Carnet d'adresses en page 104.
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Carnet d'adresses en page 104.Le Touquet ? L'une des stations pionnières (trente ans cette année) parvenue au meilleur de la thalassothérapie. Les deux hôtels attenants, Novotel (***) et Ibis (**), bâtis sur ses flancs, ont les pieds dans l'eau et se livrent une fausse concurrence sous l'égide du groupe Accor. Novotel est en train de se refaire une beauté. Le hall d'entrée comme une vague, le restaurant avec vue sur mer, les chambres lumineuses, avec leur mobilier contemporain de bois clair, sont un avant-goût de ce qui attend le curiste. Le centre de thalasso, tel un vaisseau futuriste entièrement habillé de verre, flotte au-dessus de la plage. Cette situation exceptionnelle et un dynamisme particulier font du Touquet une station que le vent du large pousse du côté du succès absolu. Tous les soins d'hydrothérapie classique (bains bouillonnants, bains hydromassants, douches sous-marines, douches au jet) vont dans le même sens : retrouver la pleine forme (cela concerne aussi les jeunes mamans), éliminer nos toxines, stimuler les fonctions vitales, retrouver des jambes toniques. Les hommes (40 % de la clientèle) sont gâtés. Avec la cure " Masculin Tonic ", ils ont au programme cinq soins de thalasso par jour, deux soins esthétiques durant le séjour (ils y prennent goût) et un programme musclé d'activités physiques, en eau, en plein air et en salle. L'Institut de Beauté connaît un beau succès. Il y a quatre ans, on y dénombrait trois cabines de soins. Aujourd'hui, il y en a onze ! L'esthétique progresse. Forte de ce constat, la direction innove avec deux nouveaux soins exclusifs et pointus. Le premier, le DHE-Age, est un traitement antiâge à base de yam sauvage, source naturelle de DHEA, la fameuse molécule de jeunesse. Le second, Botu-like, consiste en des injections supracutanées d'une molécule spécifique qui cible les rides d'expression, sans avoir les effets paralysants du Botox. Les innovations ne s'arrêtent pas là. Depuis le début d'année, le centre propose une cure inédite, la Femme Nouvelle. Le programme comprend trois soins esthétiques par jour pendant six jours, mais pas de thalasso. Au menu : quatre soins Botu-like, quatre soins DHE-Age, gommages, hydratation, des massages du corps, des pieds, des mains et du cuir chevelu. Le bien-être, des pieds à la tête ! La salle de gym est un autre atout. Le cours classique de gym, tout en douceur, et le cours " spécial dos " attirent beaucoup de curistes. On y apprend beaucoup de choses sur la bonne manière de se servir de sa colonne vertébrale et on en part " redressé ". Dans le souci de privilégier la qualité à la quantité, Bernard n'accepte que quatre personnes à ses cours. Il faut s'inscrire la veille. Dernier point fort ? Le volet culturel. Trois fois l'an, Agora, une structure spécifique créée par le groupe Accor, organise des semaines à thèmes : théâtre, jazz ou musique classique. On se cultive en peignoir et c'est vraiment très agréable. On vient donc au Touquet pour recharger ses batteries, se refaire une beauté, occuper son esprit, mais aussi se détendre avec élégance. La ville a été baptisée " Paris-Plage ", par le rédacteur en chef du " Figaro ", amoureux du site, avant la Grande Guerre. Le surnom demeure. Le Touquet, ce sont des kilomètres de sable fin, des hectares de bois, un des plus beaux golfs d'Europe avec un dix-huit trous sur fond de mer et un autre en forêt, mais aussi des antiquaires, des boutiques chics et une succession de superbes villas des années 1930 qu'on contemple avec ravissement. Idéal pour les amateurs de grand air qui souhaitent garder un pied dans la vie citadine. Rien n'est plus dépaysant que de dormir à Marrakech, à dix minutes de la place Djema'a el-Fna et de la mosquée Kutubiyya. Et se faire dorloter dans un