E lle est L'Instant de Guerlain. Sensualité faite femme, la Belge Ingrid Parewijk, 22 ans, prête avec maestria son corps parfait au nouveau jus de la célèbre maison parisienne. La petite dernière des tops made in Belgium a décidément tout d'une grande... elle qui incarne aujourd'hui les griffes les plus prestigieuses du luxe international.
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E lle est L'Instant de Guerlain. Sensualité faite femme, la Belge Ingrid Parewijk, 22 ans, prête avec maestria son corps parfait au nouveau jus de la célèbre maison parisienne. La petite dernière des tops made in Belgium a décidément tout d'une grande... elle qui incarne aujourd'hui les griffes les plus prestigieuses du luxe international. En septembre 2001, déjà, dans son article " Top models, les Belges à l'attaque ", notre journaliste Frédéric Brébant analysait un véritable phénomène au royaume de la mode : le succès et l'invasion des mannequins belges sur les podiums et les campagnes publicitaires. Ingrid Parewijk entrait dans le circuit quand An Oost, Delfine Bafort, Anouck Lepere, Kim Peers... étaient, elles, des stars. Un succès qui allait de pair avec celui de nos créateurs. " Les nouveaux top models belges se distinguent par une esthétique singulière mais qui est cependant difficilement définissable ", expliquait à l'époque Dominique Fache, la directrice de l'agence bruxelloise Dominique. Notre petit pays abrite bien des beautés exotiques, atypiques, dont le professionnalisme est remarqué et apprécié. Simplicité, sens de l'humour, spontanéité sont les qualités de ces belles en " noir, jaune, rouge ". Ingrid s'inscrit, elle aussi, dans la lignée. Grâce à son style sensuel et féminin, elle a fait une entrée fracassante dans le milieu du mannequinat... Depuis, elle voyage entre Paris, les Etats-Unis et, bien sûr, la Belgique qui reste son pays de c£ur. Elle enchaîne les contrats et les marques se l'arrachent (les lignes de vêtements Et vous, Victoria's Secret, Neuman Marcus, Dona Karan, Nautica, les bijoux Fred, la cristallerie Baccarat, le café Lavazza, Air France...). 7 h 50. Gare du Midi. Ingrid û cheveux blonds, jeans, pull noir û débarque de Paris où elle vient de poser, espiègle, sur un faux zèbre pour un magazine de mode. Pas le temps de savourer un petit déjeuner ! Elle doit se rendre illico au studio 202, où a lieu la séance photos pour le spécial mode printemps-été 2004 de Weekend. 8 h 00. Dans le taxi, interdit de manger ! Pour le petit déjeuner, il faudra encore patienter... Alors Ingrid, malgré la fatigue, parle de son métier. Après trois ans de droit et quelques petits boulots dans des bars et restaurants, elle tente sa chance, par l'intermédiaire d'un ami d'An Oost, à l'agence Dominique. Tout va alors très vite et elle est demandée aux quatre coins du monde. La Belge aime son métier pour l'indépendance qu'il procure, les voyages et les rencontres, mais, le plus dur, confie-t-elle, c'est la solitude des chambres d'hôtel et des aéroports. 8 h 10. Arrivée au studio. D'emblée, Ingrid demande qu'on lui retire ses faux ongles. La top séduit par sa spontanéité, son charme naturel et non par de faux-semblants. Anti-star par excellence, elle parcourt les villes sans prêter d'attention particulière aux abribus sur lesquels elle s'affiche et qui lui renvoient pourtant si bien son image. Son seul souci ? Qu'on ne la reconnaisse pas. Entre deux sourires, elle rappelle que ce n'est pas un exploit d'être belle et qu'à tout moment sa carrière pourrait s'arrêter. Pendant ses études de droit, le mannequinat ne lui semblait, à première vue, pas très difficile. Mais, aujourd'hui, Ingrid souligne que c'est tout ce qui englobe le métier qui est ardu. Gérer la fatigue, les horaires, le rythme épuisant des journées sans fin, les shootings éprouvants et, malgré tout, rester souriante et disponible, n'est pas de tout repos. 9 h 00. Pendant qu'on la coiffe et la maquille, Ingrid lance la conversation, dévoilant ainsi sa grande sociabilité. Bavarder : une habitude qu'elle a prise durant ses interminables heures passées dans les salles d'attente d'aéroport. Dans un soupir, elle raconte que la solitude est souvent pesante mais également enrichissante. " Cela me pousse à faire des rencontres et à m'imprégner des histoires de tous ces gens à qui je n'aurais peut-être jamais parlé en d'autres circonstances. " 9 h 30. La bonne humeur communicative d'Ingrid prend le pas sur la fatigue accumulée. Chaleureuse, elle se prête avec grâce aux essais d'habillage avec plaisir. Ses créateurs favoris ? Veronique Branquinho, Isabel Marant... De ses collègues et compatriotes, Ingrid ne dit que du bien. Elle épingle An Oost pour sa sympathie et Elise Combez pour son grand c£ur. Pour terminer, elle cite l'Américaine Jessica Miller pour ses belles expressions. Le plus important dans sa vie ? Sa ville, sa famille et ses amis, même si elle estime les voir trop peu lors de ses brefs passages en Belgique. 10 h 00. Devant l'appareil photo, Ingrid est décontractée. Les défilés, en revanche, la terrorisent. Elle se dit maladroite et tremble à la simple idée de tomber devant un parterre de professionnels. 10 h 30 - 15 h 20. Entre deux retouches et changements de vêtements, Ingrid Parewijk évoque ses souvenirs. Elle adore les voyages et particulièrement l'ambiance latino-brésilienne. Des anecdotes, elle en possède des malles entières. Au Maroc, par exemple, son avion a été bloqué par une tempête de neige en plein désert. C'est donc dans une voiture toute déglinguée, sans chauffage et sous un fond sonore de musique berbère qu'elle a continué sa route à travers les montagnes enneigées en bavardant la nuit entière avec le chauffeur. " L'autre extrême ", c'était à Los Angeles pour un shooting dans le désert. Le photographe refusant de prendre la voiture, c'est en hélicoptère privé qu'Ingrid a survolé Hollywood. 15 h 30. Ingrid s'allonge sur le divan, les yeux rivés sur sa montre. La pause sera de courte durée, car la wonder top doit bientôt s'envoler pour New York. Sur le trajet menant à l'aéroport, celle qui s'est transformée en Barbarella pour la campagne publicitaire Lavazza fait part de son envie, pourquoi pas ?, de devenir actrice. Pour passer du rêve à la réalité, il faudrait, reconnaît-elle avec franchise, qu'elle travaille un peu son accent anglais et qu'elle surmonte sa timidité. Mais pour l'instant elle n'aspire qu'à une bonne nuit de sommeil. Aude Gribomont