Le 8 octobre dernier, la Chine remportait le championnat du monde de dégustation de vin à l'aveugle. Alors que les Belges peuvent s'estimer satisfaits de leur quatrième place sur 21 (malgré la perte de deux rangs par rapport à 2015), la nouvelle a eu l'effet d'un lendemain de cuite outre-Quiévrain. Pensez donc, la mère patrie du nectar des dieux, le terroir des vignobles les plus prestigieux, qui se fait mettre une dérouillée par un Etat jusqu'il y a peu totalement ignare en la matière ? Sauf que...

Le 8 octobre dernier, la Chine remportait le championnat du monde de dégustation de vin à l'aveugle. Alors que les Belges peuvent s'estimer satisfaits de leur quatrième place sur 21 (malgré la perte de deux rangs par rapport à 2015), la nouvelle a eu l'effet d'un lendemain de cuite outre-Quiévrain. Pensez donc, la mère patrie du nectar des dieux, le terroir des vignobles les plus prestigieux, qui se fait mettre une dérouillée par un Etat jusqu'il y a peu totalement ignare en la matière ? Sauf que le propos tient plus de la fanfaronnade gauloise que de la réalité. Des historiens ont en effet pu démontrer que le jus de la treille est né il y a 7 500 ans... en Géorgie ! Oublié sous l'ère soviétique, ce savoir-faire ancestral, où il est question de jarres de terre plutôt que de flacons de verre, est en passe de retrouver ses lettres de noblesse. A tel point que les plus belles découvertes pourraient bien, dans un avenir proche, arriver de cette région trop longtemps rayée de la carte viticole. Et si les Français n'en sont pas encore convaincus, c'est que, dans le domaine, les coutumes sont tenaces. Les préjugés également. A commencer par celui qui voudrait que les compétences y soient l'apanage des hommes : pour preuve, soutiennent les partisans de cette thèse un brin réac', les mecs y sont encore largement mieux représentés que leurs compagnes. Les chiffres montrent pourtant que ces dernières sont plus nombreuses qu'on ne le pense à se faire sommelières ou vigneronnes : aujourd'hui, 50 % des diplômés en oenologie sont des diplômées. De là à cautionner une autre idée reçue en évoquant une délicatesse, une finesse et une légèreté toutes particulières à leurs créations... " Il est très difficile de déterminer le sexe de l'auteur(e) d'un vin. Il est même amusant de voir des vins d'hommes être qualifiés de vins "féminins" et vice versa ", avance la Liégeoise Sandrine Goeyvaerts dans Jamais en carafe, son guide pratique teinté d'humour récemment paru chez Hachette. Sur son blog La Pinardothèque, la caviste et chroniqueuse chevronnée - elle signe dans Libération, Le Monde, Elle, Rue 89 et Le Vif L'Express - va même plus loin : " Vins au féminin : mes couilles, oui ", clame crânement cette grande pourfendeuse des clichés liés au genre. Messieurs les Chinois (les autres aussi, d'ailleurs), prenez donc garde à choisir vos mots lors d'une prochaine compétition internationale. RÉDACTRICE EN CHEF DELPHINE KINDERMANSAUJOURD'HUI, 50 % DES DIPLÔMÉS EN OENOLOGIE SONT DES DIPLÔMÉES.