spa, conçu dans la tradition des rites de beauté orientaux, c'est le bonheur absolu. L'hôtel, battant pavillon Sofitel, mêle le charme d'une décoration marocaine et le confort d'un établissement de classe internationale. Dans les chambres, on se prélasse dans une ambiance chaleureuse, déclinée en rouge et en ocre et on ne se lasse pas de contempler, de la terrasse, les montagnes du Haut Atlas. L'hôtel comporte une grande piscine découverte, un jardin exotique, un piano-bar et deux restaurants. Au Palmier, on prend le petit déjeuner. A midi, un superbe buffet enchante le regard par ses couleurs appétissantes et flatte les papilles par ses saveurs exquises. Le couscous est succulent. Le soir, on dîne à l'Orangerie. Dans un décor très raffiné, on déguste des plats gastronomiques, inspirés de la cuisine française... Le spa, lui, nous fait découvrir un autre monde. Dans un labyrinthe d'arches mauresques se dévoilent petit à petit des briques roses, des mosaïques blanches et bleues, des marbres chauds. L'eau murmure dans les fontaines. Des boutons de roses exhalent leurs senteurs délicieuses. Le personnel est tout sourire et tout gentillesse. Après le hammam, le gommage au savon noir vous fait retrouver une peau de bébé. L'enveloppement au rassoul amplifie davantage cet effet. L'enveloppement au henné, nourrissant et hydratant, colore en prime le corps d'un léger hâle. Pendant les massages, toutes les parcelles du corps sont enduites avec douceur d'une huile dorée tiède onctueuse (au choix, l'huile de fleur d'oranger, l'huile de sésame ou l'huile d'argan). Bouchra a des doigts de fée et son massage oriental des pieds est un pur délice. Entre ces papouilles divines, on sirote du thé à la menthe dans le patio ou on somnole dans la salle de repos, autour d'une piscine. Derrière un mur entièrement vitré, l'eau dégringole en cascades. Rien de tel pour plonger dans le sommeil. Envie de bouger ? Il suffit de prendre rendez-vous avec Abdou Sadek. Double champion de bodybuilding du Maroc, il est aussi très calé en stretching et en sophrologie. Les cours sont particuliers, à la carte. En fin d'après-midi, on s'échappe de ce cocon de béatitude et de volupté, pour retrouver la place Djema'a el-Fna. Son animation est fascinante et on peut passer des heures à regarder les charmeurs de serpents, les cracheurs de feu ou la foule, tout simplement, en dégustant un autre thé à la menthe et en grignotant une poignée de fèves. Le village El Vendrell est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Barcelone. A cet endroit, la mer concentre une richesse en iode exceptionnelle, 400 fois plus élevée que partout ailleurs. Dans les années 1920, on y a bâti sur la plage un sanatorium pour enfants, souffrant de difficultés respiratoires. Il a été fermé en 1969. A la place s'élève aujourd'hui l'hôtel Ra, l'unique établissement cinq étoiles sur la Costa Daurada, inauguré en novembre 2003. Les architectes Miquel Espinet et Antoni Ubach lui ont donné une silhouette superbement allurée, combinant une partie rénovée et une construction neuve. De l'ancien sanatorium, on a préservé la chapelle et ses lignes géométriques parfaites. Elle accueille aujourd'hui un piano-bar. Tout autour se déploient de vastes volumes cubiques et épurés. Les murs et les plafonds jouent la carte de la transparence. La lumière s'engouffre partout. Les coloris, doux, neutres et raffinés, reflètent la devise de l'hôtel : luxe, silence et tranquillité. A midi, on grignote, dans le bar à tapas. Le soir, on se régale de cuisine gastronomique espagnole. Les poissons sont délicieux. Le centre de thalasso qui se veut " l'un des plus spectaculaires et les plus modernes d'Europe " est dirigé par une femme médecin. Deux autres médecins sont présents au centre à demeure. Pour les cures antistress, remise en forme ou bien-être, la visite médicale est