Avant d'acquérir cet appartement citadin, son propriétaire cherchait un loft à aménager, un grand espace où il pourrait faire cohabiter pièces de mobilier contemporain et £uvres d'art. Ce qui se présente à lui est fondamentalement différent : il s'agit d'un appartement aménagé par le décorateur Jean Vlug pour son propre usage au rez-de-chaussée d'un immeuble bruxellois construit en 1870. Les hautes fenêtres offrent une vue sur la cour arrière et le bâtiment des anciennes écuries. Grand collectionneur de mobiliers et d'objets, Vlug est un contemporain du célèbre architecte d'intérieur belge Jules Wabbes (1919 - 1974) qu'il admirait et dont les meubles sont aujourd'hui recherchés par les collectionneurs du monde entier. L'un et l'autre partagent cet amour pour les matér...

Avant d'acquérir cet appartement citadin, son propriétaire cherchait un loft à aménager, un grand espace où il pourrait faire cohabiter pièces de mobilier contemporain et £uvres d'art. Ce qui se présente à lui est fondamentalement différent : il s'agit d'un appartement aménagé par le décorateur Jean Vlug pour son propre usage au rez-de-chaussée d'un immeuble bruxellois construit en 1870. Les hautes fenêtres offrent une vue sur la cour arrière et le bâtiment des anciennes écuries. Grand collectionneur de mobiliers et d'objets, Vlug est un contemporain du célèbre architecte d'intérieur belge Jules Wabbes (1919 - 1974) qu'il admirait et dont les meubles sont aujourd'hui recherchés par les collectionneurs du monde entier. L'un et l'autre partagent cet amour pour les matériaux de qualité : la pierre naturelle, le bois plein et massif, le métal noble comme le bronze... " Ce n'était pas le loft que je cherchais, confie l'actuel propriétaire, mais j'y trouvais ces magnifiques grandes fenêtres à imposte circulaire et des volumes caractérisés par de hauts plafonds. " L'appartement compte sept pièces : un living, une salle à manger, une chambre à coucher, une cuisine, une salle de bains, un hall d'entrée et un hall de nuit. " Je n'ai apporté aucune modification structurelle à ce qui avait été dessiné par Jean Vlug. La seule pièce dans laquelle je suis intervenu, c'est le living. Mon prédécesseur, lui, avait installé sa chambre dans cet espace, et avait disposé un living au fond de la pièce. Il est aujourd'hui remplacé par la bibliothèque en acier inoxydable, dessinée par l'architecte d'intérieur Ann Verhaeghe. A cet endroit, le parquet de chêne est couvert d'un revêtement en inox. " C'est dans le living que l'heureux propriétaire passe le plus clair de son temps. C'est ici qu'il s'adonne à la pratique du piano à queue (il a longtemps envisagé une carrière de pianiste). Assis dans le canapé, il contemple une de ses £uvres préférées, " Circle City ", une huile sur toile de Pol Mara. Au piano, il fait face à une gravure de Bram Bogaert intitulée " Le Temps perdu ". " Je recherche les compositions de couleur. Dans le tableau de Bogaert, vous trouvez le noir du piano et le rouge du siège " Pouf Primary " (Quinze & Milan), ainsi que le blanc de la lampe Costanza. " Le pouf se retrouve en double exemplaire au pied d'un grand tableau : le carton d'une tapisserie signée Jules Lismonde, celui que l'on appelait le " magicien du noir et blanc ". " Je ne m'en suis pas rendu compte immédiatement, embraye le maître de maison, mais toutes les £uvres des artistes belges que j'ai achetées au fil du temps sont postérieures aux années 1950. Et la plupart ont été réalisées dans les années 1960 et 1970. " Une des plus " anciennes " se trouve dans le hall d'entrée qui, avec le canapé dormeuse (" Fugue " de Ligne Roset), fait davantage penser à un salon boudoir. Dominée par une grande peinture de André Van Schuylenbergh, cette pièce doit surtout son atmosphère au luminaire dessiné par Jean Vlug, qui projette des hexagones sur tout le plafond. " Vlug soignait chaque détail. A cet égard, le hall de nuit et la salle de bains témoignent d'un sens prononcé du beau. Dans le premier, vous avez ce sol de dalles de marbre blanc ponctuées de cabochons de marbre noir. Dans la seconde, éclairée par des appliques en bronze de Jules Wabbes, Vlug a prévu une tablette d'évier épaisse et massive, selon ses propos " de la qualité pierre tombale ". " Vlug avait utilisé des coloris très fort. Le hall d'entrée, par exemple, était orange vif. J'ai cherché à calmer ces couleurs par des tons plus neutres. La majorité de mon mobilier est en bois ou de teinte claire. Mais, en revanche, j'aime créer des tensions. C'est pour cela que vous avez toutes ces notes de rouge, la couleur du c£ur. Je pense d'ailleurs qu'il n'y en a pas encore assez. " Texte et photos : Jean-Pierre Gabriel