Le chef-d'£uvre de la région s'étale fièrement devant nos yeux. Le château de Harzé, avec ses façades blondes, rythmées par un admirable jeu de fenêtres, ne manque vraiment pas d'allure. Il appartient aujourd'hui à la Province de Liège qui, en trois décennies, en a fait un Centre de séminaires de notoriété internationale. L'impres-sionnante bâtisse a une longue histoire. Elle débute au ixe ou, peut-être, au xe siècle, lorsqu'un gentilhomme y construit un petit château fort. Les premiers seigneurs connus sont les Clermont. Une dizaine de dynasties s'y succéderont. Arrêtons-nous un instant au xviie siècle, époque importante dans son histoire. Vers 1631, Ernestine de Lynden épouse le comte Ernest de Suys, général d'artillerie et colonel d'infanterie durant la guerre de Trente Ans (on peut toujours admirer leurs armoiries jumelées, accompagnées de la date de 1647, figurant au-dessus du porche de la cour basse). Le couple procède à d'importants travaux d'agrandissement et d'embellissement. Le château s'enrichit de deux ailes, d'une grosse tour d'angle et, surtout, de cette superbe galerie Renaissance qui borde la cour d'honneur. Ces extensions haut de gamme lui confèrent l'aspect élégant et majestueux, bien perceptible encore aujourd'hui. Par la suite, les différents propriétaires ne cesseront pas d'effectuer quelques menues modifications et transformations, pour apporter leur " patte " personnelle. On démolit un peu, on reconstruit, on remanie, on retouche, mais toujours avec un goût exquis et dans le respect du passé. Au xviiie siècle, les Rahier rajoutent les dépendances qui seront admirablement exploitées, nous le verrons plus loin. Enfin, il y a une centaine d'années, Edgar de Potter d'Indoye, restaure l'ensemble du domaine dans les règles de l'art et aménage, dans l'ancien fenil (le lieu où l'on serre les foins) une prestigieuse Salle des comtes, dans le style néorenaissance. En 1973, la Province de Liège rachète le château de Harzé et le propulse vers une nouvelle destinée, plus en phase avec les temps modernes. Centre de séminaires résidentiels (22 chambres superbement décorées) ou non, de conférences internationales et d'événements haut de gamme, il est devenu, en peu de temps, mondialement connu.
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Le chef-d'£uvre de la région s'étale fièrement devant nos yeux. Le château de Harzé, avec ses façades blondes, rythmées par un admirable jeu de fenêtres, ne manque vraiment pas d'allure. Il appartient aujourd'hui à la Province de Liège qui, en trois décennies, en a fait un Centre de séminaires de notoriété internationale. L'impres-sionnante bâtisse a une longue histoire. Elle débute au ixe ou, peut-être, au xe siècle, lorsqu'un gentilhomme y construit un petit château fort. Les premiers seigneurs connus sont les Clermont. Une dizaine de dynasties s'y succéderont. Arrêtons-nous un instant au xviie siècle, époque importante dans son histoire. Vers 1631, Ernestine de Lynden épouse le comte Ernest de Suys, général d'artillerie et colonel d'infanterie durant la guerre de Trente Ans (on peut toujours admirer leurs armoiries jumelées, accompagnées de la date de 1647, figurant au-dessus du porche de la cour basse). Le couple procède à d'importants travaux d'agrandissement et d'embellissement. Le château s'enrichit de deux ailes, d'une grosse tour d'angle et, surtout, de cette superbe galerie Renaissance qui borde la cour d'honneur. Ces extensions haut de gamme lui confèrent l'aspect élégant et majestueux, bien perceptible encore aujourd'hui. Par la suite, les différents propriétaires ne cesseront pas d'effectuer quelques menues modifications et transformations, pour apporter leur " patte " personnelle. On démolit un peu, on reconstruit, on remanie, on retouche, mais toujours avec un goût exquis et dans le respect du passé. Au xviiie siècle, les Rahier rajoutent les dépendances qui seront admirablement exploitées, nous le verrons plus loin. Enfin, il y a une centaine d'années, Edgar de Potter d'Indoye, restaure l'ensemble du domaine dans les règles de l'art et aménage, dans l'ancien fenil (le lieu où l'on serre les foins) une prestigieuse Salle des comtes, dans le style néorenaissance. En 1973, la Province de Liège rachète le château de Harzé et le propulse vers une nouvelle destinée, plus en phase avec les temps modernes. Centre de séminaires résidentiels (22 chambres superbement décorées) ou non, de conférences internationales et d'événements haut de gamme, il est devenu, en peu de temps, mondialement connu. Dirigé de main de maître par une équipe enthousiaste et dynamique, le château de Harzé offre vraiment un accueil unique et exceptionnel. " Chez nous, le client est roi, explique Michèle Vroonen, assistante