1. VASAMUSEET, LE GALION DU ROI

Ou comment faire d'une catastrophe l'un des musées les plus extraordinaires qui soient. Le Vasa devait être l'orgueil de la nouvelle flotte suédoise, mais l'histoire a basculé le 10 août 1628 : le Tout-Stockholm était venu assister au lancement du galion le plus puissant jamais construit jusqu'alors. Seulement voilà, le roi Carl Gustaf l'avait voulu tellement gigantesque qu'il aura suffi d'un coup de vent pour le faire sombrer vingt-huit minutes après sa mise à flot. Il semble aussi qu'il avait été mal lesté. L'épave, magnifiquement conservée grâce à la faible salinité de la Baltique, est découverte après la guerre 40-45 et renflouée en 1961. Le Vasa est à présent montré (95 % du bateau est d'origine !) tel qu'à son lancement, dans un édifice bâti autour de lui. De toutes récentes expositions retracent des visages de marins reconstitués grâce aux dernières technologies et évoquent de façon passionnante la vie à bord des bateaux de guerre au XVIIe siècle.
...

Ou comment faire d'une catastrophe l'un des musées les plus extraordinaires qui soient. Le Vasa devait être l'orgueil de la nouvelle flotte suédoise, mais l'histoire a basculé le 10 août 1628 : le Tout-Stockholm était venu assister au lancement du galion le plus puissant jamais construit jusqu'alors. Seulement voilà, le roi Carl Gustaf l'avait voulu tellement gigantesque qu'il aura suffi d'un coup de vent pour le faire sombrer vingt-huit minutes après sa mise à flot. Il semble aussi qu'il avait été mal lesté. L'épave, magnifiquement conservée grâce à la faible salinité de la Baltique, est découverte après la guerre 40-45 et renflouée en 1961. Le Vasa est à présent montré (95 % du bateau est d'origine !) tel qu'à son lancement, dans un édifice bâti autour de lui. De toutes récentes expositions retracent des visages de marins reconstitués grâce aux dernières technologies et évoquent de façon passionnante la vie à bord des bateaux de guerre au XVIIe siècle. www.vasamuseet.se Cap sur le quartier bourgeois d'Östermalm. Autrefois pauvre, il a été reconstruit sur le modèle parisien et se découpe en larges avenues plantées d'arbres. En son milieu, l'un des plus beaux musées suédois aborde 12 000 ans d'histoire nationale. Ici se trouve notamment la plus grande collection au monde d'objets de l'époque viking. Stèles runiques, armes, bijoux, vaisselle, drakkar, traîneaux... C'est toute la civilisation nordique médiévale qui est exposée. Avec, en point d'orgue, la salle souterraine des Ors. Y sont montrés les riches butins et trésors amassés par cette civilisation scandinave, dont un somptueux collier en or à sept anneaux datant du Ve siècle et sculpté de 458 personnages. Chaque été, la pelouse extérieure accueille le festival Viking Summer (artisanat et jeux pour tous les âges). www.historiska.se A quelques pas de renne du centre, sur l'île forestière de Djurgården, on est déjà en pleine campagne. Jadis réserve royale de chasse, ce magnifique espace vert préserve des chênes millénaires mais aussi une véritable institution nationale : le parc de Skansen. Il y a plus de cent ans, une immense opération de sauvetage a permis d'y transférer des quatre coins de la Suède plus de 150 bâtiments, majoritairement en bois, pour les reconstruire dans le domaine et ainsi conserver le patrimoine rural national. La plupart sont " habités " en journée et les costumes, métiers et occupations présentés de façon vivante sont eux aussi d'époque. De quoi découvrir le pays entier en quelques heures. Ainsi que son bestiaire : de l'ours brun à l'élan, en passant par le loup, tous sont au rendez-vous, en semi-liberté. On vient aussi à Skansen pour faire la fête les soirs d'été. A l'affiche : concerts classiques, folk ou rock... www.skansen.se C'est ici, dans l'île de Gamla Stan, que bat le coeur de la ville depuis le XIIe siècle. Un magnifique quartier