Cela faisait dix-sept ans déjà qu'il oeuvrait chez Burberry. Une éternité dans la mode, où la " durée de vie " d'un directeur artistique à la tête d'une griffe n'excède parfois que quelques saisons. Non content d'avoir pimpé cette institution britannique, Christopher Bailey avait secoué le cocotier du secteur tout entier en étant parmi les premiers à nouer des partenariats avec Snapchat, Periscope ou Instagram, mais aussi...

Cela faisait dix-sept ans déjà qu'il oeuvrait chez Burberry. Une éternité dans la mode, où la " durée de vie " d'un directeur artistique à la tête d'une griffe n'excède parfois que quelques saisons. Non content d'avoir pimpé cette institution britannique, Christopher Bailey avait secoué le cocotier du secteur tout entier en étant parmi les premiers à nouer des partenariats avec Snapchat, Periscope ou Instagram, mais aussi à fusionner les collections Homme et Femme, histoire de faciliter le passage au nouveau modèle économique du " see now, buy now " garantissant la disponibilité des vêtements montrés au lendemain même du défilé. Plus que jamais, on se devait donc de parler de show pour les adieux de ce maître du buzz, entouré pour l'occasion de plus de 1300 invités, le 17 février dernier. Comme souvent chez Burberry, Cara Delevingne, découverte par le créateur sept ans plus tôt, a mené le final de la présentation sous un spectre de lumières lasers multicolore. Au delà de l'hommage aux pièces iconiques et aux codes de la marque - le trench bien sûr, mais aussi les lunettes aviator, la cape, le poncho et le manteau militaire - le dernier tour de piste de " Mr Nice Guy " offrait surtout une énorme visibilité médiatique à la cause LGBTQ+. " Il n'a jamais été plus important qu'aujourd'hui de dire haut et fort que c'est dans notre diversité que résident notre force et notre créativité ", insistait le styliste dans sa note d'intention. Pour l'occasion le célèbre tartan omniprésent sur le catwalk s'était lui aussi mis aux couleurs arc-en-ciel. Quelques jours plus tôt, à New York cette fois, Desmond Napoles, 10 ans, mieux connu sous le nom de son avatar virtuel Desmond is Amazing, devenait le premier " drag kid " à défiler pour le label de streetwear Gypsy Sport. Une Fashion Week Femme qui avait déjà vu pas moins de 45 modèles transgenres s'emparer des podiums la saison dernière. En 2017, le monde de la mode avait fait du féminisme son cheval de bataille, avec tous les risques de récupération marketing que cela pouvait hélas sous-entendre. Il semble qu'il soit prêt à mener de front un second combat.