Ça se passe au Bazaar, dans les Marolles. Resto le jour, club la nuit, en ce lundi matin, l'endroit transpire encore les effluves de la bamboula du week-end. Les Vismets, aussi, qui déboulent petite mine et dégaine chiffonnée. Pas besoin de photoshop pour retoucher tout ça : un coup de ventilo, le Bazaar retrouve sa superbe intimiste ; un coup de blush, deux trois fringues griffées, Dan, Anthony, Nicolas et Rémy sont tout neufs, prêts à bouffer du flash et faire bouder...

Ça se passe au Bazaar, dans les Marolles. Resto le jour, club la nuit, en ce lundi matin, l'endroit transpire encore les effluves de la bamboula du week-end. Les Vismets, aussi, qui déboulent petite mine et dégaine chiffonnée. Pas besoin de photoshop pour retoucher tout ça : un coup de ventilo, le Bazaar retrouve sa superbe intimiste ; un coup de blush, deux trois fringues griffées, Dan, Anthony, Nicolas et Rémy sont tout neufs, prêts à bouffer du flash et faire bouder leur moue comme des vrais. Il faut dire que le quatuor n'a pas froid aux yeux, le bluff, la pose, tout ça, ça les connaît. Leur succès actuel constitue en quelque sorte la rançon de cette attitude bravache. Car bien avant Gürü Voodoo, le CD de 12 chansons azimutées qu'ils ont sorti en mai dernier, les Vismets ont d'abord fait beaucoup parler d'eux. Entre deux photos, Dan, le leader, confie : " On se retrouvait dans des soirées rock à Bruxelles, on racontait qu'on avait un projet de malade alors qu'on n'avait encore jamais joué ensemble. " L'audace paie, la sauce prend. Dan : " Un booker nous a programmés en première partie de Montevideo au Botanique. On a eu un mois et demi pourmettre au point un set qui tiendrait la route. " La machine live est en marche, le groupe se met à enchaîner les scènes. " Au bout d'un an et demi on avait pignon sur rue en francophonie. "Pourtant, de cette époque, il ne reste que Wasted Party, pépite brute de rock dansant à la ligne de basse tubesque, tout le reste n'est qu'archive. Gürü Voodoo est en effet majoritairement nourri de nouvelles compos, écrites à l'arraché, " dans un moment béni de sur-inspiration " avant d'entrer en studio. En découle un album qui respire l'urgence, écrit comme on remplit un Caddie sans liste de course, et tant pis pour la cohérence. Ou tant mieux, c'est selon. Car pour le coup, l'aspect totalement hétéroclite du disque le sauve de l'indigestion. Ratatouille d'influences allant de la prog seventies aux kitscheries synthé des années 80 en passant par les murs de guitares burnés de l'entre-deux-siècles, Vismets glisse sur la vague du mauvais goût sans jamais prendre la tasse. Et s'en sort la tête haute, menton en avant. Ce qui peut servir quand on vous demande de faire le beau. Voyez plutôt. Vismets se produira à l'Ancienne Belgique, à Bruxelles, le 29 octobre prochain. www.abconcerts.bePar Baudouin Galler