Il y a des gens qui aiment se simplifier la vie. C'est le cas de ce collectionneur d'art. Pour ses besoins professionnels, il cherchait un entrepôt. Quand il a visité cet ancien atelier, niché à Ivry-sur-Seine, aux portes de Paris, il a d'emblée été séduit par le dynamisme du quartier des Farines : de nombreux artistes y ont posé leurs valises, des universités sont en projet et les initiatives culturelles foisonnent. " Les quartiers où s'établissent les artistes sont les quartiers qui se développent, s'enthousiasme notre interlocuteur. C'est vrai partout, ic...

Il y a des gens qui aiment se simplifier la vie. C'est le cas de ce collectionneur d'art. Pour ses besoins professionnels, il cherchait un entrepôt. Quand il a visité cet ancien atelier, niché à Ivry-sur-Seine, aux portes de Paris, il a d'emblée été séduit par le dynamisme du quartier des Farines : de nombreux artistes y ont posé leurs valises, des universités sont en projet et les initiatives culturelles foisonnent. " Les quartiers où s'établissent les artistes sont les quartiers qui se développent, s'enthousiasme notre interlocuteur. C'est vrai partout, ici comme ailleurs ! " Mais à ces considérations générales, s'est ajouté le coup de foudre pour le bâtiment... qui est ainsi devenu habitation. Pour aménager l'ancien atelier en maison contemporaine, il a été fait appel à Charles Berthier et David Llamata, deux jeunes architectes qui avaient déjà à leur actif des réhabilitations particulièrement réussies. Le commanditaire souhaitait un univers empreint de simplicité, calme, fluide, sans portes ni mezzanine... Sensibles à cette intention, les deux architectes ont créé un long mur (d'une douzaine de mètres) pour séparer, sans les isoler, la vaste salle de séjour et la chambre. A l'une des extrémités, ils ont installé une cuisine - un bloc de béton surélevé, très minimaliste - et à l'autre, ils ont dissimulé les toilettes. La paroi est en biais, ce qui dynamise les volumes. Elle est doublée, du côté du coin nuit, d'une succession de petites " cases " où ont pris place une salle de bains, un bureau... Les murs sont blancs, les sols en béton teinté et ciré, le parquet de la chambre en chêne noirci. Pour meubler ce bel espace, le collectionneur d'art s'est adressé à des galeries parisiennes. Somptueux, le mobilier en acier de Bernar Venet, représenté par la galerie Rabouan-Moussion : bibliothèques, canapé, table basse, table de la salle à manger et lit ont été conçus, dessinés et réalisés par le maître contemporain des grandes formes métalliques. Tout aussi remarquables, un ensemble de sièges signés Pierre Guariche (galerie à Rebours de Patrick Favardin) et le grand lustre " Dear Indigo ", à géométrie variable, créé par Ron Gilad (ToolsGalerie). Les £uvres d'art sont à la mesure de la beauté de l'espace et de la qualité du mobilier. De nombreuses pièces proviennent de la ToolsGalerie. Dans la chambre, on remarque l'élégante " Cow chair " (en peau) du Néerlandais Niels van Eijck et cette table, réalisée avec des catalogues lacérés, du Belge Charles Kaisin. Il y a aussi des sculptures de Bernar Venet, des " Drapeaux " de Jean-Pierre Raynaud et une étonnante collection de photos du Russe Oleg Kulik que représente la galerie Rabouan-Moussion. Une mise en scène qui révèle le goût très sûr de l'heureux propriétaire et qui fait de cette maison une véritable £uvre d'art. Reportage : Luxproductions. com