commerciale. Nous mettons le château à la disposition de nos visiteurs pour qu'ils se sentent chez eux et ne se fassent aucun souci. Nous nous occupons de tout de A à Z, aussi bien sur le plan de la logistique que sur le plan des loisirs et des activités touristiques. " L'espace réception ne manque pas de cachet et réunit cinq " salles " aux allures éclectiques. La plus prestigieuse est la Salle des comtes, tapissée de cuirs magnifiques dans l'esprit de cuirs de Cordoue, animée de couleurs d'époque et éclairée par un superbe lustre. La salle Edgar de Potter séduit par ses nuances raffinées, déclinées dans la palette de beiges et d'ors. Tout comme la salle Louis de Clermont, avec sa magnifique cheminée, ses lambris joliment ouvragés et ses tapisseries chatoyantes. Le bar a pris place dans l'ancienne bibliothèque du château. Murs décorés de personnages grotesques aux couleurs vives, fauteuils profonds en cuir blond, ambiance intimiste et confidentielle... Toutes les conditions sont réunies pour passer un moment agréable après une journée de travail. Dans la galerie, enfin, on jouit d'une vue magnifique sur la forêt voisine, un cocktail ou un apéritif à la main Les anciennes cuisines du château accueillent aujourd'hui un adorable restaurant " La P'tite Auberge ", ouvert au public. Dans une décoration authentique et pleine de charme, sous des plafonds voûtés en briques, on déguste le best of des plats régionaux (croquettes au fromage de Herve, boulettes à la liégeoise, etc.), concoctés avec amour par le chef Vincent Mathues. Construites au xviiie siècle, les dépendances du château ont également changé de destinée. L'ASBL Domaines Touristiques du Vallon de la Lembrée a eu la bonne idée d'y mettre en scène l'histoire du pain. Celle-ci débute avec la fabrication de la farine. Un impressionnant moulin accueille donc le visiteur. Il vient du Ry d'Oneux, situé à Esneux. Démonté, il a été soigneusement reconstitué. Cette machinerie extraordinaire, datant de la première moitié du xixe siècle, fonctionne toujours, mais uniquement à des fins didactiques. On ne fabrique plus de farine. Le musée de la boulangerie regorge de véritables trésors. Machines et outils, tous en excellent état, permettent d'imaginer le dur labeur quotidien des boulangers d'autrefois. A travers toute une panoplie d'objets oubliés, méconnus et insolites, on découvre d'autres aspects de leur travail, telle la fabrication du chocolat, de la crème glacée ou de confiseries. La collection de moules est impressionnante. On admire les moules à hosties, à gaufres, à chocolat, à tartelettes... Le plus remarquable est ce moule à couckes, haut de 2 mètres, provenant des Musées communaux de Verviers. Dans une vitrine sont exposés deux beau moules en cuivre, offerts au musée par la reine Fabiola. On ne loupera pas l'ancien atelier avec son four et son armoire à fermentation, remplie de bannetons. Très instructif ! Parmi les pièces insolites, épinglons cet édit de Napoléon, spécifiant que tout boulanger tenté de tricher sur les poids du pain risque une condamnation sévère. Aywaille est une cité conviviale et vivante où il fait bon faire du shopping (environ 150 commerces attirent le chaland avec leurs vitrines alléchantes), prendre un verre sur une terrasse ou refaire le monde entre amis autour d'un bon repas. Pour prendre un bol d'air, on se dirigera vers les rives de l'Amblève, dont le ruban vif et argenté traverse la commune sur 15 km. Son parcours est truffé d'endroits enchanteurs et mystérieux. Certains s'accompagnent de savoureuses légendes, transmises par Marcellin La Garde (1818-1889), enfant du pays, auteur de contes, récits et romans. En voici une, à propos de l'église Notre-Dame de Dieupart, bâtie au xie siècle. Selon la légende, celle-ci fut construite avec les pierres du château de Vieux Jardin. Dans le château, il y avait une petite statue de la Vierge que deux bergers se disputaient. Le prêtre décida qu'elle n'appartiendrait à personne et qu'elle serait plus simplement " la part de Dieu ". D'où le nom de l'église... Juste en face débute une très belle promenade, appelée " La Voie des Aulnes ". A pied ou à vélo, on se balade au bord de l'eau, entre Aywaille et Remouchamps, sur une distance de 2,5 km. La promenade la plus spectaculaire est sans doute celle qui longe le lieu-dit des Fonds de Quarreux. Une autre légende de Marcellin La Garde s'y rattache. Elle raconte que le meunier Hubert Chefneux obtint du diable un beau moulin, en échange de son âme. Son épouse, affolée, n'eut qu'une idée : sauver l'âme de son homme. Elle se cacha donc dans le moulin, serrant dans sa main une médaille de l'église Notre-Dame de Dieupart. Les roues du moulin refusèrent de tourner. Fou de rage, le diable fit abattre le moulin. Des