"Vous vous rendez compte ? Un terrain de 80 m2 vendu aux enchères pour quasi 2 millions d'euros ! Tous les journaux de ce matin en parlent. " Le taxi longe la fameuse plage de Bondi et son chauffeur pointe tout ébahi l'immense panneau annonçant la vente publique qui s'est conclue la veille. Sydney est ainsi devenue une cité opulente où des sommes folles sont atteintes, surtout lorsqu'il s'agit de monnayer des vues imprenables sur les flots qui la baignent.
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"Vous vous rendez compte ? Un terrain de 80 m2 vendu aux enchères pour quasi 2 millions d'euros ! Tous les journaux de ce matin en parlent. " Le taxi longe la fameuse plage de Bondi et son chauffeur pointe tout ébahi l'immense panneau annonçant la vente publique qui s'est conclue la veille. Sydney est ainsi devenue une cité opulente où des sommes folles sont atteintes, surtout lorsqu'il s'agit de monnayer des vues imprenables sur les flots qui la baignent. La maison de Helen et Malcolm, située à Point Piper, un des quartiers résidentiels huppés de la ville, qui compte quelques perles du genre, n'a pas échappé à cette nouvelle règle. Qui plus est, elle est idéalement orientée. La vue dont on jouit sur trois niveaux de l'habitation, et que l'on apprécie sans jamais s'en lasser depuis la terrasse ou en se baignant dans les eaux de la piscine, est tout simplement féerique. Le bureau d'architecture Durbach Block a superbement tiré parti de la situation en imaginant une maison qui, principalement au rez-de-chaussée, donne l'illusion qu'il n'y a aucune séparation entre intérieur et extérieur. Il a usé avec maestria de grands panneaux de verre jusqu'aux rambardes de la terrasse supérieure. Quant à la paroi de sécurité de la piscine, côté paysage, elle est intelligemment vitrée en dessous du niveau de flottaison, ce qui confère à l'ensemble l'apparence d'un aquarium. Neil Durbach et Camilla Block, ainsi que leur partenaire Joseph Grech, qui a suivi ce projet, ont valorisé un terrain tout en longueur, et qui descendait en pente raide la colline de Point Piper. L'espace a été optimisé en étirant la maison au maximum des possibilités et en la répartissant sur trois niveaux. Plongé dans la verdure, le rez-de-jardin (le sous-sol) est destiné aux locaux techniques, à une salle d'exercice physique et à des chambres d'amis. Le premier étage, lui, est réservé à deux chambres occupant les extrémités nord-est et sud-ouest. Où que l'on soit dans la maison, on peut profiter du panorama. Car au plan rectangulaire strict du terrain, les architectes ont répondu par des formes organiques. Les deux longues façades opposées de l'habitation décrivent, en effet, un S très étiré, ce qui a permis d'offrir de superbes vues sur toute la longueur. Les architectes ont ainsi conçu une séquence rythmée d'ouvertures dans le bois de cèdre de la façade du premier étage. Pour renforcer l'impression que la maison flotte sur les eaux, les architectes ont déposé l'étage supérieur sur un rez-de-chaussée entièrement vitré. Celui-ci comporte deux pièces majeures : le grand living où s'illustre la passion des propriétaires pour le mobilier, les objets et l'art contemporain. Habillé d'un grand tapis en laine bouclée côté salon, le sol est pavé de grandes dalles géométriques polies et taillées dans la pierre bleue de Kota. Il met bien en évidence un long dressing en bois clair qui se reflète dans cet élément naturel. Pratiquant à nouveau l'art de la transparence, les architectes ont placé la cuisine deux à trois mètres en retrait du living et de sa partie salle à manger, ménageant à l'extérieur une petite cour intime qui vient idéalement s'incruster dans l'architecture. Toutes les parois étant vitrées - et la plupart d'entre elles amovibles -, on peut circuler librement d'un espace à l'autre, tant par l'intérieur que par l'extérieur. La cuisine compte une table de salle à manger et un salon de coin très confortable où l'on peut se détendre, tout en participant à la préparation du repas. Le cuisinier de service dispose d'un équipement intégrant toutes les technologies disponibles, jusqu'au four à pizza et à pain. Rien n'est ici superflu, si l'on se réfère au caractère cosmopolite de la scène culinaire et gastronomique de Sydney. Carnet d'adresses en page 120.Texte et photos : Jean-Pierre Gabriel