facultative. En revanche, elle est obligatoire pour ceux qui souhaitent perdre quelques kilos. Très sérieuse et très médicalisée, la cure Minceur offre une prise en charge globale des problèmes du surpoids et ambitionne de devenir l'un des points forts de la station. Aménagé dans une aile latérale, le centre de thalasso occupe quatre niveaux, sur une superficie de 7 200 m2. Au sommet, dans l'espace ludique, une piscine aux formes organiques, chauffée à 33 °C, est un must. On y passe tour à tour des jets sous-marins aux bains bouillonnants et aux cascades écossaises. L'accès est libre et on peut rester des heures si on le désire. En panachant, par exemple, des séjours dans l'eau, avec des séances au sauna ou au hammam et avec des siestes dans le solarium. Sur les niveaux inférieurs, les cabines combinent thalasso traditionnelle et soins énergétiques. Aux douches à jets, bains bouillonnants, enveloppements d'algues et hydromassages, s'ajoutent les soins bien-être. Le shiatsu est une technique de massage chinoise, développée au Japon et vieille de 4 000 ans. Les doigts (shi) et les paumes du masseur exercent une pression (atsu) sur les méridiens d'énergie, qu'ils stimulent. Bien-être et détente assurés. La réflexologie cible les pieds. Pour les Chinois, la voûte plantaire est une carte de notre corps. Une science chinoise permet par pression sur ces zones réflexes spécifiques de relaxer ou de stimuler l'organe correspondant. Idéal contre la fatigue et le stress. Très bientôt, il y aura aussi des séances d'acupuncture. Les cabines sont tapissées d'ardoise et de bois. Il y règne une ambiance minérale, intimiste, très reposante. Les soins sont dispensés par de jeunes kinésithérapeutes qui s'acquittent de leurs tâches avec professionnalisme, sérieux et gentillesse. Entre les soins, on se repose à la Tisanerie, en choisissant l'ambiance que l'on préfère. Le salon est aménagé avec des canapés profonds, des tables basses et des livres d'art. Il y a une partie plus " zen ". Des lits de repos font face à un jardin minéral, entouré de bambous. Sur des marches en pierres, l'eau s'écoule inlassablement, dans un spectacle fascinant. La salle de fitness est équipée d'appareils " dernier cri ". Benjamin donne un coup de main à ceux qui n'ont pas l'habitude de s'en servir. Individualisation oblige, il propose également des cours particuliers de gym ou de stretching. Quand on s'échappe de l'hôtel, on peut tout simplement marcher le long de la mer. La maison-musée de Pau Casals (1876-1973), le célèbre violoncelliste, est tout près et mérite une visite. Envie de pousser plus loin ? Le train vous emmène à Sitges en vingt minutes. Chic et bourgeoise, décorée de très belles maisons et baignée par une lumière extraordinaire, la ville a été mise à la mode à la fin du xixe siècle par le peintre moderniste Santiago Rusiñol (on peut visiter sa maison, transformée en musée). Les mannequins et les night-clubbers ont pris le relais dans les années 1960. Ce " Saint-Tropez espagnol " est toujours très branché. On y passe de délicieux moments. A la surface, les rues bordées de grands magasins û nous sommes à quelques mètres de Harrods et de Burberry, au c£ur de Londres û l'assourdissante rumeur de la circulation, la cohue d'un samedi de shopping. En face, derrière les murs de l'hôtel Mandarin Oriental, en bordure de Hyde Park, l'ambiance est plus feutrée : rien de l'agitation alentour ne filtre ni ne dérange la sage ordonnance des vastes chambres victoriennes. Au rez-de-chaussée, le Mandarin Bar, l'adresse branchée et chic des noctambules londoniens, n'accueille, pour le moment, que quelques jeunes femmes so british murmurant autour d'un thé. A l'étage inférieur, un escalier étroit s'enfonce dans les entrailles du palace. Puis le silence. Profond, total, mat, au diapason des sombres dalles en granit du Zimbabwe qui couvrent