C'est à un véritable voyage théâtral à travers le vaste monde, le géographique et le mental, que nous convie le festival de Liège, sous la houlette, pour la quatrième fois, de Jean-Louis Colinet, directeur du Théâtre national. Iran, Brésil, Allemagne, France, Angleterre, Etats-Unis, Inde, Italie et Belgique : à chaque halte, et il y en a 18, ce théâtre contemporain confronte les mots, les gestes et le jeu aux réalités sociales les plus étonnantes et interpellantes. Quatre créations sont au rendez-vous.
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C'est à un véritable voyage théâtral à travers le vaste monde, le géographique et le mental, que nous convie le festival de Liège, sous la houlette, pour la quatrième fois, de Jean-Louis Colinet, directeur du Théâtre national. Iran, Brésil, Allemagne, France, Angleterre, Etats-Unis, Inde, Italie et Belgique : à chaque halte, et il y en a 18, ce théâtre contemporain confronte les mots, les gestes et le jeu aux réalités sociales les plus étonnantes et interpellantes. Quatre créations sont au rendez-vous. " Saadi, agence de gaieté " explore le statut de la fête et du divertissement dans la société iranienne, via le Siah Bâzi, théâtre populaire dont les comédiens sont là-bas surnommés " ouvriers de joie ". Ascanio Celestini, auteur déjà du poignant " Fabbrica ", soulève la délicate question de l'univers des asiles psychiatriques dans " La pecora nera ". L'auteur flamand Josse de Pauw farfouille également les tréfonds de l'âme en mettant en scène un individu fasciné jusqu'à l'irrationnel par l'ordre et l'organisation des fourmis. La comédienne allemande Anne Tismer intervient à deux reprises dans le festival. Avec " Gutes Tun 1,3 " qui analyse la situation d'actrice et de femme, d'une part, avec la création de Lars Noren d'autre part, qui met en scène un fait divers allemand récent de violence extrême en milieu scolaire. " Doc. Tor ", venu de Russie, évoque, quant à lui, l'effondrement de la médecine avec un verbe féroce et drôle. Emma Dante propose un " Cani di Bancata " ( photo) fébrile et burlesque qui lève un coin du voile sur la mafia sicilienne. De l'Inde arrive un spectacle à deux facettes, " The Magic Hour ", explorant l'Inde d'hier et d'aujourd'hui, pays globalisé où pullulent notamment les fameux call centers. Dans le même esprit de mondialisation féroce, " Unter Eis (Das System 21) " met en scène trois consultants aussi rigides et froids que la glace. D'une force visuelle presque cinématographique, " Les Marchands " du Français Joël Pommerat plonge le public dans une entreprise à la chaîne, en proie à la tragédie de la restructuration. " Etats d'urgence ", workshop dirigé par Thomas Ostermeier, est quant à lui animé des visions de cinq jeunes metteurs en scène et d'étudiants de l'école d'acteurs de Liège. La danse, enfin, s'expose également avec les Haïtiens de " Scourge ", mélange de danse traditionnelles et de hip hop, et avec les Brésiliens de " Incarnat " pour une interrogation de l'âme humaine. Le festival joue résolument la carte de la fête, avec une série d'animations, de concerts et de soirées spéciales. Un temps de réflexions et de rencontres. Jusqu'au 17 février prochain, Manège de la Caserne Fonck, à 4020 Liège. Tél. : 04 221 10 00. Internet : www.festivaldeliege.beMarie Liégeois