(*) " eating Bruxelles " (2003) et " eating Paris " (2003) aux éditions tatami. Internet : www.editionstatami.com
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(*) " eating Bruxelles " (2003) et " eating Paris " (2003) aux éditions tatami. Internet : www.editionstatami.comTels des champignons, les adresses inspirées se multiplient en Flandre. Au programme : mise en scène trendy, grignotage léger et décalage immédiat. En gastronomie aussi, vive la créativité ! Et ce principe ne s'applique pas uniquement aux grandes tables, les petites adresses, elles aussi, se surpassent. En Flandre, snacks et cantines inspirées se multiplient. Impossible de travailler avec des £illères : ceux qui imaginent ces nouveaux espaces filent d'abord vers Barcelone, Berlin, Paris et Londres pour dénicher l'idée à succès. Il existe désormais une véritable course à l'innovation gustative qui donne à une ville, à une région ou à un pays ses lettres de noblesse. L'Espagne en est sans doute la plus belle preuve. La Flandre se met au diapason des avant-gardes gourmandes. Des têtes chercheuses se chargent de lui tracer un joli destin food. On pense tout particulièrement au Rock Fort à Bruges. Emmenée par Peter Laloo et Hermes Vanliefde, cette adresse est l'une des dernières sensations du moment. Elle réussit une fusion franco-italiano-asiatique emballante. Pour ne rien gâter, les préparations se savourent dans un cadre aussi futé que la cuisine qui les fait naître.C réée par Dominique Persoone, The Chocolate Line existe depuis quatorze ans. Le point fort ? Avoir couplé magasin et atelier sous un même espace. Cela donne deux atmosphères très différentes. La première, celle de la boutique, se décline en bois rassurant et en étagères gourmandes. La seconde prend, quant à elle, des allures de laboratoire éclatant où se déroulent les alchimies alléchantes. S'il est bon de jeter un coup d'£il dans l'atelier, on préférera toutefois le premier volume. Et particulièrement l'étagère qui recèle les chocolats de différentes origines en gros blocs. Les couleurs varient avec les provenances : Costa Rica, Madagascar, Trinidad et Tobago, Côte d'Ivoire... Sans oublier les 80 sortes de pralines rivalisant d'originalité, tels les Grenaches amères au gingembre ou celles qui osent le wasabi, le tabac, les piments ou la truffe blanche. The Chocolate Line, 19, Simon Stevinplein, à 8000 Bruges. Tél. : 050 34 10 90. Internet : www.thechocolateline.beLogé sur la ravissante place Simon Stevin, Juliettes Cookies Corner distille une atmosphère délicieusement rétro. Cette adresse dédiée aux biscuits joue sur l'imagerie du home made et des recettes de grand-mères. On pousse la porte et on pénètre au c£ur d'un vaste quadrilatère où les biscuits sont confectionnés sur place dans de délicieuses odeurs de cuisson. Le décor mêle lustres de cristaux et beaux carrelages. C'est sur un ancien comptoir d'apothicaire que l'on peut faire son choix parmi une trentaine de biscuits différents : spéculoos, dentelles de Bruges, cookies, friandes... Cette gamme est complétée par des confitures et de la pâte à tartiner artisanale. Un salon de thé où il est possible de déguster les produits maison s'offre aussi aux curieux. Juliettes Cookies Corner, 11, Simon Stevinplein, à 8000 Bruges. Tél. : 050 34 84 40. Internet : www.juliettescookies.be Le plus ancien cinéma de Bruges est aujourd'hui un restaurant très couru. Carlito's est une de ces adresses italiennes à l'élégance racée. Une de ces cantines urbaines tout en style. D'emblée, on est séduit par le carrelage au sol qui évite le piège de la froideur. On aime aussi le côté country des lieux que ne renierait pas l'enseigne de décoration d'intérieur Flamant. Les murs sont agrémentés de photos noir et blanc de villes italiennes. La carte est simple mais bien balancée. Le midi, c'est un vrai plaisir que de savourer sur le pouce une suggestion du marché. Vers 18 heures, ce lieu polyvalent s'apparente davantage à un bar à vins. On y déguste de bons crus italiens sur de hauts tabourets. Le soir, le must est d'aller y partager une pizza de belle facture. L'atmosphère y est alors soutenue par une sélection musicale de qualité. L'addition tourne aux alentours de 25 euros. Carlito's, 21, Hoogstraat, à 8000 Bruges. Tél. : 050 49 00 75. Internet : www.carlitos.be Adresse impressionnante que ce Rock Fort ! Signée par deux jeunes patrons, Hermes Vanliefde et Peter Laloo, elle a eu le culot de s'implanter non loin de l'un des meilleurs restaurants de Belgique, De Karmeliet. L'endroit s'affiche clairement sans complexe : chef rock'n'roll