"C'est jamais ce qu'on avait cru avant. On venait pour la carte postale, toutes les musiques, la neige, les étoiles, le conte de fées quoi. Et puis patatras, on se dit mince je m'emmerde ! Le pire, c'est la mauvaise conscience, c'est la carte postale qui ne marche pas. " La jeune femme qui témoigne dans Casseroles, amour et crises, du sociologue français Jean-Claude Kaufmann, n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit d'exprimer son désarroi à l'approche du réveillon en famille. Et avouons-le, cette envie récurrente d'y être...

"C'est jamais ce qu'on avait cru avant. On venait pour la carte postale, toutes les musiques, la neige, les étoiles, le conte de fées quoi. Et puis patatras, on se dit mince je m'emmerde ! Le pire, c'est la mauvaise conscience, c'est la carte postale qui ne marche pas. " La jeune femme qui témoigne dans Casseroles, amour et crises, du sociologue français Jean-Claude Kaufmann, n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit d'exprimer son désarroi à l'approche du réveillon en famille. Et avouons-le, cette envie récurrente d'y être tout en redoutant la déconvenue, bon nombre d'entre nous l'ont déjà ressentie. Dans ce numéro Black Fêtes, notre journaliste Fanny Bouvry a décrypté, avec plusieurs experts, les mécanismes qui expliquent ce schéma de pensée. Elle a ainsi pu dégager les pistes pour s'en sortir haut la main le 24 ou le 31... et plus généralement lors de toute réunion rassemblant différentes générations dans un " rituel d'appartenance ", comme disent les pros. Mais ce petit sentiment d'amertume que peut laisser un moment tant attendu, s'il était dû aussi à une forme de surinvestissement ? Si avoir rêvé trop grand impliquait nécessairement une désillusion ? En d'autres mots, la quête de perfection ne tuerait-elle pas la magie de l'instant ? Pour passer du bon temps tous ensemble, il n'est sans doute pas indispensable que le sapin soit encore plus imposant que l'an dernier. Ni le menu plus compliqué à réaliser - se référer à ce propos à la recette de légumes et fruits d'hiver à la truffe noire que nous a confiée un des chefs d'Alain Ducasse. Ni d'ailleurs le look plus élaboré, la Journée internationale du pull de Noël est là pour nous le rappeler avec humour. Tradition bien implantée aux Etats-Unis, l'Ugly Christmas Sweater Day a traversé l'Atlantique pour s'imposer il y a cinq ans en Grande-Bretagne, puis s'exporter plus timidement en France et en Belgique. Le principe : chaque troisième vendredi de décembre, soit le 16 en 2016, on ose le tricoté main avec chaton à bonnet sur fond de flocons, les motifs rennes rouge et vert, le bonhomme de neige surbrodé en acrylique ou toute autre déclinaison kitsch, pourvu que l'on affiche sur son plastron une volonté de répandre un peu de ce fameux esprit de Noël censé nous donner la banane. Sur www.nationaluglychristmassweaterday.org, un décompte en ligne permet même aux impatients de vérifier combien de secondes les séparent encore de la date cruciale. Si tous les collègues jouent le jeu, ce jour-là, promis, personne ne sera déçu en arrivant au bureau le matin. DELPHINE KINDERMANS, RÉDACTRICE EN CHEFLE 16 DÉCEMBRE, ON OSE LE TRICOTÉ MAIN AVEC CHATON À BONNET SUR FOND DE FLOCONS.