1. Il joue du chapeau depuis trente ans, on ne dirait pas. Naît en 1957 à Cheshire, passe par le Liverpool College avant d'aller étudier la mode au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres, en 1976. Diplômé mais fauché, il conduit un temps des poids lourds, trouve le temps de créer soir et week-end des bibis pour ses copines, finit par ouvrir une petite boutique londonienne en 1980 et c'est parti.
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1. Il joue du chapeau depuis trente ans, on ne dirait pas. Naît en 1957 à Cheshire, passe par le Liverpool College avant d'aller étudier la mode au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres, en 1976. Diplômé mais fauché, il conduit un temps des poids lourds, trouve le temps de créer soir et week-end des bibis pour ses copines, finit par ouvrir une petite boutique londonienne en 1980 et c'est parti. 2. À l'époque " punk 's not dead ", il tâte du no future. " Quand j'ai commencé à étudier à Londres durant les années 70, il y avait deux options : ou porter un pull beige ou être punk. J'ai préféré être punk. Il n'a fallu décider de rien, c'était la seule manière d'être. Avions-nous le désir d'être excentriques ? Sans doute un peu. Mais ce n'était pas le but principal. Chacun bricolait sa propre modeà "3. Au début des années 80, il verse dans le néoromantisme, fréquente très assidûment les clubs. La nuit est à lui et le crâne de Boy George, aussi, qui porte ses £uvres avec panache. Apparition fugitive dans le clip Do you really want to hurt me de Culture Club. 4. Quand le fils d'amis, 7 ans, lui demande : " Oncle Stephen, pourquoi portes-tu des chaussures de femme ? " il s'étonne. " Rien de plus normal pour moi que de porter des chaussures en plastique couleur lavande de Vivienne Westwood. "5. Ses clients se prénomment Diana, Madonna, Dita, Kylie, Marilyn, Mick. Surname : Spencer, Ciccone, Von Teese, Minogue, Manson, Jagger. 6. Il est british jusqu'au bout des ongles, chauvinisme très god save the queen compris. " Si on veut un designer commercial, on va à New York. Un créateur qui connaît les tissus, direction l'Italie. Du chic, c'est Paris. Mais si on rêve de création, c'est à Londres qu'il faut aller la chercher. "7. Il aime ce qui est " rigolo ". Son gimmick : novelty pour " nouveauté ", parfois pour " gadget ". 8. Il collabore avec John Galliano, Jean Paul Gaultier, Comme des Garçons, Azzedine Alaïa, Marc Jacobs, Hussein Chalayan, Giles Deacon, Gareth Pugh, Walter Van Beirendonck. " Il n'y a pas, dit-il, d'ingrédient secret dans une bonne collaboration. On espère toujours que cela va fonctionner, mais on n'est jamais certain. Impossible d'avoir du succès tout seul. Même si on est le plus brillant des créateurs sur cette Terre, on a besoin d'amis pour être stimulé. "9. Son design idiosyncratique dans des matériaux parfois radicaux mais toujours d'une élégance subversive n'a qu'un seul but : " Que votre chapeau se prenne d'amitié pour votre visage. " 10. Son rêve le plus fou ? Chapeauter la reine Fabiola. " Sa marque de fabrique, ce sont ses cheveux. Je devrais donc imaginer quelque chose qui aille avec sa coiffure. Mais dans une belle couleur ou une forme spéciale. Un chapeau qu'elle trouverait charmant et élégant. " Stephen Jones & l'accent de la mode, du 8 septembre prochain au 13 février 2011, au MoMu, 28, Nationalestraat, à 2000 Anvers. www.momu.be PAR Anne-Françoise Moyson avec Elke Lahousse