QUI ?

Photographe américain né en 1969 à Miami, Roe Ethridge vit et travaille à New York. L'homme s'est taillé une belle réputation dans le monde de l'art contemporain. La preuve est qu'il a été exposé dans des lieux tels que Le Consortium (Lyon), le Barbican Center (Londres), le Whitney Museum (New York) ou le MoMA PS1 (New York). En Belgique, on a pu voir se...

Photographe américain né en 1969 à Miami, Roe Ethridge vit et travaille à New York. L'homme s'est taillé une belle réputation dans le monde de l'art contemporain. La preuve est qu'il a été exposé dans des lieux tels que Le Consortium (Lyon), le Barbican Center (Londres), le Whitney Museum (New York) ou le MoMA PS1 (New York). En Belgique, on a pu voir ses clichés du côté de la Charles Riva Collection. Sa signature ? Un goût prononcé pour le caractère " unheimlich " de notre rapport au monde, comprendre cette " inquiétante étrangeté " mise au jour par Sigmund Freud. Sa pratique se veut " à la fois banale et mystérieuse ". Les scènes les plus triviales qu'il donne à voir suscitent le questionnement : se trouve-t-on du côté de la restitution élémentaire ou de la mise en scène retorse ? Le doute est permis. Cette subversion de nos habituelles certitudes en matière de représentation photographique signe une oeuvre pouvant se lire comme un manifeste de " l'intranquilité " que ne renierait pas Fernando Pessoa. Pour sa quatrième exposition orchestrée par la Gladstone Gallery, à Bruxelles, Ethridge enfonce le clou à travers un lot d'images qui déconstruisent la syntaxe visuelle. Le tout pour des photographies qui interrogent les genres et les styles associés aux traditions de la peinture hollandaise, particulièrement la nature morte, la scène domestique et le portrait. Salières et poivrières en forme de dinde kitsch, jouet extraterrestre gonflable ou drag préadolescente habillée en habits de Western... le panorama est pour le moins déconcertant. Pour se rappeler de la folie qui couve sous l'apparence rassurante des objets du quotidien.