Né à Memphis Tennessee en 1943, Hilton McConnico vit et travaille à Paris depuis 1965. De scénographies en mobilier, de décors en objets, il n'a cessé de célébrer la beauté de la couleur, y mêlant l'humour au fantastique, l'élégance à l'audace. " La couleur, j'y crois, je l'aime et je lui fais confiance. Impossible de vivre sans toutes ces teintes qui symbolisent la vie. Il y a une certaine ivresse à les savoir si nombreuses et à les mélanger. Je n'en vois pas de plus riches ou de pl...

Né à Memphis Tennessee en 1943, Hilton McConnico vit et travaille à Paris depuis 1965. De scénographies en mobilier, de décors en objets, il n'a cessé de célébrer la beauté de la couleur, y mêlant l'humour au fantastique, l'élégance à l'audace. " La couleur, j'y crois, je l'aime et je lui fais confiance. Impossible de vivre sans toutes ces teintes qui symbolisent la vie. Il y a une certaine ivresse à les savoir si nombreuses et à les mélanger. Je n'en vois pas de plus riches ou de plus pauvres. Leur éclat dépend de leur situation réciproque. Il ne faut pas avoir peur de la couleur, elle ne mord pas ", conclut le designer qui plonge ici dans tous les dégradés de lilas, dans les verts indéfinis, les rouges éclatants, comme s'il en était assoiffé. Tout le plaisir est dans la manière dont il s'empare " sans tabou " de tous ces coloris. Avec une grande maîtrise conceptuelle, l'aménagement de cet appartement démontre comment le déploiement de la couleur devient vecteur de lumières, de surfaces et d'espaces. Jacqueline Ternier-David, femme d'affaires, voyageuse, urbaine et conviviale, souhaitait à Paris un lieu confortable comme une suite d'hôtel mais affranchi des standards communs. En quelques mots : un intérieur à la fois ample et intime où la primauté de la fantaisie serait guidée par une certaine... rigueur. Elle s'en remet à Hilton McConnico pour porter le projet et lui donne carte blanche. Ce que l'on voit ici est une sorte d'allégresse " inspirée par les comédies musicales américaines ; une ambiance rose et bleutée, des effets poudrés, des flots de mousseline, un accès de gaieté ", précise le créateur. De l'ancien plan de l'appartement avec ses six petites pièces, il ne reste rien. Tous les murs ont été abattus et une multitude de petits détails donnent la mesure du raffinement d'Hilton McConnico. Un vaste couloir instaure la privauté et dessert la chambre à coucher, la pièce à vivre, la cuisine et la douche des invités, toutes indépendantes. Sur la façade, un volume de 60 m2 cumule les fonctions de salon, de salle à manger et de bibliothèque. Pour architecturer l'espace et donner de la perspective, Hilton McConnico a conçu de grands piliers carrés en bois : petits espaces dans le grand espace. Creux, ils peuvent être équipés différemment selon leur utilisation et abritent soit un vestiaire, soit la chaîne hi-fi soit... un bar pour siroter un Martini dry, en écoutant un air de " Porgy and Bess ". Isabelle Forestier