blocs gigantesques dégringolèrent la montagne pour s'échouer dans le lit de l'Amblève. Là résiderait donc l'origine de ces amas de pierres et de galets immenses, figés pour l'éternité dans l'eau, pour le plus grand bonheur des pêcheurs, ainsi que des promeneurs, enclins aux rêveries les plus étranges. Jadis, on appelait la région d'Aywaille " le pays des carrières ". L'expression n'est pas fausse, car la diversité des sols y est assez surprenante. A côté du village on extrait toujours du marbre noir, très pur et peu tacheté. Les princes arabes en sont très friands. Au même endroit, on trouve aussi de la pierre bleue de belle qualité. Près de Remouchamps, la terre est rouge. Une petite carrière, dont l'exploitation a cessé il y a dix ans, fournissait, dans les années 1980, de la brique pilée pour les courts de Roland-Garros ! Les nostalgiques se souviennent encore qu'il y avait aussi une mine d'or. Au cours de son exploitation, elle n'a fourni en tout et pour tout que... 20 grammes d'or ! Aujourd'hui, les entrailles de la terre révèlent d'autres richesses. Située à Remouchamps, la grotte " Merveille des merveilles " en est le meilleur exemple. Deux galeries s'y superposent. On parcourt le niveau supérieur à pied. Le niveau inférieur, traversé par la rivière Rubicon, aux méandres sinueux, se visite en barque. Comptez une heure et quart : il s'agit de la plus longue navigation souterraine d'Europe. Les décors naturels, sculptés par des amas de stalactites et de stalagmites au cours des millions d'années, offrent un spectacle vraiment grandiose. Il fait frais. La température ne dépasse jamais 10 degrés. N'oubliez donc pas de glisser une petite laine dans votre sac. En vagabondant et en empruntant des chemins des écoliers, on tombe sur de véritables petites " perles ". Voici Deigné. Le village est connu comme l'un des douze Plus Beaux Villages de Wallonie. Face à l'église Saint-Joseph, un majestueux tilleul classé nous tend ses branches en guise de bienvenue. Juste à côté, on admire une splendide fontaine bien ancienne. On raconte que le cheval de Napoléon est venu s'y abreuver... Tout autour se déploient de superbes maisons de pierre, bâties en grès et calcaire de la région, pour la plupart au xviiie siècle. Admirable-ment rénovées, elles forment un ensemble particulièrement homogène et remarquable. Le village a décroché deux prix en 1975, celui de la décoration florale et celui de la Commission du patrimoine architectural du Conseil de l'Europe. Flâner le long des rues paisibles de Deigné nous réconcilie avec le monde actuel. En pleine forêt, la chapelle Sainte-Anne, solitaire, veille sur une clairière. Point de départ de nombreuses balades à la découverte du patrimoine. Chaque année, en novembre, on y fête la Saint-Hubert. Une autre manifestation sympathique attire, une fois l'an, tous les amoureux des animaux et leurs compagnons à quatre pattes. Autour d'un grand barbecue, les chevaux, les chiens et les chats présents reçoivent une bénédiction, accompagnée d'un petit cadeau, un sachet d'avoine ou un jouet en plastique. Enfin, on ne manquera pas de pousser jusqu'au ruisseau du Ninglinspo, qui suit un parcours sinueux de 3 500 mètres, en une pente de 7,5 %. C'est donc le seul torrent de Belgique, rythmé par des cuves et des bains aux noms poétiques : Bain du Cerf, Bain de Diane, Bain des Naïades, Bain de Vénus... Tigres, ours, léopards, lions, éléphants, rhinocéros, otaries... Tous ces animaux fascinants vivent en quasi liberté sur ce vaste terrain (84 hectares), en partie boisé. Ex-commandant de bord à la Sabena, Joseph Renson a créé, en 1973, le Monde Sauvage Safari Parc. Ce parc animalier est aujourd'hui membre de l'association Eaza (European Association of Zoo and Aquaria) dont l'un des buts est la conservation d'animaux en voie de disparition. Les animaux qu'on admire au Monde Sauvage proviennent d'autres zoos, suivant un programme d'échanges mutuels. Ainsi, Joseph Renson s'enorgueillit de posséder la plus grande et la plus complète collection d'animaux, dont quelques spécimens rarissimes, tels les ânes du Tibet (en voie de disparition) ou des panthères Amour. Seuls les fauves demeurent en cage, sécurité oblige. Les autres animaux évoluent en liberté. On parcourt le domaine dans sa voiture ou à bord d'un petit train. Comme dans un " vrai " safari, des zèbres, antilopes et girafes s'approchent volontiers des promeneurs. Les enfants adorent. Les visites sont agrémentées par des spectacles de rapaces ou d'otaries. Une nouvelle attraction, avec des perroquets volants, est actuellement en rodage. Une touche exotique pour une journée bien remplie, ponctuée de superbes découvertes de cette région méconnue, pourtant si accueillante et si attachante. Barbara Witkowska