Son agenda est aussi chargé que celui d'un ministre. Vasko Todorof rentre à peine de Paris et doit aussitôt s'envoler pour New York. C'est donc en préparant ses valises qu'il se raconte. Qu'il nous confie ses multiples expériences, sa conception de la beauté... et nous livre aussi quelques conseils précieux pour mettre en valeur notre capital beauté.
...

Son agenda est aussi chargé que celui d'un ministre. Vasko Todorof rentre à peine de Paris et doit aussitôt s'envoler pour New York. C'est donc en préparant ses valises qu'il se raconte. Qu'il nous confie ses multiples expériences, sa conception de la beauté... et nous livre aussi quelques conseils précieux pour mettre en valeur notre capital beauté. A l'âge de 14 ans, Vasko accepte très naturellement l'évidence " qu'il n'est pas fait pour les hautes études ". Attiré par la coiffure, il entre comme apprenti au salon Essamelle, une chaîne sud-africaine, présente dans les grands magasins Inno. La chance lui sourit déjà, car il devient d'emblée l'assistant d'un coiffeur qui ne travaille que pour les défilés. Le déclic se produit immédiatement. L'adolescent a trouvé sa voie : il veut évoluer dans le monde du spectacle et devenir coiffeur des stars. Cet objectif galvanise toute son énergie et il s'applique pour décrocher le diplôme. Au fil des rencontres, il commence aussi à s'intéresser au maquillage. Il n'a que 17 ans quand il est repéré par les responsables des ateliers techniques de L'Oréal qui forment les jeunes coloristes. Animé par le désir d'apprendre, Vasko participe aux ateliers avec assiduité ce qui lui ouvre les portes d'un des salons Mod's Hair où il est engagé comme coloriste. Sa réputation de coiffeur surdoué et polyvalent commence à se répandre. C'est l'époque où débute sa collaboration avec des magazines. Ses expériences deviennent de plus en plus éclectiques, mais ce jeune talent ne perd jamais de vue l'objectif qu'il s'est fixé : coiffer les stars. Et si l'art capillaire n'a plus de secrets pour lui, il décide alors de peaufiner ses connaissances en maquillage. Direction : Los Angeles. Là-bas, il suit, pendant plusieurs mois, des stages à l'Académie de Joe Blasco, le nec plus ultra en matière de formation des maquilleurs. De retour en Belgique, les belles propositions pleuvent. Vasko est engagé à la télé flamande comme maquilleur, pour différentes émissions et, surtout, pour des fictions. Dans la foulée, Shiseido Belgique lui propose de représenter la marque comme maquilleur de studio. Il rejoint, enfin, l'agence Touch. A partir de ce moment-là, une superbe carrière internationale démarre. Les événements s'enchaînent et se bousculent : vidéoclips, émissions de télé, interviews, concerts... Vasko est sur tous les fronts et côtoie beaucoup de stars. Il coiffe et maquille et embellit les plus belles femmes : Diam's, Victoria Abril, Patricia Kaas... Et aussi des hommes : Patrick Bruel, Garou, Joe Cocker... Mais malgré ce prestigieux palmarès, le désir titille toujours son sens artistique. Des regrets ? Il cite Kate Moss et son visage caméléon " qui lui parle beaucoup ", Cameron Diaz et Romy Schneider, " tellement belle et solaire ". Sollicité aux quatre coins du monde, toujours entre deux avions, Vasko aborde aujourd'hui le métier avec autant d'enthousiasme qu'à ses débuts. Les multiples rencontres le fascinent. Le fait que les gens, souvent inconnus, " se donnent " à lui, lui font confiance, est pour lui extrêmement valorisant et enrichissant. Régulièrement, il revient en Belgique et n'oublie pas ses premières amours : les magazines belges. Il est très fidèle à Weekend Le Vif/L'Express, dont il rehausse régulièrement les pages de mode de créations éblouissantes d'élégance et de séduction. C'est lui, aussi, qui orchestrait l'équipe qui a réalisé les fabuleux maquillages et coiffures des mannequins qui ont défilé pour notre Fashion Weekend 06 (lire également pages 60 à 66). Sa force ? Son double métier de coiffeur et de maquilleur. " Tout le monde sait que je travaille les deux très bien, dit-il sans fausse modestie. De surcroît, j'ai une grande capacité d'adaptation et d'improvisation. " Ce qui est plutôt une qualité universellement appréciable. Très influencé par le cinéma, surtout celui des années 1950, Vasko travaille comme... un réalisateur de cinéma. Il considère chaque visage comme une toile blanche, sur laquelle il met en scène un maquillage. Le plus important ? Le velouté de la peau, un teint travaillé soigneusement et méticuleusement pour aboutir à un résultat lisse, lumineux, sans le moindre défaut. Tel est, pour lui, le vrai secret de la beauté. Barbara Witkowska