La façade blanche du petit immeuble de six étages ne laisse rien transparaître de la belle histoire qui s'y déroule. Plantée à un coin de Union Square, la grande place un peu bohème de New York, avec son marché de produits biologiques du week-end, l'ancienne Factory de l'artiste pop art Andy Warhol (1928 - 1987) serait retombée dans l'anonymat si Tai Ping n'avait décidé de lui redonner vie. Fondée en 1956 à Hongkong, cette entreprise spécialisée en tapis et moquettes sur mesure prend le xxie siècle de plain-pied avec l'ouverture de son premier show-room aux Etats-Unis. Et en superposant l'image du fabricant chinois, fournisseur des grandes cours royales, et celle du pape de la boîte de conserve calligraphiée, les dirigeants de Tai Ping tiennent à exprimer une nouvelle approche contemporaine. Les références à la Chine traditionnelle ne sont pas oubliées pour autant, mais réapparaissent sous forme de réminiscences.
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La façade blanche du petit immeuble de six étages ne laisse rien transparaître de la belle histoire qui s'y déroule. Plantée à un coin de Union Square, la grande place un peu bohème de New York, avec son marché de produits biologiques du week-end, l'ancienne Factory de l'artiste pop art Andy Warhol (1928 - 1987) serait retombée dans l'anonymat si Tai Ping n'avait décidé de lui redonner vie. Fondée en 1956 à Hongkong, cette entreprise spécialisée en tapis et moquettes sur mesure prend le xxie siècle de plain-pied avec l'ouverture de son premier show-room aux Etats-Unis. Et en superposant l'image du fabricant chinois, fournisseur des grandes cours royales, et celle du pape de la boîte de conserve calligraphiée, les dirigeants de Tai Ping tiennent à exprimer une nouvelle approche contemporaine. Les références à la Chine traditionnelle ne sont pas oubliées pour autant, mais réapparaissent sous forme de réminiscences. Le studio d'Andy Warhol, haut lieu artistique et de rencontres de l'avant-garde dans les seventies, a été rafraîchi pour accueillir Tai Ping. Le quatrième étage de l'ancien entrepôt est organisé selon des principes Feng Shui et a même reçu la bénédiction solennelle de R.D. Chin, maître de cette discipline ancestrale chinoise de l'art de vivre. Dans une petite pièce attenante à l'entrée, les représentants de la compagnie reçoivent leurs clients, pour la plupart des professionnels du design et de l'architecture, avec une tasse de thé servie sur une longue table en bois massif. James Kaplan, le directeur, met un point d'honneur à ce que le visiteur qui pénètre dans l'espace respire les effluves de jasmin et non l'odeur des rouleaux de moquettes. " Nous avons imaginé l'espace comme celui d'un musée, d'une galerie d'art ou encore d'une boutique élégante ", explique-t-il. Les locaux de Tai Ping sont inspirés de certaines demeures chinoises, où chaque espace devient plus privé à mesure que l'on franchit de nouveaux seuils. Du lobby, on pénètre dans la pièce principale en poussant une lourde porte à battants estampillée de deux demi-lunes en bronze blanc, symbole arboré par les membres de la dynastie Ming sur leur poitrine pour témoigner de leur pouvoir. Le vaste showroom s'étire le long de six baies vitrées surplombant Union Square. De fines colonnes ponctuent l'espace. Les voûtes de briques formant le plafond ont été mises au jour, restituant à l'ensemble le look préindustriel qui était le sien à sa construction en 1880. Les échantillons des deux derniers opus de Tai Ping sont disposés à la verticale dans des emplacements individuels face aux baies vitrées baignées de lumière naturelle. La Française Yasmina Kossmann en signe les motifs. " Nomade " est une collection de tapis et de moquettes épaisses inspirée de l'Orient, des tatouages et des peintures au henné, de textiles et broderies, de géométrie florales et ethniques, des croisillons de caravansérails, des tuiles de terracotta. La collection " Orientations " évoque, elle, les timbres chinois, le travail de calligraphie et les ornements architecturaux de la Chine ancienne. Ce choix de tapis est une exploration des effets de matières et de combinaisons de fibres naturelles : la laine, la soie, le lin, le sisal, le cachemire... Fort de son héritage traditionnel, Tai Ping offre toujours aujourd'hui des tapis exclusifs tuftés à la main, réalisés dans son usine thaïlandaise selon des pratiques centenaires. Mais confrontée au développement des technologies, la marque s'est aussi diversifiée pour répondre aux nouveaux souhaits de dimensions XXL destinées à des aéroports ou de grands hôtels, par exemple. " Tai Ping travaille sur mesure et répond à toutes les demandes, dans tous les styles ", affirme un de ses représentants. Notre société répond aussi bien aux désirs particuliers de clients individuels qu'aux besoins de confort de lieux publics très fréquentés. Ses tapis et moquettes habillent le sol de palaces royaux, de mosquées, de grands hôtels, de clubs, de théâtres, de yachts, de bureaux de grandes banques et de propriétés privées. " Depuis toujours, Tai Ping entretient une relation privilégiée avec les chefs d'Etat et la royauté. Ses tapis recouvrent les couloirs, les salons et les salles de réception de Buckingham Palace et du château de Windsor, en Angleterre. Les cours d'Ethiopie, du Congo, d'Arabie Saoudite, de Côte d'Ivoire et du Bhutan partagent le même goût pour ses moquettes épaisses et chamarrées et pour son savoir-faire traditionnel. Dans le domaine commercial, parmi ses fidèles, on trouve les aéroports de Hongkong et de Bangkok, le casino de Monte-Carlo, les hôtels Four Seasons, Hilton, Sheraton, Mandarin Oriental, Gramercy Park, à New York, Ritz, à Paris, sans oublier des spas selects, des yachts de luxe, les enseignes Fendi, Kenzo, Lancel, Louis Vuitton ou encore Le Bon Marché, à Paris. Les showrooms de Tai Ping en Europe, en Asie et aux Etats-Unis reçoivent la visite d'architectes et de designers travaillant pour le compte de clients des plus exigeants. Les designers maison puisent leur inspiration dans une banque de données d'archives comprenant plus de 10 000 motifs d'hier et d'aujourd'hui et une palette de couleurs illimitée... Ce qui n'aurait certainement pas déplu à Andy Warhol lui-même. Elodie Perrodil