Cette boutique, Sabrina Palmisano ne l'avait pas imaginée, étant plus jeune. Même dans ses rêves les plus fous. Pour preuve, au moment de choisir sa voie, la Bruxelloise opte pour des études en sciences politiques et droit international, un domaine dans lequel elle travaillera plus de six ans. Mais ça, c'était sans compter sur l'arrivée de sa fille Hannah, il y a bientôt quatorze ans...
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Cette boutique, Sabrina Palmisano ne l'avait pas imaginée, étant plus jeune. Même dans ses rêves les plus fous. Pour preuve, au moment de choisir sa voie, la Bruxelloise opte pour des études en sciences politiques et droit international, un domaine dans lequel elle travaillera plus de six ans. Mais ça, c'était sans compter sur l'arrivée de sa fille Hannah, il y a bientôt quatorze ans... Cette naissance amène la Belge aux racines italiennes à s'intéresser au secteur de l'enfant, un monde qui lui était jusqu'alors inconnu. " Rapidement, je me suis rendu compte qu'il était difficile de trouver des pièces sortant un peu des sentiers battus. Je ne voyais rien de moderne. A l'époque, on estimait encore trop souvent qu'un vêtement de bébé confortable n'avait pas besoin d'être raffiné. Et pour ma part, je n'avais pas non plus envie de me déguiser, en portant par exemple un sac à langer bleu flash décoré de canards blancs. " A défaut d'autre chose, Sabrina Palmisano tente l'expérimentation, teint quelques tissus dans des couleurs unies et denses, à mille lieues du rose pâle, joli certes, mais si classique. " Je voulais me rapprocher des nuances de l'univers adulte ", confie celle qui ne s'arrête pas là et demande à un atelier protégé de fabriquer quelques tours de lit, qu'elle colore ensuite à sa guise. Pour accompagner l'ensemble, la brunette pétillante chine du mobilier, qu'elle décape et repeint. Finalement, sa chambre imaginée sur mesure pour sa fille plaît tellement à ses amies, et aux copines de ses copines, que Sabrina, née sous le signe du bélier, donc plutôt impulsive, décide d'ouvrir une boutique. Le fleuriste Thierry Boutemy quitte justement son espace de la rue du Magistrat, à Bruxelles, le loyer convient, en deux temps trois mouvements, l'affaire est pliée et le nom de son nouveau repaire trouvé : Boucle d'or, en référence au conte pour têtes blondes narrant la rencontre entre une demoiselle aux cheveux ondulés et trois oursons. On y trouve son linge de lit et de beaux objets dégotés au marché aux puces. " Des pièces artisanales, un style contemporain, sans fioriture. " La demande est au rendez-vous, et les expositions de jeunes artistes, qu'elle organise régulièrement en ses murs, contribuent à la faire connaître. Résultat, lorsque deux ans plus tard, Boucle d'or a la possibilité de déménager en plein quartier du Châtelain, Sabrina Palmisano hésite à peine - heureusement, les potes y croient aussi, et tous ensemble, ils parviennent à transformer l'endroit, assez froid, en un petit nid accueillant. Au fil des ans, Boucle d'or évolue. Le linge de maison fait progressivement place à des marques de prêt-à-porter, de déco et de jeux. Aujourd'hui, ses clients français, bruxellois, mais aussi anversois viennent lui rendre visite pour sa très jolie sélection de labels : Simple Kids, Bonton, Finger in the nose, American Outfitters, Aymara, Louise Misha, la griffe japonaise Hakka Kids... Mais dans ce charmant magasin réparti sur deux étages, pas question de rester sur ses acquis. " A partir du moment où l'on ne peut pas concurrencer les prix de la grande distribution, il faut être stratège, épater continuellement sa clientèle, se démarquer avec des collections innovantes, des accessoires que l'on ne trouve pas ailleurs... " Entre avril et août, Sabrina Palmisano part donc régulièrement à l'étranger, à la recherche de nouvelles idées, que ce soit à Brooklyn, en Serbie, dans le nord de l'Espagne... Pour cet hiver, par exemple, elle s'est rendue dans une usine écossaise, où elle a commandé cinquante casquettes en tweed, histoire de tenir la tête des garçons bien au chaud. " Les projets émergent au gré des rencontres et des visites. C'est souvent une démarche intimiste, puisque les productions qui en découlent sont parfois réalisées de façon artisanale, voire même conçues d'après mes envies. " Autant de trésors qu'elle se fait ensuite un plaisir de partager avec sa clientèle... Boucle d'or, 12, rue du Tabellion, à 1050 Bruxelles. http://boucledoronline.com/fr/PAR CATHERINE PLEECK" Des pièces artisanales, sans fioriture. "