et décoration très fun à l'image d'une échelle qui traverse la salle dans toute sa largeur. Du festival de goûts proposés, on retient une très fraîche soupe au poulet curry accompagné de coco (11 euros) ainsi qu'une délicieuse cocotte de joues de porc jus de morilles et légumes de saison (19 euros). Tout est préparé minute, jusqu'aux glaces qui sont faites maison. Pour couronner le tout, la carte des vins séduit avec un classement décalé façon punk-rock pour les vins puissants et bubble rock pour les crus effervescents. Rock Fort, 15, Langestraat, à 8000 Bruges. Tél. : 050 33 41 13. Internet : www.rock-fort.be Même tandem gagnant que pour Rock Fort : Barsalon porte lui aussi le sceau d'Hermes Vanliefde et de Peter Laloo. Pourtant, les deux lieux n'ont rien en commun, si ce n'est la cuisine d'où sortent les préparations à deux vitesses. Si du côté Rock Fort on navigue entre la gastronomie et le raffinement, Barsalon propose, quant à lui, un concept de bar à vins sans chichis. Pas de véritable carte mais des produits peu travaillés qui se répartissent en " Teasers " et " Dishes " : des sashimi, du jambon ibérique, un carpaccio de b£uf sur bagel... A cela vient s'ajouter une superbe scénographie comptant parmi les plus réussies du moment. La décoration hésite entre les années 1970 et certains détails très fifties. Le top ? La pièce du fond qui décline un papier à fleurs inédit. L'harmonie du lieu se retrouve jusque dans les chemises très américaines des serveurs. Addition légère sous les 25 euros. On notera qu'ici l'adresse ne prend pas de réservation. Barsalon, 17, Langestraat, à 8000 Bruges. Tél. : 050 61 09 38. Le bâtiment qui abrite De Florentijnen figure parmi les endroits les plus prestigieux de la ville de Bruges. Au Moyen Age, il accueillait les riches négociants florentins. Depuis quatre ans, le restaurant créé par Daan Cornilly épate par ses proportions majestueuses. La spécialité de cette table bourgeoise aux lignes contemporaines ? Le King Crab, un produit haut de gamme, accommodé avec talent. Le must du must ? Les manchons de King Crab de la mer de Barents, fondue de tomates et jus de crustacés à la truffe noire, servis avec des pâtes fraîches au vieux parmesan et roquette (45 euros). La carte des vins est en totale harmonie avec les mets. Elle compte plus de 200 références dont un nombre important de portos millésimés. Pour apprécier le concept sans se ruiner, on optera pour le menu Dante qui s'affiche à 35 euros et louvoie intelligemment parmi les produits du marché. De Florentijnen, 1, Academiestraat, à 8000 Bruges. Tél. : 050 67 75 33. Internet : www.deflorentijnen.be Cette épicerie fine brugeoise est unique en Belgique. Elle propose un assortiment de plus de 80 huiles d'olive différentes. On passe par une longue série de pays : Australie, Nouvelle-Zélande, Portugal, Turquie, Grèce, Liban, Espagne, Italie, Tunisie... On y trouve même la marque La Casettea qui est considérée comme la Rolls-Royce de l'huile d'olive (60 euros pour deux flacons de 50 ml). De Olijfboom fait également valoir d'autres gammes de produits d'épicerie fine. Parmi le large assortiment, on pointera les huiles (surtout celle de Combava) et les épices du chef français Olivier Roellinger en vente ici en exclusivité pour la Belgique. Cet assortiment comprend des produits spécialement créés par ce talent étoilé pour accompagner le poisson. En vrac, on trouve aussi une belle sélection de vins espagnols, de sardines, d'épices, de thés et autres délices. Olijfboom, 58, Smedenstraat, à 8000 Bruges. Tél. : 050 34 16 39. Internet : www.deolijfboom.be Seize années déjà qu'Il Pastaio livre ses pâtes fraîches à Louvain. L'endroit est né de la passion pour l'Italie de Patricia Calloud. Fascinée par les pâtes fraîches et leur texture inimitable, la jeune femme est partie se former à Bergame. A son retour, elle crée une petite adresse de traiteur qui est rapidement devenu un microrestaurant sous la pression des fidèles. L'offre évite les clichés en jonglant avec les produits du marché : en été, une exquise lasagne aux aubergines grillées tomates et épinards épouse le goût du jour. On apprécie aussi la charcuterie coupée avec une finesse imparable au moyen d'une vieille trancheuse. Un petit assortiment bien senti de vins italiens complète ce bel hommage à l'Italie des terroirs. Il Pastaio, 33, Parijsstraat, à 3000 Louvain. Tél. : 016 23 09 02. Internet : www.ilpastaio.be Même si le mouvement n'est pas aussi radical qu'à Paris ou Londres, en Belgique également la viande retrouve se lettres de noblesse et les tentatives se