"J' ai toujours aimé Bruxelles et elle me manquait terriblement. J'ai eu l'occasion de m'installer dans cet intérieur situé dans ce qui est, pour moi, le plus beau bâtiment de la place Brugmann, à Ixelles, et c'est un grand bonheur ", nous confie Bea Mombaers.
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"J' ai toujours aimé Bruxelles et elle me manquait terriblement. J'ai eu l'occasion de m'installer dans cet intérieur situé dans ce qui est, pour moi, le plus beau bâtiment de la place Brugmann, à Ixelles, et c'est un grand bonheur ", nous confie Bea Mombaers. La propriétaire de la boutique de déco Items, à Knokke, ne délaisse pas pour autant la station balnéaire où son magasin et son bed and breakfast tournent toujours. " Cela reste un lieu important et auquel je tiens. Les amateurs d'art et de déco réservent mes chambres d'hôtes non seulement pour dormir mais aussi pour se rencontrer car ils connaissent la réputation de l'endroit ", insiste-t-elle. Désormais, elle quitte néanmoins ses terres quelques jours par semaine pour prendre le pouls de la capitale et voir des clients. " J'ai déjà occupé toutes sortes de logements, mais c'est la première fois que je prends mes quartiers dans un appartement haussmannien ", commente cette nomade des temps modernes. Entre le charme des vieux parquets qui grincent, la disposition classique des pièces en enfilade, les hauts plafonds, la lumière abondante et les moulures décoratives, on se croirait presque dans une élégante demeure de la Ville lumière ; et ce n'est évidemment pas un hasard si le quartier est parfois surnommé le Petit Paris. " Les environs sont toujours pleins d'animation et regorgent de cafés sympas, de restaurants, d'antiquaires, de boutiques de design, de concept stores... Mais en même temps, j'adore le côté anonyme d'une ville comme Bruxelles ", poursuit celle qui, dans le passé, a déjà eu un magasin et une habitation à proximité, rue Darwin - juste en face du magasin de son neveu Tim Dubus, soit dit en passant. " J'ai toujours su que si je revenais ici, ce serait forcément à Ixelles, dit-elle. Non seulement c'est une base d'opérations idéale quand on se déplace beaucoup, mais j'y ai aussi énormément de connaissances. Il ne m'a fallu qu'un instant pour m'y sentir à nouveau chez moi. " Si Bea Mombaers n'a jamais vraiment suivi de formation en architecture d'intérieur, son expérience et son feeling lui permettent à chaque fois d'aborder les espaces qu'elle investit avec une formidable spontanéité et beaucoup de classe. " Très jeune déjà, j'ai commencé à concevoir des décors dans ma chambre à Louvain, se souvient-elle. J'avais trouvé des tréteaux rouges et j'ai peint mon bureau en noir. Il y avait des fauteuils en rotin et un paravent ! J'ai déplacé et redéplacé toutes les pièces du puzzle jusqu'à ce qu'il soit parfait... Et puis, j'ai tout changé ! " Un job d'étudiante dans le magasin de meubles Jopan, à Tirlemont, sera l'occasion d'un premier contact professionnel avec le secteur. Lorsqu'elle déménage à Bruges, la mode est aux meubles en acajou à l'anglaise. " J'ai commencé à organiser des ventes chez mes parents, où je proposais toutes sortes d'objets achetés à droite et à gauche... Vu le succès, j'ai rapidement ouvert ma première boutique à Knokke, raconte-t-elle. J'ai connu l'époque des armoires patinées en style colonial puis du minimalisme façon John Pawson ou Claire Bataille, très épuré. Je garde une grande admiration pour cette dame. C'est une amie et elle a toujours, malgré son âge, un dynamisme incroyable. Lorsque j'aime un créateur, c'est pour toujours. " C'est ainsi que de fil en aiguille, la passionnée de déco est devenue une faiseuse de tendances, aujourd'hui bien connue dans le milieu. Dans son pied-à-terre bruxellois, on retrouve d'ailleurs son style reconnaissable : un mix très relax d'éléments sculpturaux et de matières naturelles, un design pragmatique et beaucoup de blanc et de couleurs terre... " J'aime mêler des pièces d'une grande simplicité avec des meubles vintage. Je fais ça à l'intuition et l'assemblage évolue sans cesse. Je suis aussi une grande amatrice d'art, avec une préférence pour de jeunes pas encore trop connus. Je pense par exemple à Luc Vandervelde Lux, qui travaille avec des matériaux de récupération. Les oeuvres dans mon appartement viennent pour la plupart de la galerie Stephane Simoens, un ami de longue date. " Evidemment, dans l'ensemble, on repérera aussi les premiers fruits de sa collection Serax. " Comme je ne parvenais pas à trouver le fauteuil de mes rêves, j'ai fini par le dessiner moi-même, d'abord pour ma maison d'hôtes, souligne-t-elle. Je voulais quelque chose de léger, de flottant, de polyvalent, qui soit indoor et outdoor. Cela dit, je ne me sens absolument pas créatrice ; j'imagine simplement des solutions sans prétention pour répondre aux besoins fonctionnels d'une maison. " On pourrait être tenté d'y voir une étape dans un plan de carrière plus large, mais il n'en est rien. Bea Mombaers fait des affaires comme elle aménage ses intérieurs : rapidement et sans stress. " Quand on me confie un aménagement, je ne dessine jamais le moindre plan - c'est le genre de boulot que je laisse à Peter, l'architecte avec qui je collabore pour les projets de plus grande envergure. Je ne suis d'ailleurs pratiquement jamais dans mon bureau ; mon vrai poste de travail, il est là ", affirme-t-elle en désignant son smartphone. Bea, c'est une sorte de caravane itinérante, sans cesse en partance pour un chantier, un magasin ou un atelier où elle se procure des merveilles tantôt pour sa boutique, tantôt pour elle-même ou ses clients. Ici ou ailleurs, avec une préférence pour l'Amérique du Sud et le Brésil où elle ne se lasse pas des édifices de grands maîtres de l'art de bâtir tels qu'Oscar Niemeyer, et où elle a découvert une jeune designer, Claudia Moreira Salles, qu'elle suit avec attention... " Je n'aime rien tant que de fouiner à la recherche de beaux objets qui me serviront ensuite à créer un décor ! " conclut-elle. par This Demeulemeester et Fanny Bouvry