Jamais à court d'imagination, les spécialistes, qui les ont autopsiés sous toutes les coutures, les ont déjà baptisés d'un nouveau nom, un vocable un peu barbare, plutôt rustre : les solibataires. Traduction : ceux qui vivent en solo. Par choix, par obligation ou bien encore provisoirement. A savoir, bien sûr, les allergiques au mariage ou les tendrons qui n'auraient pas encore trouvé l'âme s£ur. Mais aussi, les veufs et les divorcés. Tous ceux qui, en 2020, représenteront pas moins de 36 % des ménages belges. Un poids é...

Jamais à court d'imagination, les spécialistes, qui les ont autopsiés sous toutes les coutures, les ont déjà baptisés d'un nouveau nom, un vocable un peu barbare, plutôt rustre : les solibataires. Traduction : ceux qui vivent en solo. Par choix, par obligation ou bien encore provisoirement. A savoir, bien sûr, les allergiques au mariage ou les tendrons qui n'auraient pas encore trouvé l'âme s£ur. Mais aussi, les veufs et les divorcés. Tous ceux qui, en 2020, représenteront pas moins de 36 % des ménages belges. Un poids économique à donner le tournis, une magnifique source future de profit pour le business. Car c'est bien connu, une personne seule dépense bien davantage pour survivre qu'un couple installé. Emancipation de la femme, révolution sexuelle, dévalorisation des liens conjugaux, poussée de l'individualisme... les mutations culturelles et sociales qui favorisent l'éclosion du célibat sont nombreuses. Il n'empêche. La quête pour trouver encore sa " moitié d'orange " reste bien vivace (lire pages 28 à 32). L'affaire n'est pas simple. Car il s'agit de mêler étroitement le désir d'autonomie et la soif de relation à l'autre. Doublée d'une vraie peur, aussi, et c'est bien là le paradoxe, de l'autre. Et puis l'engagement, comme un boomerang, ne nous renvoie-t-il pas toujours à notre propre histoire, parfois bien douloureuse. Pourquoi suis-je célibataire ? A 30 ans, la question pointe son nez. A 40, pour certains, elle demande une réponse urgente. Dur dehors, doux dedans. Car sous les airs faussement détachés, les candidats à l'aventure à deux, déclarés ou non, poursuivent inlassablement leur quête. Comme le prouve le juteux marché de la rencontre. Ratages amoureux, extases romantiques, grands frissons, bleus et bosses, il s'agit de nager sans bouée, d'apprendre les nouveaux codes, de repenser les relations hommes-femmes, les formes de vie en commun de demain. A ses risques et périls. Dans un univers mouvant, qui tangue de partout, sans balise, sans recette. Autant d'équilibres funambulesques si on se regarde un peu trop le nombril. Car la réussite demande un dosage délicat qui mêle respect de l'autre, attention, compréhension, tolérance, générosité. Le tout persillé d'une bonne dose d'humour (ça aide) et de sérénité (zen !). Une alchimie complexe qui s'appuie sur les ressorts intimes de chacun, mais dont on peut difficilement faire l'économie. Au risque de s'illusionner, de s'engager dans de vrais faux contacts, des blablas amoureux, des égarements qui conduisent tout droit... à la case départ. Avec, en prime, de nouveaux chocs qui peuvent laisser encore plus groggy. Christine Laurent