C'est ce que l'on pourrait appeler en langage fashion un gimmick de saison, la pièce improbable que les rédacteurs de mode feignent de redécouvrir chaque année alors qu'elle n'en finit pas de squatter les défilés, un peu comme si le fait d'en faire l'incontournable de l'été devait garantir sa disparition des placards l'année prochaine. Il faudra pourtant s'y faire : la fièvre tropicale a une fois de plus frappé les créateurs en mal de couleurs criardes, de palmiers et de fleurs extra-larges. Chez Louis Vuitton, Balenciaga, AMI, Dries Van Noten, sans oublier l'ambiance carrément grande barrière de corail chez Paul Smith, il y a comme un parfum de nostalgie à la Magnum - la mode, il est vrai, n'aime rien tant que de regarder dans le rétroviseur des tendances, ici carrément rétro-kitsch, pour mieux rassurer par temps de crise. Ce serait oublier que l'imprimé hawaïen a aussi été vu sur des personnalités plus subversives que le détective moustachu incarné par Tom Selleck. On pense bien sûr au Johnny Depp complètement barré de Las Vegas Parano (1998) - on notera au passage que le bob qu'il portait alors est pour le coup " le " couvre-chef qu'il faudra assumer en 2018 - et l'inoubliable Leonardo DiCaprio en chef de gang mortellement amoureux dans Roméo + Juliette (1996). Le curseur stylistique aura donc de la marge.

Ami © imaxtree
Paul Smith © imaxtree
Las Vegas Parano © belga
Balenciaga © Monica Feudi