"Les chats, je ne les aime pas ! " Difficile à croire pourtant, quand on pénètre dans l'antre anversois d'Anne Kurris - situé sur le Kattenberg, ça ne s'invente pas. Par terre, un chat tigré printé sur un poster semble là pour dévisager les visiteurs. Sur les tringles, des robes pour fillettes arborent, elles aussi, un portrait de félidé... que l'on retrouve même sur les étiquettes de la collection. Ce que notre hôte apprécie dans ce compagnon à quatre pattes dont elle a fait son logo, c'est en réalité le " design ". " C'est un très bel animal, un archétype... Mais chez moi, je trouve que la déco porte un peu trop la griffe de mon chat, au sens propre ! " Anne Kurris est comme ça, tout en contrastes. De prime abord un brin sévère et sûre d'elle, ...

"Les chats, je ne les aime pas ! " Difficile à croire pourtant, quand on pénètre dans l'antre anversois d'Anne Kurris - situé sur le Kattenberg, ça ne s'invente pas. Par terre, un chat tigré printé sur un poster semble là pour dévisager les visiteurs. Sur les tringles, des robes pour fillettes arborent, elles aussi, un portrait de félidé... que l'on retrouve même sur les étiquettes de la collection. Ce que notre hôte apprécie dans ce compagnon à quatre pattes dont elle a fait son logo, c'est en réalité le " design ". " C'est un très bel animal, un archétype... Mais chez moi, je trouve que la déco porte un peu trop la griffe de mon chat, au sens propre ! " Anne Kurris est comme ça, tout en contrastes. De prime abord un brin sévère et sûre d'elle, elle s'avère sensible et aimant croquer la vie à pleines dents quand elle commence à parler. Son showroom immaculé accueille, lui, un vestiaire aux motifs audacieux et aux couleurs éclatantes, fluo même. " On en verra beaucoup l'été prochain, mais moi je fais cela depuis trois ans, se réjouit-elle. Quand on suit de près les tendances, on a toujours une longueur d'avance. "Sa carrière aussi présente des contradictions, ou du moins des zones de flou quant à son appartenance au monde de l'image ou du vêtement. Diplômée en graphisme, Anne Kurris a longtemps £uvré dans l'ombre des " Six ", ces grands noms de la mode tous issus de la promo 81 de l'académie royale des beaux-arts d'Anvers - Walter Van Beirendonck, Dries Van Noten... Pendant dix ans, c'est elle qui pensa les catalogues et invitations de ce dernier. Mais lassée d'être toujours " la créatrice d'un créateur ", Anne Kurris, alors jeune maman, décide, en 1998, de se lancer dans la conception de vêtements pour enfants... sans pour autant renier ses premières amours puisqu'elle commence par imaginer des " posterdresses ", transpositions 3D de ses recherches graphiques. " Je dessinais des posters sur tissu. J'y mettais des fleurs, des chats déjà... Mon style épuré et flashy a tout de suite plu. " Mais l'apprentie styliste n'a alors aucun background en matière de patronage. Les formes sont assez basiques, conçues au feeling. Presque quinze ans plus tard - elle fêtera cet anniversaire avec sa collection printemps-été 2013 -, l'autodidacte a élargi son vestiaire à des blouses, des tee-shirts, des pantalons... pour filles et garçons. Pas de manteaux, " trop difficile à confectionner ", mais peut-être un jour une ligne homewear. L'Anversoise s'est aussi professionnalisée. Elle a engagé une équipe pour développer ses motifs. " On part souvent de livres scientifiques anciens et on retravaille sur ordinateur les animaux ou végétaux qui nous plaisent. " La styliste-graphiste a également appris à choisir ses matières, à mieux contrôler sa production - " Je déteste ça. Même en étant très attentif, on a de mauvaises surprises " -, à gérer son business. " Au départ, je n'ai vraiment pas fait cela pour l'argent. J'étais naïve et ça m'a permis de me lancer sans filet. Progressivement, évidemment, ça devient aussi un commerce ", avoue l'Anversoise qui est distribuée aux quatre coins de la planète. " C'est ce qui me plaît le plus : concevoir un produit international. Mon métier n'a pas de frontière ! " Le style unique d'Anne Kurris non plus. Une preuve que, pour séduire les parents, il ne faut pas s'inspirer de leur garde-robe. " De nombreuses griffes font des choses très sophistiquées, presque vulgaires. L'enfance est déjà tellement courte... " Mais quand on voit le regard pétillant d'Anne Kurris balayer ses pièces exposées dans le showroom, on se dit que sous cette élégante silhouette de quinqua se cache probablement l'âme d'une petite fille... www.annekurris.comPAR FANNY BOUVRY" QUAND ON SUIT DE PRÈS LES TENDANCES, ON A TOUJOURS UNE LONGUEUR D'AVANCE. "