Lorsque Madeleine Wermenbol a décidé sur un coup de tête d'acheter ses mètres carrés dans un ancien atelier de taille de diamants de Borgerhout, il y a onze ans, avoir de la place pour les jouets de ses futurs enfants n'était certes pas sa préoccupation première ! Après quelques transformations structurelles sur la base des plans du bureau B-architecten, la jeune femme a assuré elle-même l'aménagement de son cocon, optant d'emblée pour un mélange chaleureux, coloré et surtout très personnel de meubles et d'objets. Aujourd'hui encore, le loft reflète son sens très particulier de l'élégance et son ouverture aux autres cultures... tout en conservant le côté brut et l'impression d'espace propres à l'architecture industrielle.
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Lorsque Madeleine Wermenbol a décidé sur un coup de tête d'acheter ses mètres carrés dans un ancien atelier de taille de diamants de Borgerhout, il y a onze ans, avoir de la place pour les jouets de ses futurs enfants n'était certes pas sa préoccupation première ! Après quelques transformations structurelles sur la base des plans du bureau B-architecten, la jeune femme a assuré elle-même l'aménagement de son cocon, optant d'emblée pour un mélange chaleureux, coloré et surtout très personnel de meubles et d'objets. Aujourd'hui encore, le loft reflète son sens très particulier de l'élégance et son ouverture aux autres cultures... tout en conservant le côté brut et l'impression d'espace propres à l'architecture industrielle. La structure initiale aussi a été largement préservée : les deux uniques murs intérieurs délimitent la salle de bains et les chambres à coucher, séparées par des panneaux coulissants constitués d'une structure en bois habillée de Tyvek, un tissu synthétique dont l'aspect évoque celui du papier. Madeleine en a eu l'idée lors d'un séjour à Berlin chez une amie, qui en avait dans son appartement. " Le Tyvek se vend percé, car l'armée suédoise l'utilise comme camouflage dans les zones enneigées. En principe, il ne se déchire pas facilement, sauf lorsque de petits doigts s'accrochent un peu trop énergiquement aux trous... mais Wuletta, 5 ans, et Taitu, 1 an et demi, ont appris qu'elles ne peuvent pas y toucher. " Pour Madeleine, avoir des gosses n'implique pas forcément d'adapter sa déco, même s'il faut évidemment se faire à l'idée que les lieux risquent d'être un peu encombrés par leurs affaires. " Lorsque j'entre dans une maison où il y a des enfants, cela ne me dérange pas du tout que leur présence se remarque, et je ne me formalise donc pas que mes filles laissent traîner leurs vélos ou déversent leurs bacs de jouets par terre... mais il y a tout de même certaines règles à respecter. En tant que graphiste, je travaille généralement de la maison, et elles savent très bien qu'il n'est pas question d'aller chipoter sur mon bureau ou dans ma bibliothèque ! Mes livres sont vraiment l'un de mes plus grands trésors : j'aime la texture du papier, la forme, les caractères, les couleurs... et le contenu, évidemment, qu'il s'agisse d'art ou de nature. " Son goût des beaux ouvrages transparaît partout : les volumes débordent de la bibliothèque dans son coin bureau, s'empilent à côté des fauteuils et s'invitent même jusque dans la chambre à coucher, presque aussi omniprésents que les objets, bibelots et autres souvenirs de voyage. " J'aime les couleurs fraîches et gaies, mais pour le reste, mes choix sont souvent déterminés par ce que le hasard met sur mon chemin - comme cette baignoire orange, poursuit Madeleine. Certains vieux objets design aussi sont des trouvailles plus ou moins fortuites... même s'il a parfois fallu chercher un peu. C'est un principe que j'essaie dans la mesure du possible d'appliquer également aux jouets des enfants : j'ai par exemple déniché une jolie poussette vintage pour leurs poupées, des petites balles colorées fabriquées au Rwanda, des animaux en bois sur roulettes venus d'Ouganda... C'est tellement plus sympa que ce qui est disponible dans les supermarchés, et cela les amuse tout autant. " Le lit blanc en fil d'acier que Madeleine a acquis pour Wuletta est une autre preuve qu'il suffit parfois de fouiner un peu pour mettre la main sur une pièce exceptionnelle. " En quête d'un meuble original, j'ai repéré ce lit sur un site Internet français. Apparemment, il s'agit d'une réédition d'un modèle dessiné dans les années 60 par l'artiste italien Bruno Munari. J'avais un jour, tout à fait par hasard, acheté un de ses livres pour enfants, et sa créativité m'avait immédiatement séduite. D'autres bouquins ont rapidement suivi... et lorsque j'ai vu ce lit, je n'ai évidemment pas pu résister ! Non seulement il est possible de modifier la hauteur du matelas, mais le cadre est idéal pour accrocher toutes sortes de décorations et de babioles, ce qui permet de le transformer suivant l'évolution de nos goûts et de ceux des filles. " Les objets en plastique coloré abondent aussi dans la chambre de Wuletta (et, pour tout dire, un peu partout dans la maison). Madeleine est également une grande collectionneuse, qui prend notamment plaisir à accumuler les tissus trouvés sur les marchés d'Inde ou d'Afrique au fil de ses voyages. " Je me fie à mon instinct, sans forcément savoir à l'avance ce que j'en ferai. Comme je travaille régulièrement pour le secteur de la mode, j'avais aussi déjà une jolie collection de vêtements d'enfants avant d'adopter, avec Dominiek, Wuletta et Taitu... et l'annonce de leur arrivée a évidemment fait redoubler mon intérêt pour les jolies pièces hors du commun, comme ces sandales de plage vert fluo ramenées du Ghana. " On imagine sans peine que ce foyer lumineux et chaleureux est un véritable stimulant pour la créativité de Madeleine et de ses deux filles... qui ont en outre la possibilité de s'ébattre à coeur joie avec les bambins des voisins dans la cour intérieure commune - un autre atout majeur de ce type de logement ! PAR HADEWIJCH CEULEMANS PHOTOS : DIANE HENDRIKX