Carnet d'adresses en page 87.
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Carnet d'adresses en page 87.Lorsque le taxi entre dans Las Terrenas pour vous déposer dans le petit hôtel que l'agence de voyages vous a renseigné, vous parcourez d'abord quelques centaines de mètres d'une rue commerçante, mêlant quelques cases traditionnelles - dont celle du boucher - à ce qui peut ressembler à un centre commercial de province. Puis la voiture vire à gauche à 90°, passe quelques restaurants qui annoncent le village des pêcheurs. C'est alors que se déploie sous vos yeux une longue bande de terre peuplée de palmiers et de vagues douces qui viennent lécher de leur bleu turquoise cette frange côtière idyllique. Loin des énormes complexes touristiques de la République Dominicaine, Las Terrenas est située à l'entrée de la presqu'île de Samana, un petit paradis perdu qui attire un touriste en quête de différence, mais aussi, depuis peu, une belle brochette de stars. Robert De Niro a loué une maison ici au printemps. Des personnalités du show-business français et de la télévision y viennent, y achètent même du terrain en vue de construire une maison de vacances. Nombreux sont ceux qui, séduits par la virginité des sites, décident de s'y installer. Près de 3 000 étrangers - Français, Italiens, Espagnols - y ont élu résidence permanente au cours des dix dernières années. La population francophone est jeune, au point d'avoir ouvert de sa propre initiative une école primaire française. Le paysage de Las Terrenas et de ses environs est dominé par la présence de la mer. Mais il ne faut pas sous-estimer l'importance de l'arrière-pays et la beauté de ses collines. Ce sont elles, en effet, qui séduisent le plus ceux qui ont la possibilité de se faire bâtir une maison exceptionnelle. Celle-ci, juchée sur un promontoire, a été réalisée selon les v£ux d'un ancien mannequin dominicain. La partie la plus imposante de cette construction aux lignes contemporaines - une rareté dans la région - s'est rapidement estompée dans la végétation luxuriante. Son plan est simple. Il comporte un niveau majeur. Le couloir d'entrée donne accès à une série de chambres destinées à la famille et aux invités. Il débouche sur une grande pièce qui elle-même s'ouvre entièrement sur l'extérieur par l'entremise de hautes portes vitrées coulissantes. Sur sa longueur, deux blocs se font face, l'un comprenant une grande cuisine et l'autre un salon aux dimensions modestes. Faute de trouver des meubles sur le marché local, les assises et les rangements ont été réalisés en dur, tandis que les portes, elles, ont été exécutées en bois. Le béton, seul matériau de construction facilement disponible sur place est aussi employé pour les sols. Ne cherchez pas la salle à manger, elle est bien naturellement située dehors, sous un grand auvent couvert de tuiles, seule concession que l'on semble avoir fait à la construction classique. Quelques marches permettent d'accéder, après une ample esplanade blanche, à la piscine d'un bleu étourdissant, autant que le ciel et les flots qu'on peut apprécier de presque tous les côtés. La vue est encore plus impressionnante depuis l'étage, qui réunit une chambre et sa salle de bains-dressing. Ici encore, tous les supports, cloisons et rangements, en ce compris la base du lit, sont en dur. Lorsque les persiennes aux lattes inclinables laissent filtrer la lumière du jour, l'ambiance est purement magique, mise en relief par la combinaison du bleu tendre et du blanc immaculé. Car la couleur, évocation de l'architecture moderne mexicaine, elle-même influencée par celle des cases traditionnelles, fait ici partie intégrante de cette construction époustouflante. Quant au bleu intense qui habille l'enveloppe extérieure de la maison, il assagit ce monolithe, laissant au ciel la primauté sur l'£uvre des hommes. Jean-Pierre Gabriel