Elle s'est glissée à ses côtés dans la limousine rutilante, le bal était fini, il avait desserré le noeud papillon qu'il portait depuis l'aube, ils s'étaient levés tôt, le garde du corps veillait au grain, était-ce à Cannes, sur la Croisette ? On pourrait le croire. N'était le blason présidentiel. Et la robe crème volantée créée par Hervé Pierre, entrée au musée depuis. Et la date, 20 janvier 2017, le jour de l'investiture du 45e président des Etats-Unis. On s'illusionnerait de même à penser que ce cliché saisissant est l'oeuvre d'un paparazzi chanceux ou plus malin que les autres. En réalité, il faut être très proche, si pas intime, de Melania et Donald Trump pour être là à l'instant T, clore ainsi, avec tant d'aménité, ce moment d'histoire puis le signer Régine Mahaux. La photographe belge connaît le couple depuis longtemps déjà, le cliché officiel de la First Lady, c'est elle. " Cela fait dix ans que j'ai l'exclusivité de leurs portraits et de leur communication familiale, c'est un travail de longue haleine " - le voici aujourd'hui couronné, accroché aux cimaises de la Vogelsang Gallery durant la Scope Miami Art Fair, imprimé sur aluminium ChromaLuxe, format 170x113, on ne pourra pas le rater. Elle y exposera aussi deux autres portraits pris par elle, qui résument parfaitement ses intuitions de narration, celui de la fille d'Andie MacDowell faisant ses premiers pas au bal des débutantes, pieds nus au sommet d'une échelle dépoussiérant le lustre à pampilles, et celui du regretté Jeff Bodart, en diptyque prémonitoire, à cheval, de face et puis de dos, on dirait qu'il s'en va. A part ça, Régine Mahaux aime les princesses, " je ne sais pas d'où cela vient ", les cadre avec ce petit sourire entre narquois et bienveillant qui entend rendre la vie plus pétillante. Elle n'en finit pas de savourer son bonheur. " J'ai la chance d'avoir été choisie par les plus grands de ce monde. Et ce choix, c'est déjà le début d'une histoire. "