Olivier Theyskens n'aurait pu être qu'une simple étoile filante. Son arrivée soudaine sur les podiums parisiens en 1998, à 21 ans à peine, semblait en effet beaucoup trop belle pour être durable. Mais le temps et le talent lui ont donné raison. Aujourd'hui, le jeune Bruxellois fait partie des tout grands noms de la création textile et sa détermination est plus forte que jamais. Il est vrai que le parcours d'Olivier Theyskens est unique dans la courte histoire de la mode belge. Après deux années passées à La Cambre, l'é...

Olivier Theyskens n'aurait pu être qu'une simple étoile filante. Son arrivée soudaine sur les podiums parisiens en 1998, à 21 ans à peine, semblait en effet beaucoup trop belle pour être durable. Mais le temps et le talent lui ont donné raison. Aujourd'hui, le jeune Bruxellois fait partie des tout grands noms de la création textile et sa détermination est plus forte que jamais. Il est vrai que le parcours d'Olivier Theyskens est unique dans la courte histoire de la mode belge. Après deux années passées à La Cambre, l'étudiant impatient décide de quitter l'école pour se lancer massivement à l'assaut des " best fashion people ", dixit l'intéressé. Il réalise un mini-catalogue de ses créations en 1997, se fait remarquer par l'influente photographe de mode Inez van Lamsweerde qui attire elle-même l'attention de Madonna sur ce jeune talent émergent. Réellement séduite, la star américaine commande illico presto quelques pièces griffées Theyskens. Le buzz est lancé : nous sommes en pleine " Madonnamania " et les magazines anglo-saxons tels que " Vogue " et " The Face " emboîtent le pas. " Un nouveau talent belge serait en train d'éclore... ", chuchote-t-on dans les milieux branchés. Quelques mois plus tard, les journalistes de mode et les acheteurs potentiels viennent en nombre au premier défilé d'Olivier Theyskens à Paris. Le coup d'essai est un coup de maître. Les silhouettes sensuellement gothiques du jeune créateur révèlent un sens inné de la coupe, une inventivité féconde et une assurance prometteuse. Le Bruxellois au profil romantique devient instantanément la nouvelle coqueluche des podiums parisiens. Bien sûr, le soufflé aurait pu rapidement retomber, mais Olivier Theyskens est un fin stratège et, surtout, un créateur inspiré. En peu de temps, sa marque gagne du galon et se retrouve dans une petite centaine de points de vente à travers le monde, avec une présence majoritaire aux Etats-Unis. Pourtant, en 2001, le Bruxellois décide, contre toute attente, de mettre sa griffe entre parenthèses " pour des raisons très personnelles " ( sic). Sa disponibilité le place alors au centre de toutes les spéculations. On le pressent un moment successeur d'Alexander McQueen chez Givenchy, mais c'est au c£ur de la maison Rochas que l'inattendu Olivier Theyskens rebondit finalement à l'aube de l'année 2003. Aujourd'hui, le créateur s'est exilé à Paris pour mener à bien sa mission de directeur artistique de la marque fondée par Marcel Rochas en 1925, mais il ne désespère pas ressusciter un jour sa propre griffe momentanément endormie. C'est tout le bien qu'on lui souhaite... Frédéric Brébant