les murs, le sol, le plafond de la salle d'accueil. Là, une vestale vêtue de lin blanc vous attend. En cette antichambre, on ne distingue ni bureau ni comptoir, à peine quelques sièges laqués de noir qui brillent, paisibles, dans la pénombre. Le plus incroyable dans ce spa au design épuré û élu meilleur établissement du Royaume-Uni par le magazine spécialisé " Condé Nast Traveller " û c'est le sentiment immédiat d'entrer dans un autre monde, très loin de la ville, de ses lumières, de son chaos. Le décor conçu par Eric Parry, architecte lancé outre-Manche (on lui doit, notamment, le Holburne Museum de Bath), semble une invite à se fondre, à régresser en un ventre minéral, une caverne originelle. Aucune lumière directe n'illumine les salles silencieuses : des filets de clarté sourdent d'inattendues crevasses, glissent le long de minces fentes ou s'épanouissent en halo autour de sages orchidées. Le visiteur, intimidé, mesure son pas, baisse la voix, se fait attentif au moindre murmure. On n'entre pas au spa du Mandarin Oriental comme dans un simple espace de soins û d'ailleurs le mot " soin " se trouve, en ces lieux, banni. On ne réserve pas de massage, mais on " se " réserve du temps pour s'adonner, selon la terminologie maison, à un " rituel ". Il est en outre poliment, mais fermement, conseillé à l'impétrant d'arriver quarante minutes avant le début formel du rendez-vous. Il ne le regrettera pas. Un dédale de couloirs le mène, dans le sillage d'une hôtesse silencieuse, jusqu'à la piscine. Creusé dans la pierre noire, le bassin paraît empli d'une matière minérale, brillante comme un miroir, qui, par la magie d'un éclairage invisible, semble peu à peu se dissoudre en vapeur. Puis les eaux s'animent : tout d'abord, c'est un " lit " de pierres, aménagé dans un des coins de la piscine, qui se peuple de petites bulles chatouillant, en douceur, le dos et les jambes. Le délicat gargouillis s'efface et la rive opposée s'illumine, parcourue de courants intenses et contraires, avant qu'au centre bouillonne un jacuzzi. Cette promenade aquatique achevée, on s'alanguit sur les méridiennes de la salle de repos, avant de se glisser au c£ur d'une des vastes cabines. Le rituel commence... par une longue discussion sur les habitudes de vie, les blocages physiques, les douleurs. Le thérapeute conseille alors un massage ayurvédique ou bien balinais (à quatre mains), un enveloppement dans des toiles de lin imprégnées d'une infusion de plantes apaisantes, voire une séance de stone therapy (imposition de pierres chaudes)... Les produits sont estampillés E'Spa et les masseurs formés à la rigoureuse école du groupe Mandarin Oriental. Sous les mains expertes, la liturgie sensuelle se poursuit ; le temps semble se dilater à l'infini, pour finalement s'abolir au c£ur de la nef silencieuse. Paisible et lumineux, le nouveau spa de l'hôtel Ritz de Lisbonne, lui, étend ses 1 500 mètres carrés de douceur autour d'une calme piscine enserrée en un caillebotis de bois précieux. L'architecte Pierre-Yves Rochon, maître d'£uvre de la rénovation du palace lisboète, s'est attaché la complicité du designer Marc Prigent pour dessiner des chambres luxueuses et créer un espace de bien-être à l'exotisme serein. " Nous avons conservé les beaux volumes, percés de baies vitrées qui ouvrent sur les jardins ", explique l'architecte. Dans ce puits de lumière se glissent des méridiennes aux étoffes écrues, ainsi que, pour l'exotisme, quelques meubles en palissandre, de belles armoires chinoises en laque rouge, créées en 1950 pour l'ouverture de l'hôtel puis restaurées. Avant de vous dispenser, dans le cocon paisible des cabines meublées d'acajou et éclairées à la bougie, l'un des soins de la marque E'Spa, une hôtesse experte massera vos pieds d'un baume revitalisant au citron vert. Barbara Witkowska avec Céline Lis et Mylène Sultan