Avoir accès aux jolies choses réclame un certain investissement personnel, et les Belges, journalistes, participants ou acheteurs pressés de se rendre au Salon du Meuble, qui se tenait à Milan du 12 au 17 avril dernier, confirmeront sans doute à l'unanimité. C'est qu'avant même d'avoir à se frotter à l'habituelle foule des 300 000 visiteurs se pressant dans les allées de la Fiera - une gageure en soi - tous ont été confrontés à des aléas indépendants de l'organisation de cet événement, le plus...

Avoir accès aux jolies choses réclame un certain investissement personnel, et les Belges, journalistes, participants ou acheteurs pressés de se rendre au Salon du Meuble, qui se tenait à Milan du 12 au 17 avril dernier, confirmeront sans doute à l'unanimité. C'est qu'avant même d'avoir à se frotter à l'habituelle foule des 300 000 visiteurs se pressant dans les allées de la Fiera - une gageure en soi - tous ont été confrontés à des aléas indépendants de l'organisation de cet événement, le plus important du genre. Entre les séquelles encore bien présentes des attentats à Zaventem, imposant de jongler avec les vols Alitalia annulés sans avertissement, les contrôles renforcés, les embouteillages jusqu'au début de la bretelle menant à l'aéroport ou encore la grève sauvage des aiguilleurs du ciel, nombre d'entre eux ont dû faire appel au système D et s'armer de patience pour arriver, tant bien que mal, à découvrir ce que pas moins de 2 400 exposants leur avaient réservé. Enfin sur place, cependant, les surprises n'en étaient que plus belles. Une des lignes de force de cette 55e édition ? L'articulation redoutablement efficace entre savoir-faire uniques, perpétuant parfois des traditions ancestrales, et avant-garde. Entre valeurs sûres et innovations. Un exemple concret ? Les icônes de Giò Ponti que, aux côtés de nouveautés signées notamment par Jasper Morrison ou Vincent Van Duysen, Molteni continue à décliner dans ses collections près de quarante ans après le décès du maître italien, assurant ainsi une pérennité à son oeuvre. Une manière de " donner du sens " à cette dernière, comme nous l'a expliqué Olivia Putman, qui veille sur le précieux legs laissé par sa maman, " la grande dame du design français ". Une tâche qui vise aussi à " insuffler de la cohérence " entre les projets, précise Benjamin Paulin, en charge de l'héritage paternel, auquel le Centre Pompidou consacre une rétrospective à partir du 11 mai prochain. Ironie du sort, c'est entre les murs de l'institution parisienne qu'était née, en 2005, une polémique opposant les successeurs de Charlotte Perriand et Jean Prouvé, la fille de la première déniant toute intervention du second dans l'invention de certaines pièces imaginées par sa mère. Après sept ans de procédure, la justice avait tranché en sa faveur. Il n'y a pas que dans la capitale lombarde que les créations emblématiques se méritent... DELPHINE KINDERMANSL'ARTICULATION REDOUTABLEMENT EFFICACE ENTRE SAVOIR-FAIRE UNIQUES ET AVANT-GARDE.