Le long des quais, les façades du XVIIIe siècle, ravalées, offrent à nouveau leur étourdissante splendeur aux regards. Derrière cette vitrine impeccable, c'est la dolce vita sur-Garonne. Bars à vins et restaurants pullulent. Expos et concerts se multiplient. Et les mentalités évoluent. On croyait les Bordelais guindés, fermés ; ils affichent au contraire une attitude " no stress ". Et l'on assiste à la renaissance de Bordeaux. On exagère ? Le Sunday Times vient en tout cas d'élire la ville comme la destination tendance de 2011.
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Le long des quais, les façades du XVIIIe siècle, ravalées, offrent à nouveau leur étourdissante splendeur aux regards. Derrière cette vitrine impeccable, c'est la dolce vita sur-Garonne. Bars à vins et restaurants pullulent. Expos et concerts se multiplient. Et les mentalités évoluent. On croyait les Bordelais guindés, fermés ; ils affichent au contraire une attitude " no stress ". Et l'on assiste à la renaissance de Bordeaux. On exagère ? Le Sunday Times vient en tout cas d'élire la ville comme la destination tendance de 2011. Bordeaux est une ville dont les berges tiennent lieu de centre-ville. Depuis leur réaménagement, achevé au second semestre 2010, après dix années de travaux, c'est devenu une promenade ludique et démocratique longue de 4 kilomètres. On y vient seul, en famille ou en bande. Pour marcher, courir, rouler (à vélo, en rollers, en skate), faire du shopping ou son marché (le dimanche), s'asseoir en terrasse, boire un verre, manger des huîtres, dîner aux chandelles. Bref, pour vivre. Ou plutôt : revivre. Car, des décennies durant, Bordeaux a tourné le dos à la Garonne : sur les quais, malfamés, les 19 hangars industriels du port de la Lune barraient l'accès à l'eau. Abandonnés puis squattés, ils ont finalement été rasés (sauf six, convertis en boutiques et restaurants) pour faire place à des jardins, des pistes cyclables, des skate parks. Et, aussi, à un " miroir d'eau ", à la fois aire de jeux et £uvre d'art, où se reflètent les plus belles façades des quais. Pour célébrer la reconquête de l'eau, Bordeaux lui consacre une année entière. Au programme de " 2011, Année du fleuve ", la venue de paquebots de croisière grâce au nouveau ponton d'honneur, une Nuit du roller, l'accostage du Belém, une traversée du fleuve à la nage, le départ de la régate Bordeaux-Bilbao, ou BB Race, une randonnée à vélo au fil de l'eau, des concerts classiques. 2011, Année du fleuve, du 21 mai à fin décembre prochain. Office du tourisme, tél. : +33 5 56 00 66 00. www.bordeaux-tourisme.com Le plus beau musée de Bordeaux, c'est d'abord la ville elle-même, classée au Patrimoine mondial. À quoi s'ajoute le musée des Beaux-Arts : on y va pour sa collection de peintures Renaissance italienne, hollandaise et flamande. Sans oublier l'exceptionnelle Vue du quai des Chartrons, par Pierre Lacour, une " photographie " de l'activité des quais en 1804. Loin de célébrer seulement le passé, la ville aime et promeut activement les arts contemporains. En témoignent les nombreuses galeries d'art ainsi que la popularité du Centre d'arts plastiques contemporains (CAPC), qui regroupe 900 £uvres, de la fin des années 60 aux tendances actuelles. Le tout installé dans le monumental entrepôt des denrées coloniales (40 mètres de hauteur sous plafond) dont la visite se conclut nécessairement par un brunch au restaurant en terrasse du CAPC, dont le design est signé Andrée Putman. Une autre preuve d'audace bordelaise ? Depuis quinze mois, la ville, dont l'histoire est intimement liée aux Antilles, a choisi d'affronter son passé avec une exposition permanente remarquable, au musée d'Aquitaine, consacrée à l'esclavage. www.capc-bordeaux.fr et http://musees-aquitaine.com Les viticulteurs bordelais ont la réputation d'être fermés, distants, hautains ? Allez donc rendre visite à Sylvie Dulong, dans son exploitation familiale de Château Lavergne, à Montussan. Cette £nologue accueille les visiteurs sans chichis. Leur confie un sécateur. Ou un verre à pied. Et, selon la saison, les emmène dans la vigne, ou dans les chais, leur expliquer comment elle élabore son vin. Dans le vignoble, l'heure est au tourisme " expérienciel ". Voilà cinq ans, Les Médocaines, quatre pionnières de l'£notourisme, ont montré la voie en ouvrant les portes de leurs châteaux respectifs pendant les vendanges. Depuis, tous les lundis, en bottes et en jeans, elles proposent des ateliers " vinification ", " assemblage " ou encore " fromages et vins ". Un carton ! Aux portes du Médoc, à la Winery, Philippe Raoux détermine le " signe £nologique " de chaque visiteur, à partir d'une séance de dégustation et d'un questionnaire. On est " musclé ", " gourmand " ou " explorateur " comme on est Bélier ou Capricorne. Également inventifs, Rodolphe Dubois et Pierre Dufour, les deux initiateurs, très rock'n'roll, du projet B-Winemaker font du sur-mesure. Grâce à eux, chacun peut élaborer, dans différentes propriétés partenaires, à Saint-Emilion ou dans le Médoc, l'assemblage de cépages correspondant à son goût. À la fin de la journée, on repart avec des bouteilles étiquetées à son nom. Le viticulteur, c'est vous ! www.chateau-lavergne-dulong.com, www.lesmedocaines.com, www.winery.fr et www.b-winemaker.com Un must : partir à la découverte du bassin d'Arcachon à bord d'une pinasse. À quarante-cinq minutes deBordeaux, une croisière privée (11 passagers au maximum) sur une embarcation à fond plat, typique du bassin. Cap sur l'île aux oiseaux. On laisse à tribord les " tchanquées ", les cabanes en bois sur pilotis. Puis on navigue parmi les parcs à huîtres. Une escale chez un ostréiculteur, apéro-dégustation en option, puis on repart vers le Cap-Ferret et la dune du Pilat, avant de s'échouer sur un banc de sable à l'heure du pique-nique. L'après-midi se poursuit au fil de l'eau, bercé par le discret teuf-teuf du moteur. Location : 600 euros la journée, avec un marin (programme à la carte). n Les Pinasses du Bassin. Tél. : +33 6 88 08 32 94. www.pinassebassin-arcachon.com PAR AXEL GYLDÉN