JAIMEE MCKENNA, 24 ANS

A peine diplômée du Central Saint Martins College, section maille, et déjà une présentation officielle à la London Fashion Week de ce mois de septembre, Jaimee McKenna est prête. Il faut dire qu'elle se spécialise depuis 2010 et a forgé son expérience durant quatre saisons aux côtés de Mark Fast, créateur canadien basé à Londres et passé lui aussi par cette école de mode, ce n'est pas rien. Sur jaimeemckenna.tumblr.com, elle partage les images qui constituent son bagage - le peintre Egon Schiele, une photo noir et blanc de femm...

A peine diplômée du Central Saint Martins College, section maille, et déjà une présentation officielle à la London Fashion Week de ce mois de septembre, Jaimee McKenna est prête. Il faut dire qu'elle se spécialise depuis 2010 et a forgé son expérience durant quatre saisons aux côtés de Mark Fast, créateur canadien basé à Londres et passé lui aussi par cette école de mode, ce n'est pas rien. Sur jaimeemckenna.tumblr.com, elle partage les images qui constituent son bagage - le peintre Egon Schiele, une photo noir et blanc de femmes Miao, des jupes plissées vintage et ce bleu qui claque, qu'elle a posé sur toute sa collection, avec gradation comme un boléro. Car son inspiration initiale, c'est cette couleur, définitivement celle d'Yves Klein. Et qui " a pris au fur et à mesure une place très importante dans mon concept ". Quant aux plis, ils lui viennent d'une image trouvée dans un Vogue des années 50, " une jupe aux plis élaborés, magnifiquement structurée ". Jaimee a alors développé son propre feutre " qui pourrait avoir cette structure mais qui aurait toujours un beau drapé une fois plissé ". Parce que " je voulais une collection qui paraisse "sans effort", comme si chaque couche venait s'empiler l'une sur l'autre dans un joli mouvement et une belle ampleur. Avec ce bleu Klein, par-dessus tout, qui sature chaque pièce intensément et attire irrésistiblement le regard ". jaimeemckenna.tumblr.comSa passion, c'est le screen et le digital print. Un stage chez Mary Katrantzou y est sans aucun doute pour quelque chose. De même son travail chez Alexander McQueen, qui, depuis avril dernier, la voit développer les imprimés pour la collection printemps-été 2014. Avec Jessica, il est donc question d'impression, c'est la quadrature du cercle. Dans une gamme chromatique qui va du noir au brun clair, en passant par le brun foncé, ses prints prouvent qu'elle connaît l'histoire de l'art. Car la jeune créatrice a puisé ses formes géométriques solides et ses contrastes entre le mat et le brillant dans les oeuvres des sculpteurs Phillip King, Barbara Hepworth et Henry Moore, ça c'est pour l'inspiration. Elle y a ajouté des jeux de transparence, avec mélange de faux cuir et de soie. Résultat, les robes portées bougent de manière " dramatique ", la différence de poids des matières n'y est bien sûr pas étrangère, et ça lui plaît. Pour concevoir ses silhouettes, elle a également convoqué le carré, et les plissés pour adapter le tout au corps, à ses courbes et à ses formes - on ne s'étonnera donc guère de trouver dans la liste de ses autres sources d'influence les noms d'Anish Kapoor et d'Issey Miyake, le bel hommage. PAR ANNE-FRANÇOISE MOYSON