Quels sont vos points communs avec votre héros, Harry ?

Tout comme lui, je suis un grand cinéphile et je souffre d'insomnie. Je possède aussi ce côté mélancolique, que je cache en public. N'étant pas un livre ouvert, je ne compte jamais écrire d'autofiction.
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Tout comme lui, je suis un grand cinéphile et je souffre d'insomnie. Je possède aussi ce côté mélancolique, que je cache en public. N'étant pas un livre ouvert, je ne compte jamais écrire d'autofiction. Charlotte Rampling, Isabelle Huppert ou Fanny Ardant. Des femmes mystérieuses, dangereuses, au parfum de sensualité. Bach, Mozart, Tchaïkovski et beaucoup d'autres. Alfred Hitchcock. La fin ( rires) ! Je doute tout le temps. C'est une qualité indispensable pour être un vrai écrivain. Un peu... Ma garde-robe se compose de jeans noirs ou marine, de tee-shirts noirs, de chemises foncées et de trois costumes noirs. Le moins qu'on puisse dire, c'est que je suis sobre. Je ne suis ni branché marques ni branché créateurs. Vu que je déteste la flamboyance vestimentaire, je demeure chic, mais simple. J'adore manger, mais je ne suis pas amateur de grands restaurants à 200 euros par personne. Comme j'ai été pauvre, l'idée de dépenser autant d'argent me semble inconcevable. Je préfère dîner dans un bistrot de Saint-Germain-des-Prés, un quartier que j'adore. Avant d'entamer ma carrière d'écrivain, je cuisinais tout le temps. Mais comme je n'ai plus le temps, je suis adepte du micro-ondes. Le pays de Simenon, qui est omniprésent dans ma vie. Et celui des frères Dardenne, dont " La Promesse " est un chef-d'£uvre. A Bruxelles, j'adore le quartier à proximité de la Bourse. Enfin, Anvers est un petit bijou. Trouver un traitement pour mon fils autiste. Dans ce roman, il n'y a pas vraiment un côté surnaturel. Je préfère l'idée d'une dimension spirituelle, telle que je la perçois dans la musique. Même si je suis athée, je suis intrigué par ce qui peut advenir après la mort. Un jour, j'ai vu un homme claquer devant moi en une seconde. On est resté des heures avec ce cadavre au milieu des bois... ça a beau être horrible, il s'agit d'un fait biologique naturel. Même si je préfère être là qu'ailleurs, il faut démystifier la mort. La vie est une lutte, emplie de mélancolie. Mais, si je pouvais éviter de la quitter au cours des quarante prochaines années, ça m'arrangerait. Humphrey Bogart. C'est le " tough guy " (chouette mec) par excellence ! Quel en est le but ? A 350 ans, je serais fatigué. C'est le paradoxe de la vie : la mort est omniprésente et pourtant, on lutte sans cesse contre l'idée qu'elle va nous rattraper. D'ici à 100 ans, tout le monde sera mort dans ce café. Alors, autant maintenir la curiosité et l'espoir. Bien que la vie soit souvent difficile, n'est-ce pas un bonheur d'être là, ici et maintenant ? " La Femme du Ve ", par Douglas Kennedy, Belfond, 378 pages.Propos recueillis par Kerenn Elkaïm