VÉNUS OCÉANE, DANSEUSE AU CRAZY HORSE

Son nom de scène la protège mieux que n'importe quel vêtement. Il est inutile d'insister : Vénus Océane ne tombera pas le pseudo. Une règle absolue de confidentialité au Crazy Horse. Au départ, elle ne se voyait pas " dans cet univers-là ". " Je venais de la danse classique puis un jour une amie m'a convaincue de passer l'audition. J'ai vu le spectacle, ça m'a plu, je m'y suis vue et puis j'ai été reçue. " C'était il y a sept ans. Pour Désirs, le show mis en scène par Philippe Decouflé, elle assure au minimum deux solos et jusqu'à trois représentations par soir. Entrecoupées de pompes et de séances d'abdos. " On n'aperçoit pas le public à cause de l'éclairage mais on sait qu'il est là ", confie Vénus. Cette fameuse lumière qui, dit-on, habille les danseuses du célèbre cabaret parisien et leur fait oublier la nudité. " Quand j'ai été engagée, je n'étais pas sûre d'aller jusqu'au bout. Je suis quelqu'un d'assez pudique. Au fil des répétitions, on oublie la nudité mais je ne crois pas que j'accepterais le strip-tease ailleurs qu'ici. " Et puis, il y a la perruque, les...

Son nom de scène la protège mieux que n'importe quel vêtement. Il est inutile d'insister : Vénus Océane ne tombera pas le pseudo. Une règle absolue de confidentialité au Crazy Horse. Au départ, elle ne se voyait pas " dans cet univers-là ". " Je venais de la danse classique puis un jour une amie m'a convaincue de passer l'audition. J'ai vu le spectacle, ça m'a plu, je m'y suis vue et puis j'ai été reçue. " C'était il y a sept ans. Pour Désirs, le show mis en scène par Philippe Decouflé, elle assure au minimum deux solos et jusqu'à trois représentations par soir. Entrecoupées de pompes et de séances d'abdos. " On n'aperçoit pas le public à cause de l'éclairage mais on sait qu'il est là ", confie Vénus. Cette fameuse lumière qui, dit-on, habille les danseuses du célèbre cabaret parisien et leur fait oublier la nudité. " Quand j'ai été engagée, je n'étais pas sûre d'aller jusqu'au bout. Je suis quelqu'un d'assez pudique. Au fil des répétitions, on oublie la nudité mais je ne crois pas que j'accepterais le strip-tease ailleurs qu'ici. " Et puis, il y a la perruque, les talons hauts et le rouge à lèvres de rigueur. Un costume minimum, mais un costume quand-même... " Selon mon état d'esprit, poser est un moment de réflexion, de méditation ou de grande violence intérieure, ce n'est jamais neutre ", confesse Benjamin Mayet, 28 ans. Pour ce qui est de l'enveloppe charnelle, ce jeune modèle vivant, acteur de formation, est plutôt du genre nerveux. " Je suis tout en os et en muscles. Rester 45 minutes d'affilée sans bouger dans des positions où le corps est tordu, noué demande une vraie force mentale et physique. " Dans le magnifique atelier parisien de la Grande Chaumière, à Montparnasse, où il achève une séance devant une quinzaine de dessinateurs, il fait le tour des chevalets. " C'est intéressant de voir ce que les gens ont perçu de vous. Non pas la nudité qui est complètement anecdotique ou l'aspect purement anatomique mais la part émotionnelle. " Initié il y a deux ans à cet exercice qui lui a permis de mieux accepter son corps, il arrive que le plus gêné des deux ne soit pas lui mais le public. " Un jour, pour décoincer des étudiantes américaines qui n'osaient pas quitter le nez de leur carnet de croquis, j'ai mimé tout nu la Statue de la Liberté. " Benjamin, so french ?Ne l'appelez pas strip-teaseuse, elle le prendrait moyennement. Minnie Valentine, 25 ans, est effeuilleuse depuis trois ans. " Ce n'est pas du tout pareil car il n'y a pas de nu intégral et mes spectacles ne sont pas destinés au seul public masculin. " Fan de comédies musicales de la grande période hollywoodienne, elle rappelle que son nom d'emprunt se prononce à l'anglo-saxonne, peut-être en référence à ses origines paternelles britanniques. " Minnie Valentine, c'est une fille espiègle, douce et pétillante... c'est moi en exagéré ", s'amuse-t-elle. Son dernier numéro chanté, pour lequel elle porte un col en plumes d'autruche et des sous-vêtements en strass, s'appelle From Raven to Peacock, du corbeau au paon, le tout sur une musique de Johnny Cash. " Je ne suis déshabillée qu'à la toute fin, cela dure 5 secondes, c'est un peu la cerise sur le gâteau. Non, pour rien au monde, je ne voudrais être strip-teaseuse. " Être nue, quoi de plus naturel ? Pour Sophie Darras, 29 ans, c'est bien de porter jeans et chaussures qui est vécu comme une contrainte. " À mes yeux, la nudité est la chose la moins taboue qui soit ", affirme cette jeune femme qui a fait du contact avec la peau sa profession. Formatrice en massage naturiste, elle défend une approche sensuelle du bien-être pour Szen, une enseigne qui compte une vingtaine d'établissements en France, en Suisse et en Espagne, et s'implantera en 2012 en Belgique. " Ce n'est pas parce que nos masseuses et masseurs sont dévêtus et qu'ils chouchoutent le corps qu'il y a des débordements ", insiste Sophie, rappelant, selon la charte de l'institut, que les effleurements sont pratiqués sans connotation sexuelle. " Comme cliente et praticienne, les massages classiques m'ennuient, je les trouve froids. Lorsque les deux se retrouvent nus, c'est-à-dire sur un pied d'égalité, c'est une autre expérience ", explique celle qui a toujours vu les " textiles " comme des gens à part. " Petite, j'allais déjà avec mes parents dans des campings naturistes. C'est le synonyme absolu de la liberté. Je ne peux pas envisager les vacances autrement, encore aujourd'hui... "Le programme ? Trois sessions pour apprendre l'art de bouger et de se déshabiller dans l'intimité. À destination de toutes les femmes, quel que soit leur âge. " Mon public est constitué de petits groupes de 18 à 65 ans, détaille Eliska Cross. Les cours à raison d'une heure trente à deux heures par séance se passent à domicile ou dans une salle. La finalité n'est pas tant la nudité, très accessoire, que la prise de conscience de l'acceptation de son corps. S'accepter tel que l'on est, c'est le début de la séduction. " Modèle pour la grande photographe Bettina Rheims, et ex-actrice de X, cette brune, originaire du sud-ouest de la France, a eu l'idée de sa nouvelle activité il y a trois ans. " Mes cours de séduction sont très différents du coaching qui s'adresse à des professionnels du strip-tease. Ici, c'est tout le contraire, ils sont ouverts à toutes mais dans un cadre très strict. " Les règles du professeur Cross sont claires : " il n'y aucun rapport de séduction avec le public. " Même s'il s'agit en l'occurrence d'en (ré)apprendre les rudiments... www.art2laseduction.frPAR ANTOINE MORENO