multiplient. A la façon de ce qui s'est passé du côté du Meatpacking de New York - le quartier des bouchers en gros investi par les griffes les plus fashion façon Stella McCartney ou Catherine Malandrino - aujourd'hui plusieurs restaurants en vue font le pari de la viande. Meating Room est une variation plutôt réussie dans ce créneau. Sans être niché dans un ancien commerce dédié à la boucherie, comme c'est souvent le cas, ce restaurant offre un jeu intéressant sur une signalétique décalée rendant hommage aux produits carnés. Se moquant du diététiquement correct, il propose des viandes en version " giant " : T-Bone de 800 grammes (35 euros) ou b£uf irlandais de 750 grammes (30 euros). Ce refuge pour les vrais mangeurs se loge dans une cantine longiligne possédant en été une superbe terrasse ouverte sur la place du Vieux Marché. Meating Room, 2, Oude Markt, à 3000 Louvain. Tél. : 016 20 00 43. L'enseigne appartient à la chaîne Ming Dynasty qui possède plusieurs adresses en Belgique. Face au désintérêt de la clientèle, lié à la crise qui a frappé les restaurants chinois, l'entreprise a décidé de se relooker entièrement. C'est Louvain qui a inauguré cette nouvelle approche totalement en phase avec les attentes contemporaines. Adieu les clichés ! L'architecte Ludo Van Tichelen et la décoratrice Marianne de Jaeger ont conçu un bel espace épuré où le verre, le cuir et le bois se mêlent harmonieusement. Une série de peintures rouges calligraphiées ajoute à l'atmosphère du lieu. La carte aussi a été repensée. Finies les préparations standardisées, Ming sert désormais des tapas à l'asiatique ainsi que des préparations japonaises telles que les sushis et le teppanyaki. Pour ce, une équipe de cuisiniers japonais a rejoint le staff en place. La machine est lancée... et elle est d'une redoutable efficacité. Environ 30 euros le couvert. Ming, 9-10, Oude Markt, à 3000 Louvain. Tél. : 016 29 20 20. Internet : www.ming.be A Vilvorde, De Kuiper est une institution. Il s'agit de la plus ancienne enseigne de la ville : elle remonte à 1859. Ce restaurant appartient à la catégorie des adresses diététiquement incorrecte puisque depuis près de cent cinquante ans on y mange du steak de cheval. Cette viande est ici magnifiée par les cuissons proposées. On choisira entre la version authentique, celle de la cuisson au beurre de ferme, et la grillade qui permet une initiation plus soft. On mange les steaks (200, 300 ou 400 grammes, à partir de 15 euros) accompagnés de frites et d'une salade qu'un garçon vient fatiguer selon un rituel immuable. La carte propose également des classiques belgo-belges pour tous ceux qui seraient rebutés par l'idée de manger du cheval, entre tomate de crevettes grises et tête de veau sauce rémoulade. Pour ce qui est du cadre, on est du côté d'un bistro populaire. Les vins valent le détour tant pour la sélection que pour les prix pratiqués. On regrettera juste l'impossibilité d'effectuer de réservation. De Kuiper, 51, Vissersstraat, à 1800 Vilvorde. Tél. : 02 251 13 87. Le Dôme sur Mer est avec Gin Fish la plus belle adresse de live cooking à Anvers. Cette annexe du célèbre restaurant le Dôme, également dans la cité scaldienne, dame le pion à son illustre grand frère. Il est en effet difficile de rivaliser avec cette approche décontractée qui table sur la fraîcheur et les préparations minute. Aucune tricherie possible ! Comme un acteur au théâtre, le chef Julien Bobichon est face à son public. Heureusement, l'homme ne manque pas de références à décliner, lui qui est passé par Alain Ducasse et Pierre Gagnaire. Originaire de Saint-Etienne, ce cuisinier talentueux n'a pas son pareil pour jouer de la plancha. Comme le nom de l'endroit le laisse présager, Dôme sur Mer fait la part belle aux poissons. Il ne faut pas manquer le turbot sauce au beurre et safran (33 euros). Un délice ! L'adresse envoie également avec beaucoup de bonheur coquilles Saint-Jacques, huîtres, langoustines, homards et, dans un autre genre, un délicieux jambon Pata Negra (l'une des rares concessions à la viande). Comme si cela ne suffisait pas, une superbe sélection de vins audacieux vient ajouter au charme de l'endroit. Le cadre est simple mais époustouflant : un espace à la blancheur éclatante rehaussé de miroirs et d'aquariums ultradesign. On pense au bar à huîtres de l'hôtel Sint Martin's Lane à Londres. Le couvert s'affiche à 60 euros. Dôme sur Mer, 1, Arendstraat, à 2018 Anvers. Tél. : 03 281 74 33. Dans notre numéro du 4 août prochain, weekend*eating passera en revue les restaurants show off de Bruxelles. Michel Verlinden