Janvier 1981. Comme chauffé à blanc, le cours du métal jaune grimpe à plus de 850 dollars l'once. Avec pour corollaire une flambée de la créativité des grands noms de la joaillerie - c'est à ce moment-là que Cartier lance ses premières montres en or et acier, qui caracoleront longtemps en tête des hit-parures. Un exemple qui devrait mettre du baume au c£ur des bijoutiers de luxe, frappés coup sur coup, crise oblige, par une diminution d'achats considérés comme secondaires et par un...

Janvier 1981. Comme chauffé à blanc, le cours du métal jaune grimpe à plus de 850 dollars l'once. Avec pour corollaire une flambée de la créativité des grands noms de la joaillerie - c'est à ce moment-là que Cartier lance ses premières montres en or et acier, qui caracoleront longtemps en tête des hit-parures. Un exemple qui devrait mettre du baume au c£ur des bijoutiers de luxe, frappés coup sur coup, crise oblige, par une diminution d'achats considérés comme secondaires et par un nouveau record historique du cours de l'or, qui atteignait il y a quelques semaines les 1 150 dollars l'once. Soit 50 % de plus qu'il y a deux ans. Place Vendôme et ailleurs, l'ingéniosité devrait donc briller de tous ses feux. Déjà, de précieuses pistes se dégagent. Ainsi, les lignes d'entrée de gamme se multiplient, tandis que l'or 10 carats creuse timidement son sillon et que l'argent retrouve ses lettres de noblesse ( lire en pages 32 à 36). Pour blinder la préciosité des créations sans avoir à répercuter la hausse du cours de l'or sur leurs prix, certains artisans misent plus que jamais sur le sertissage de pierres précieuses, qui n'ont pas subi la même poussée de fièvre. Sans oublier le recours à de nouvelles techniques ou à des alliages innovants, qu'explorent en pionniers de plus en plus de joailliers. Pour ses bijoux dessinés en nom propre, Lorenz Baümer, par ailleurs directeur de la création pour le département joaillerie Vuitton, a ainsi recours au titane et au laser ( lire en page 28). Mais le vrai bon filon à exploiter, c'est encore et toujours le rêve. C'est lui qui permettra sans doute de continuer à vendre des petites merveilles qui n'ont pas de prix à des clients qui n'ont plus de sous - ou du moins plus tant qu'avant : les achats d'or sur les marchés clés de l'Inde et du Moyen-Orient ont chuté de 40 %. Pour fêter ses 70 ans de présence aux Etats-Unis, Van Cleef & Arpels force le trait avec des bijoux oniriques qui revisitent les paysages californiens, à l'instar de ce disque d'opale de près de 100 carats sur lequel se détachent un palmier en diamants et une mer de saphirs ( lire en page 38). Chez Dior, Victoire de Castellane fête 10 ans de joaillerie ( lire en page 30) avec une collection en forme de conte, où se croisent rois, reines et trésors. Autant d'idées en or pour rendre de l'éclat à un marché morose. Delphine Kindermans Rédactrice en chefLe vrai bon filon à exploiter, c'est encore et toujours le rêve.