quadrillé de ruelles bordées de maisons à pignons, d'églises Renaissance et de palais anciens qui se rejoignent sur Stortorget, la place centrale. Peintes en " rouge de Falun " ou en " jaune de Stockholm ", ces jolies bâtisses prennent au moindre rayon de soleil des airs méridionaux. L'île abrite aussi le palais royal : avec ses 608 pièces (une de plus qu'à Buckingham !), il serait la plus vaste demeure du genre au monde. La visite permet de découvrir notamment la salle du trône et les galeries d'apparat, mais aussi le Trésor royal et le Cabinet royal des Armes. Les passionnés se donneront rendez-vous sur l'heure du midi pour la relève de la garde... en musique. Achevé en 1923, de style dit " romantique national ", l'hôtel de ville de Stockholm est rapidement devenu l'un des emblèmes nationaux. La visite est d'office guidée mais permet d'en apprécier tous les détails. Ne pas manquer la salle décorée de millions de carreaux de mosaïque incrustés de feuilles d'or. Ni la célèbre salle bleue - où l'on ne trouve aucune trace de cette couleur car l'architecte s'est finalement ravisé d'en couvrir le plafond - qui accueille chaque 10 décembre le dîner Nobel. Les Suédois ne sont pas formalistes, et ce repas en est la plus belle preuve. Outre les officiels, des étudiants sont tirés au sort et siègent parmi les invités, qu'ils assènent de plaisanteries et de chants. Autre aspect surprenant : les bustes et portraits qui hantent les couloirs de l'édifice n'évoquent pas le passé guerrier de la monarchie suédoise, mais les ouvriers les plus méritants lors de la construction. Le plus récompensé - un immense tableau le représente - étant... le livreur de bière ! Breuvage dont la vente est toujours monopole d'Etat, du moins pour les alcools à haut degré. Un lieu consacré aux demi-dieux de la pop suédoise. Il fascinera d'abord les fans qui veulent tout savoir sur Benny, Björn, Anni-Frid et Agnetha. Mais les autres aussi, pour peu que l'on soit réceptif aux rythmes disco. Si l'entrée est assez prohibitive, il faut bien admettre que ce musée ultramoderne permet de passer quelques belles heures de détente. Chaque recoin réserve une surprise : costumes extravagants, instruments de musique, studio d'enregistrement, loges d'avant concert, clips, films, disques d'or, photos... Et, plus insolites, l'hélico qui figure sur la pochette de l'album Arrival, le piano mécanique qui retransmet en direct ce que Benny joue chez lui, une scène pour danser avec les hologrammes du groupe, une cabine où l'on enregistre une chanson avec eux (à télécharger ensuite sur Internet) et même une mini-discothèque pour se lâcher un bon coup. Comme la plupart des quartiers de Stockholm, Södermalm est une île, la plus méridionale des quatorze qui composent la ville. Jadis ouvrière, elle attire désormais créateurs, entrepreneurs et people. Une population bobo qui, le soir et le week-end, arpente les concept stores, les boutiques branchées, les petits bars et les restos qui ont fleuri un peu partout. Du coup, le lieu est devenu Sofo, par analogie avec le Soho new-yorkais. Comme c'est souvent le cas pour les zones en mutation, alors qu'il y a quelques années, personne ne voulait y loger, aujourd'hui, l'immobilier s'y arrache à prix d'or. Et si certaines rues serpentent toujours entre des maisons en bois, il y a longtemps que les ouvriers ne font plus la majorité des 100 000 habitants de ce territoire. Les adresses intéressantes sont innombrables et changeantes, mais le Café String, l'un des précurseurs de l'endroit, reste une valeur sûre. Rendez-vous branché, on y boit, on y mange et tout s'y achète. Même la chaise sur laquelle vous êtes assis peut partir avant la fin du repas ! Chaque dernier jeudi du mois, toutes les boutiques ouvrent en nocturne pour les " Sofo nights ". Café String, 38, Nytorgsgatan. http : //cafestring.se PAR ERIC VANCLEYNENBREUGEL