D'un point de vue stylistique, vieillir ne présente pas que des inconvénients. Bien sûr, la maturité implique quelques renoncements, imposés ou volontaires. Soit qu'un look ne tienne morphologiquement plus la route passé le cap des 20 ans. Soit que le concept de la faute de goût ait fait son chemin, avec pour corollaire l'abandon de certaines audaces qu'aujourd'hui, en feuilletant les albums photo, on préférerait ne jamais avoir eues. Ainsi du jeans à trous, recroisé en rue dep...

D'un point de vue stylistique, vieillir ne présente pas que des inconvénients. Bien sûr, la maturité implique quelques renoncements, imposés ou volontaires. Soit qu'un look ne tienne morphologiquement plus la route passé le cap des 20 ans. Soit que le concept de la faute de goût ait fait son chemin, avec pour corollaire l'abandon de certaines audaces qu'aujourd'hui, en feuilletant les albums photo, on préférerait ne jamais avoir eues. Ainsi du jeans à trous, recroisé en rue depuis plusieurs saisons. Même s'il a fait les beaux jours de son adolescence, l'idée ne viendrait sans doute à aucun(e) quadra un peu raisonnable de se glisser encore dedans. Le cas du denim blanc, autre revenant des nineties, est moins tranché. Jouent en sa défaveur son côté salissant, son effet d'optique grossissant et un passif non exempt de vulgarité, auquel Mariah Carey ou Ricky Martin ont largement contribué. Plaide par contre pour lui une possible réinterprétation minimaliste : accessoirisé de sneakers et non de talons de 12 et porté avec un tee-shirt à col rond plutôt qu'un top sexy, il peut faire office de bon basique à avoir dans sa garde-robe. Ce printemps, il a aussi fière allure associé à toute une série de nuances de la célèbre toile de Nîmes, celle-là même qui n'a cessé de se réinventer depuis sa naissance au xixe siècle. Et, dès lors, de jalonner l'histoire de la mode de vêtements iconiques, dont le fameux 501... qui a remis Levi's en selle. Car, il n'y a pas si longtemps, la marque avait perdu de sa superbe auprès des Millennials, voyant ses ventes chuter de 6,2 milliards en 1996 à 3,6 milliards d'euros en 2003. L'arrivée de Jonathan Cheung, directeur artistique capable à la fois d'innover et de valoriser les archives du label, a permis de redresser la barre. A tel point que le Britannique ne s'est pas arrêté là : dans un communiqué envoyé au début de ce mois, il déclare être " très excité de réintroduire le SilverTab ", soit une ligne de streetwear des années 90 " inspirée par le hip-hop et très fun ", qui réédite désormais pantalons baggy et salopettes. Les plus jeunes y verront un parti pris créatif inédit ; les autres, pour qui ce n'est qu'un come-back supplémentaire, seront émus de retrouver un vestiaire auquel ils prêtent une valeur sentimentale particulière. Qu'ils adoptent à nouveau ces modèles ou pas.