dans un esprit similaire mais moins extraverti le B4 (3), dans le Marais, autre resto contemporain de prédilection de Cathy. Son nouveau fief demeure cependant le VIIIe arrondissement. " Un peu par la force des choses ", dit-elle. Entre l'Etoile et la rue Ponthieu sont implantés ses bureaux et ses établissements (auxquels il faut additionner le restaurant Le Tanjia), une raison suffisante pour déménager et habiter à proximité du très résidentiel parc Monceau. Une boutique sur le parcours devait forcément attirer son attention. C'est à coup sûr Biondini (2), sur les Champs, qu'elle retient. Le shoes store multi-marques et haut de gamme de chaussures hyprasexy, connues de tous les fétichistes du talon aiguille et adulé par tous les inconditionnels de la bride vynilée, a l'excentricité de son tempérament. " J'aime le décalage, mais pas la provocation ", tient cependant à préciser Cathy qui insiste pour que son soutien-gorge griffé Fifi Chachnil reste pudiquement dissimulé pour la séance photo. De toute la gamme de sous-vêtements inspirée par les pin-up des années 1950 et dessinée par l'ancienne créatrice de costumes de scène pour Pierre et Gilles ou Lio, ce n'est ni le vert anis, ni le bleu lilas mais le rose bonbon que Cathy adopte les yeux fermés. Son goût pour les tissus capitonnés et l'esprit boudoir lui fait apprécier également l'atmosphère cosy et pouponnée de l'hôtel Costes (5), où elle donne ses nombreux rendez-vous. Cette adresse très prisée de la rue Saint-Honoré, à quelques mètres de la boutique ultrabranchée Colette, ne lui fait pas changer d'avis sur ses envies de migration. " Si je devais choisir un coin pour vivre à Paris, confie-t-elle, j'irai du côté de la rue Montorgueil, une piétonne dans le IIe arrondissement. Un esprit ouvert et convivial qui me va bien. " C'est d'ailleurs dans la rue Tiquetonne (7), une transversale à Montorgueil, que Cathy se rend fréquemment, en mère de famille, chez Notsobig (8), accompagné d'Elvis Guetta, 15 mois. Dans ce magasin de jouets particulièrement bien fourni en peluches décalées règne une quiétude qui tient à la zénitude de la décoration immaculée. Du blanc, rien que du blanc, oui, ça repose du dance-floor. Antoine Moreno - Photos : Renaud Callebaut